Oraison contemplative. Introduction

Quelques liens utiles : Oraison silencieuse, Wikipedia ; Centre de mystique chrétienne, spiritualité chrétienne, Rennes ; Oraison de recueillement ; Oraison de quiétude, Recherche Google ; Œuvres spirituelles de Pierre d’Alcantara ; Article du Dictionnaire de Théologie concernant Thérèse d’Avila ; Autobiographie de Thérèse d’Avila, en ligne ; Chemin de la Perfection, de Th. d’Avila, en ligne ; Château intérieur (ou Demeures) de Th. d’Avila, en ligne ; Même ouvrage au format rtf ; Le livre des fondations de sainte Mère Thérèse de Jésus, en ligne ; etc.

 

« Ne jouez pas aux moines ou aux moniales ! La contemplation n’est pas pour les laïcs ! ». Telle est la mise en garde couramment adressée aux pieux fidèles qui aspirent à l’oraison contemplative, alors qu’ils ne sont ni clercs, ni moines, ni membres d’instituts de perfection pour laïcs consacrés.

L’existence même de cette rubrique témoigne que son responsable s’inscrit en faux contre cet avis. En fait, comme en témoignent les Écritures, l’histoire de l’Église, ainsi que les écrits de nombreux saints, chacun(e) d’entre nous est appelé à l’union mystique avec Dieu [1], y compris les époux, même si leur condition – et en particulier le fait qu’ils se doivent l’un à l’autre – leur laisse moins de liberté pour le service de Dieu, comme l’explique avec honnêteté l’apôtre Paul (cf. 1 Co 7, 28.32-38).

Il n’empêche, nombreux sont les clercs, les conseillers spirituels, et les responsables de mouvements de piété, qui « déconseillent formellement » aux laïcs de tendre à la prière contemplative, en évoquant les dangers qui les guettent s’ils s’obstinent à s’engager dans cette voie. Quant à celles et ceux qui ont déjà franchi le pas, surtout s’ils ont été favorisés de communications et de grâces surnaturelles d’oraison, on leur fait comprendre qu’ils feraient mieux de se préoccuper des besoins affectifs de leur conjoint, de se consacrer au bien-être de leur famille, et de ne pas craindre d’améliorer leur position sociale et professionnelle. « Votre rôle », insiste-t-on auprès d’eux « est de vous engager au service de la société civile, dans des actions caritatives, éducatives, sportives, écologiques, voire politiques, ou dans la militance sociale, en faveur des droits de l’homme par exemple, au sein d’Organisations Non Gouvernementales (ONG). » On leur concède, « à la rigueur », une « piété raisonnable », mais "surtout pas de mystique » !

Sur ce point, rien de nouveau sous le soleil, comme en témoigne ce texte de la réformatrice du Carmel, Sainte Thérèse d’Avila [2], qui vivait au XVIème siècle :

« Il semble que les seuls mots de vision ou révélation épouvantent certaines personnes. Je ne comprends pas pourquoi elles tiennent pour si dangereux ce chemin par lequel Dieu conduit quelques âmes, ni d'où vient cette stupeur […] je m'occuperai seulement de ce que doit faire celle qui se trouverait dans ce cas : car rares sont les confesseurs qui ne l'effrayeront point. En vérité, avouer toutes sortes de tentations du démon, l'esprit de blasphème, maintes sottises ou choses déshonnêtes, les scandalisera moins que de dire qu'elles ont vu un ange, ou qu'il leur a parlé, ou que Jésus crucifié Notre-Seigneur leur est apparu [3]. »

 

(À suivre)


[1] Je me fonde pour affirmer cela sur ce passage de l’œuvre de Sainte Thérèse d’Avila : « […] parfois, avant de commencer à penser à Dieu, ces gens sont déjà dans le Château ; sans que je sache où ni comment, ils ont entendu le sifflement de leur Pasteur ; ce ne fut pas par l’ouïe, car on n’entend rien, mais on ressent très manifestement un doux recueillement intérieur ; ceux qui en ont l’expérience le sauront, mais je ne puis l’expliquer plus clairement. […] ce recueillement ne s’obtient pas à volonté, mais lorsque Dieu veut nous accorder cette grâce. M’est avis que si Sa Majesté l’accorde, c’est à des personnes qui renoncent déjà aux choses du monde. Je ne dis pas que ceux que leur état retient dans le monde s’en éloignent effectivement, ils ne le peuvent point, mais leur désir, qui les invite particulièrement à être attentifs aux choses intérieures, s’en écarte […] » (Le Château intérieur Ch. III. 3).

[2] Voir l'article de Wikipedia consacré à la sainte espagnole.

[3] Livre des Fondations, VIII, 1.

Commentaires (2)

tsofim
Merci, Olivier, au nom de nos internautes!
Peel Olivier
  • 2. Peel Olivier | 23/04/2014
Je tiens à signaler la parution récente d'une petite synthèse de l'ouvrage de Thérèse d'Avila, Le Château intérieur - les trois demeures de l'âme, éd. Gallimard/folio, 2014; et ce pour 2 euros.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 21/04/2014