Eglise et Shoah

La question du lien entre l’antijudaïsme et la Shoah est chaudement disputée jusqu’à nos jours. Pour Jules Isaac, ce lien ne faisait aucun doute. Il avait même forgé, pour le caractériser, une expression qui est restée classique : « l’enseignement du mépris ». Selon cette conception, des siècles de théologie et de prédication décriant les Juifs comme incrédules, meurtriers du Christ, rejetés par Dieu et voués à la dispersion et à la malédiction jusqu’à la fin du monde, ont contribué à inhiber les réflexes de pitié et d’humanité des acteurs et de spectateurs chrétiens de la Shoah, dont certains furent non seulement indifférents aux souffrances des victimes, mais les estimèrent même méritées.

La résurgence actuelle d’une hostilité de plus en plus décomplexée envers les Juifs fait craindre à certains observateurs que l’histoire soit en train de se répéter, sous d’autres formes et d’autres prétextes, et les incite à conscientiser les esprits de nos contemporains à ce propos et à les mettre en garde.

C'est ce que fait, pour sa part et à sa manière, Menahem Macina, dont les articles et les livres traitent de ce phénomène et n’hésitent pas à recourir aux mises en garde et aux menaces des prophètes d’autrefois à l’encontre des Chrétiens qui, de nos jours, participent à la diabolisation du Peuple juif, au risque de se trouver « en conflit avec Dieu » Lui-même (cf Ac 5, 39), voire de favoriser l’avènement de l’Apostasie.


-------------------------------------------------