SHAHARIT - PRIERE DU MATIN

P. 19

Voici que j’accomplis le commandement positif: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » J’aime donc chacun des enfants d’Israël de toute mon âme et de tout mon pouvoir. Je dispose ma bouche à prier devant le Roi des rois de tous les rois, le Saint béni soit-Il.

Notre Dieu et Dieu des pères [du Peuple Juif], souviens-Toi de nous avec bonté, et du haut des cieux antiques, jette sur nous un regard de bienveillance et de miséricorde. Souviens-Toi, Seigneur, notre Dieu en notre faveur, de l’amour que tu as eu pour les ancêtres Abraham, Isaac et Israël. Souviens-Toi aussi de l’alliance que Tu as contractée avec Abraham, le père [du Peuple Juif], de la bienveillance que Tu lui as témoignée, et du serment que Tu lui as fait sur le mont Moria, lorsqu’il eut lié son fils Isaac sur l’autel, comme il est écrit dans la Torah :


Section de la « Aqéda [ligature] » Gn 22, 1 à 19


Il arriva après ces faits que Dieu éprouva Abraham. Il lui dit : « Abraham ! » Il répondit : « Me voici ». Il reprit : « Allez, prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; rends-toi au pays de Moria, et là offre-le en holocauste sur une montagne que Je t’indiquerai ». Abraham se leva de bonne heure , sangla son âne, emmena ses deux serviteurs et Isaac, son fils ; et ayant coupé le bois du sacrifice, il se mit en route pour le lieu que lui avait indiqué le Seigneur. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, aperçut l’endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne ; moi et le jeune homme [P. 20] nous irons jusque là-bas, nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous. » Abraham prit le bois du sacrifice, le chargea sur Isaac son fils, il prit le feu et le couteau, et ils allèrent tous deux ensemble. Isaac, s’adressant à Abraham son père, dit : « Mon père ! » Il répondit : « Je t’écoute, mon fils ». Il reprit : « Je vois le feu et le bois, mais où est l’agneau de l’holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu pourvoira Lui-même à l’agneau de l’holocauste, mon fils ! » Et ils marchèrent tous deux ensemble. Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Abraham construisit un autel, disposa le bois, lia Isaac son fils et le plaça sur l’autel par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais un ange du Seigneur l’appela du haut du ciel en disant : « Abraham !... Abraham ! » Il répondit : « Me voici ». [L’ange] reprit : « Ne porte pas la main sur le jeune homme, ne lui fais aucun mal ! car, désormais, J’ai constaté que tu honores Dieu, toi qui ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique ! » Abraham, levant les yeux, remarqua qu’un bélier, derrière lui, s’était pris les cornes dans un buisson. Abraham alla prendre ce bélier et l’offrit en sacrifice à la place de son fils. Abraham nomma cet endroit : « Adonaï-Yir’eh » [Dieu pourvoira] ; c’est pourquoi on dit aujourd’hui : « Behar Adonaï yera’eh » [litt. : sur la montagne du Seigneur il sera vu]. L’envoyé du Seigneur appela une seconde fois Abraham du haut du ciel, et dit : « Je jure par moi-même, a dit Seigneur, que, parce que tu as agi ainsi, parce que tu n’as point épargné ton enfant, ton fils unique, Je te comblerai de Mes faveurs ; Je [P. 21] multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme le sable du rivage de la mer, et ta postérité conquerra les places fortes de ses ennemis. Et toutes les nations de la terre s’estimeront heureuses par ta postérité, en récompense de ce que tu as obéi à Ma voix. » Abraham retourna vers ses serviteurs ; et ils se remirent en route ensemble vers Béerchéva’, où Abraham continua d’habiter.

 

« On l’immolera au côté nord de l’autel, devant Seigneur ; et les fils d’Aharone, les pontifes, aspergeront de son sang le pourtour de l’autel. »

Ô Seigneur, notre Dieu et Dieu de nos pères, par un effet de Ta bonté, déborde de miséricorde envers nous. Ainsi, dans Ton immense compassion, souviens-Toi en notre faveur du sacrifice de Yitshaq notre père, fils d’Abraham, notre père, paix à son âme, comme si sa cendre se trouvait placée sur l’autel. Contemple cette cendre pour nous prendre en compassion et annuler tous les décrets sévères et cruels. Accorde-nous le mérite de revenir à Toi par un repentir complet ; préserve-nous du mauvais instinct, de toute faute et péché, prolonge nos jours dans la joie et nos années dans le bonheur.

Maître de l’univers, de même qu’Abraham notre père a triomphé de sa tendresse pour exécuter Ta volonté d’un cœur entier, fais triompher Ta miséricorde sur Ta colère, que Ta miséricorde l’emporte sur Ta rigueur. Use, Seigneur, notre Dieu, de clémence et de miséricorde envers nous. Traite-nous avec indulgence et, par Ton immense bonté, apaise les foudres de Ta colère contre Ton peuple, Ta ville, Ton pays et Ton héritage, et accomplis pour nous, Seigneur, notre Dieu, ce que Tu nous as assuré dans Ta Torah, par Moïse, ton serviteur, comme il est dit : « Et Je Me ressouviendrai de Mon alliance avec Ya’aqov ; Mon alliance aussi avec Yitshaq, Mon alliance aussi avec Abraham, Je M’en souviendrai, et la terre aussi, Je M’en souviendrai.» Et il est dit : « Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir, de [P. 22] rompre Mon alliance avec eux ; car Je suis Seigneur, leur Dieu. Et Il est dit : «Et Je Me rappellerai, en leur faveur, le pacte des aïeux, de ceux que J’ai fait sortir du pays d’Egypte à la vue des peuples pour être leur Dieu, Moi Seigneur.» Et il est dit : « Seigneur, ton Dieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et Il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels Il t’aura dispersé. Tes proscrits, fussent-ils à l’extrémité des cieux, Seigneur, ton Dieu, te rappellerait de là, et là même Il irait te chercher. Il te ramènera, Seigneur, ton Dieu, dans le pays qu’auront possédé tes pères, et tu le posséderas à ton tour ; et Il te rendra florissant et nombreux, plus que tes pères.» Et ton prophète dit : «Seigneur, sois-nous propice ! Nous espérons en Toi. Que Ton bras les défende chaque matin ! Viens surtout à notre aide à l’heure de la détresse.» Et Il dit : «C’est une heure de détresse pour Jacob, mais il en sortira triomphant.» Et il est dit : «Dans toutes leurs détresses, Il a souffert avec eux ; Sa présence tutélaire les a protégés ; Il les a portés et soutenus pendant toute la durée des siècles.» Et il est dit : «quel dieu T’égale, Toi qui pardonnes les iniquités, qui fais grâce aux offenses commises par les débris de Ton héritage ? Toi qui ne gardes pas à jamais Ta colère, parce que Tu Te complais dans la bienveillance ? Oui Tu nous reprendras en pitié, Tu étoufferas nos iniquités, Tu plongeras tous nos péchés dans les profondeurs de la mer. Tu témoigneras à Jacob la fidélité, à Abraham la bienveillance que Tu as jurées à nos pères dès les premiers âges.» Et il est dit : «Je les amènerai sur Ma sainte montagne, Je les comblerai de joie dans Ma maison de prière, leurs holocaustes et autres sacrifices seront les bienvenus sur Mon autel ; car Ma maison sera dénommée maison de prières pour toutes les nations.»

 

P. 23

Michna Péah, ch. 1
Voici les prescriptions auxquelles aucune mesure n’a été assignée : le coin [des champs à laisser aux pauvres], les prémices, le pèlerinage [lors des trois fêtes], la bienfaisance et l’étude de la Torah.

Shabbat, 127
Voici les vertus dont on touche l’intérêt dans ce monde et dont le capital est réservé dans le monde à venir ; à savoir : la piété filiale, la bienfaisance, la visite aux malades, l’hospitalité, la fréquentation matinale des synagogues, le rétablissement de la paix entre l’homme et son prochain, entre les époux, mais par-dessus tout est l’étude de la Torah.

Ps 15

Psaume de David. Seigneur, qui séjournera sous Ta tente ? Qui habitera sur Ta montagne sainte ? Celui qui marche intègre, pratique la justice et dit la vérité de tout son cœur ; qui n’a pas de calomnie sur la langue, ne fait aucun mal à son semblable et ne profère point d’outrage contre son prochain ; qui compte pour méprisable quiconque mérite le mépris, mais honore ceux qui craignent Seigneur ; qui, ayant prêté serment à son détriment, ne se rétracte point ; qui ne place pas son argent à intérêt et n’accepte pas de présent aux dépens de l’innocent. Celui qui agit de la sorte ne chancellera jamais.

 

Tana Devei Eliyahou, 21
En secret comme en public, on doit toujours craindre Dieu, s’incliner devant la vérité, parler d’un cœur sincère et dire en se levant le matin : Maître de l’univers, Souverain des souverains, ce n’est pas en vertu de notre équité que nous Te présentons nos humbles supplications, mais pleins de confiance en Ton inépuisable miséricorde. Seigneur, écoute-nous ; Seigneur, pardonne-nous ; Seigneur, exauce-nous sans tarder ; par égard pour Toi, mon Dieu, puisque Ta ville et Ton peuple portent Ton Nom. Tu tends la main aux pécheurs car Ta droite est prompte à accueillir les repentants. Que sommes-nous ? Qu’est notre existence ? Qu’est notre bienveillance ? Qu’est notre charité ? Qu’est notre salut ? Qu’est notre force ? Qu’est notre puissance ? Que dirons-nous devant Toi, Seigneur, notre Dieu et Dieu de nos pères ? Tous les héros ne sont-ils pas comme néant devant Toi, les hommes célèbres, comme s’ils n’avaient jamais existé, les [P. 24] sages comme dépourvus de science, et les savants comme dépourvus de connaissance ? La plupart de nos actions sont vaines, nos jours fugitifs, la supériorité de l’homme sur l’animal est nulle car tout est vanité excepté l’âme pure qui devra un jour, au pied du trône de Ta gloire, rendre compte de ses actions. Tous les peuples ne sont rien pour Toi, comme il est dit : «Certes ! les nations, à Ses yeux, sont comme une goutte tombée du seau, comme un grain de poussière dans la balance ; certes, Il agiterait les îles comme des atomes.» Mais nous, nous sommes Ton peuple, issus de Ton alliance, les enfants d’Abraham à l’amour indéfectible, à qui tu t’es engagé par serment, au mont Moria ; les descendants d’Isaac, son fils unique qui, pour Toi, a été lié sur l’autel, la communauté de Jacob, Ton fils aîné, que dans l’amour que Tu nourris pour lui, et pour la joie qu’il T’a procurée, Tu as appelé Israël et Yechouroun.

C’est pourquoi il est de notre devoir de Te rendre grâce, de Te louer, de Te glorifier, de t’exalter, ce magnifier et de remercier Ton grand Nom. Il est de notre devoir de chanter chaque jour devant Toi un cantique. Que nous sommes heureux ! Que notre part est belle, notre sort agréable et notre précieux ! Que nous sommes heureux de nous lever tôt le matin et de nous attarder le soir dans les synagogues et les maisons d’étude, pour proclamer l’unicité de Ton Nom, régulièrement, tous les jours, en disant deux fois, avec amour :

Ecoute, Israël : Le Seigneur est notre Dieu, Le Seigneur est UN !

Béni est à jamais le Nom de Son règne glorieux [1].

 

P. 25

Tu es UN avant que Tu aies créé le monde, Tu es UN après l’avoir créé, Tu es Dieu dans ce monde-ci et Tu es Dieu dans le monde à venir. Toi, Tu restes toujours le même, et Tes années ne prendront pas fin. Dans Ton univers, sanctifie Ton Nom pour le peuple qui le sanctifie. Ô notre Dieu, dans Ta gloire, grandis et élève notre prestige ; sauve-nous promptement pour l’amour de Ton Nom : Béni es-Tu, Toi qui sanctifies Ton Nom dans les multitudes.

Tu es Seigneur – Dieu, dans les cieux au-dessus, sur la terre en dessous, dans l’immensité des cieux et dans les mondes inférieurs. Tu es le premier, Tu es le dernier et hors de Toi il n’y a pas de Dieu. Rassemble des quatre coins de la terre les dispersés qui espèrent en Toi ! Que tous les habitants de la terre sachent et reconnaissent que Tu es seul Dieu et au-dessus de tous les royaumes terrestres. Tu as fait le ciel et la terre et tout ce qu’ils renferment. Quelle créature du monde céleste ou du monde terrestre oserait s’immiscer dans Tes actions ? Notre père céleste, vivant et éternel, agis envers nous avec charité et miséricorde, en faveur de Ton grand Nom, puissant et redoutable, dont la majesté rejaillit sur nous. Accomplis pour nous, Seigneur notre Dieu la promesse que Tu nous as faite, par l’intermédiaire de Ton prophète Tsefania : «En ce temps, Je vous ramènerai, en ce temps, Je vous rassemblerai, car Je veux faire éclater votre renommée et votre gloire parmi toutes les nations de la terre, quand je vous rétablirai, sous vos propres yeux, dit le Seigneur.»

 

P. 26

Ô Seigneur, notre Dieu et Dieu de nos pères, par un effet de Ta volonté, prends-nous en compassion, pardonne-nous nos fautes, remets nos péchés, absous et efface nos révoltes, construis promptement, de notre temps, le Temple, pour que nous offrions le sacrifice perpétuel qui expiera nos fautes, comme Tu nous l’as prescrit dans Ta Torah, par l’intermédiaire de Moïse, Ton serviteur, comme il est dit :

Les sacrifices perpétuels Nb 28, 1 à 8

Le Seigneur parla à Moïse en ces termes : «Ordonne ceci aux enfants d’Israël et dis-leur : Mes offrandes, ce pain qui se consume pour moi en délectable odeur, vous aurez soin de Me le présenter en leur temps. Dis-leur encore : ceci est le sacrifice que vous aurez à offrir au Seigneur ; des agneaux âgés d’un an, sans défaut, deux par jour, holocauste perpétuel. L’un de ces agneaux, tu l’offriras le matin, le second, tu l’offriras vers le soir. Plus, comme oblation, un dixième d’êpha [2] de fleur de farine, pétrie avec un quart de hîn [3] ‘huile d’olives concassées. Holocauste perpétuel déjà offert sur le mont Sinaï comme odeur agréable, destiné à être brûlé devant Seigneur. Sa libation sera un quart de hîn pour ce premier agneau ; c’est dans le lieu saint que se fera cette libation de vin pur, en l’honneur de Seigneure. Pour le second agneau, tu l’offriras vers le soir ; tu procéderas comme pour l’oblation et la libation du matin, combustion d’odeur agréable au Seigneur."

 

Le Shabbat, certains ajoutent :

Nb 28, 9-10

Et le jour du Shabbat, deux agneaux d’un an sans défaut ; plus pour oblation, deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile et sa libation. Holocauste du Shabbat, offert indépendamment de l’holocauste perpétuel et de sa libation.

P. 27

Le Rosh Hodesh, certains ajoutent :

Nb 28, 11 à 15.

Et lors de vos néoménies, vous offrirez en holocauste au Seigneur deux jeunes taureaux, un bélier, sept agneaux d’un an sans défaut. Plus, trois dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile pour chaque taureau ; deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile comme oblation pour le bélier unique et un dixième de fleur de farine pétrie à l’huile comme oblation pour chaque agneau ; holocauste d’odeur agréable à consumer pour Seigneur. Quant à leurs libations, il y aura un demi hîn de vin par taureau, un tiers de hîn pour le bélier, et un quart de hîn par agneau. Tel sera l’holocauste périodique des néoménies, pour toutes les néoménies de l’année. De plus, un bouc pour le péché [hattat], en l’honneur du Seigneur, à offrir indépendamment de l’holocauste perpétuel et de sa libation.

C’est pour Toi, Seigneur, notre Dieu que nos pères ont fait fumer l’encens du temps où le Temple existait, conformément à Ta prescription transmise par Moïse, Ton prophète, écrite dans Ta sainte Torah.

Ex 30, 34-38

Le Seigneur dit à Moïse : "Choisis des ingrédients : du storax, de l’ongle aromatique, du galbanum, divers ingrédients et de l’encens mâle ; le tout à poids égal. Tu en composeras un parfum, manipulé selon l’art du parfumeur : mixtionné, ce sera une chose pure et sainte. Tu le réduiras en poudre fine, et tu en poseras devant le Statut, dans la Tente d’assignation, où je communiquerai avec to ; ce sera pour vous une chose éminemment sainte."

Ibid. 7-8

Et il est dit : "C’est sur cet autel qu’Aharon fera l’encensement aromatique. Chaque matin, lorsqu’il accommodera les lampes, il fera cet encensement, et lorsque Aharone allumera les lampes vers le soir, il le fera encore : encensement quotidien devant Seigneur , dans toutes vos générations."

Préparation de l’encens

Kritout 6

Nos maîtres ont enseigné : comment préparait-on l’encens ? Il contenait trois cent soixante-huit manés, [P. 28] trois cent soixante-cinq manés [4], correspondant aux jours de l’année solaire, un par jour, moitié le matin et moitié l’après-midi, et les trois manés restants étaient réservés au Cohen Gadol [Grand Prêtre] qui en prélevait deux pleines poignées le jour de Kippour. On les remettait au mortier la veille de Kippour pour accomplir le commandement : tout ce qu’il y a de plus fin [5]. L’encens contenait onze parfums, savoir : i) le benjoin, 2) l’onyx, 3) le galbanum et 4) l’oliban, soixante-dix manés de chaque ingrédient, 5) de la myrrhe, 6) des feuilles de cassis, 7) de l’épi de nard, 8) du safran, seize manès de chaque , 9) douze de costus, 10) trois de l’écorce aromatique, 11) neuf de cinnamone ; du savon de Carchina neuf qab[6], du vin de Chypre trois séas [7] et trois qabs ; - si on ne trouvait pas du vin de Chypre, on apportait un vieux vin blanc ; - un quart (de qab) de sel de Sodome ; une petite quantité d’herbe fumigène ; Rabbi Natan de Babel exigeait aussi très peu d’herbe du Yarden. Si on y mettait du miel, l’encens était invalidé et si on omettait d’y mettre un des parfums, on méritait la mort.

Rabbi Shim’on, fils de Gamaliel disait : le benjoin n’est rien que la gomme qui dégoutte des arbres résineux ; le savon de Carchina à quoi sert-il ? à en frotter l’onyx pour le rendre plus beau ; le vin de Chypre à quoi sert-il ? à y tremper l’onyx pour le rendre plus fort ; cependant le tremper dans l’urine le rend meilleur, mais on ne fait point entrer d’urine dans le Beit-Hamiqdash [Temple] eu égard au respect qu’on lui doit.

 

P. 29

Il a été enseigné : Rabbi Natan disait : quand on pilait les ingrédients on devait dire : "pulvérise bien, pulvérise bien." (En hébreu : hadeq heitev, heitev hadeq) car la consonance de ces mots bonifie le parfum. Si on l’avait préparé en y mettant la moitié des quantités requises de chaque ingrédient, il restait conforme ; pour le tiers ou le quart, nous l’ignorons. Voici la règle selon Rabbi Yehouda : si les proportions sont respectées, même de moitié, l’encens est valable ; mais si on réduisait la proportion d’un des parfums, on méritait la mort.

Talmud de Jérusalem Yoma chap. 4

On a enseigné à la maison d’étude de Bar-Qappara : tous les soixante ou soixante-dix ans, ce qui restait [des trois manés dont le Cohen Gadol prélevait à chaque Kippour] arrivait à la moitié des trois cent soixante-huit manés réglementaires]. On a encore enseigné dans la maison d’étude de Bar-Qappara : si on y avait mis un qortov [8]de miel, personne n’aurait pu résister à l’odeur ; pourquoi alors n’y mélangeait-on pas de miel ? C’est parce que la Torah a dit : "Nulle espèce de levain ni de miel ne doit fumer, en combustion en l’honneur de Seigneur." [Au Seigneur appartient le salut ; que Ta bénédiction descende sur Ton peuple ! Sélah !] Le Seigneur-Sabbaot est avec nous, le Dieu de Jacob est une citadelle pour nous, Sélah ! Seigneur- Sabbaot, heureux l’homme qui a confiance en Toi ! Seigneur, viens à notre secours ! Que le Roi nous exauce le jour où nous L’invoquons ! [Ramène-nous à Toi, Seigneur, et nous reviendrons ; renouvelle pour nous les jours d’autrefois.] Alors Seigneur prendra plaisir aux offrandes de Juda et de Jérusalem, comme Il faisait aux jours antiques, dans les années d’autrefois.

 

Ordre du service journalier Yoma, 33

Abbayè disposait l’ordre du service journalier d’après la Guemara et suivant l’opinion d’Abba Shaoul :la disposition du grand bûcher précédait celle du second pour l’encens ; ce deuxième arrangement précédait la disposition des deux bûches de bois fendues ; celle-ci précédait l’évacuation des cendres de l’autel intérieur qui précédait la préparation des cinq lampes [du candélabre] ; celle-ci précédait l’aspersion du [P. 30] sang de l’holocauste quotidien ; l’aspersion du sang précédait la préparation des deux lampes [restantes] ; celle-ci précédait la combustion de l’encens [sur l’autel intérieur] ; l’encens précédait la combustion des quartiers de l’holocauste [sur l’autel extérieur] ; celle-ci précédait l’offrande, qui précédait l’oblation, qui précédait les galettes [offertes quotidiennement par le Cohen Gadol], qui précédaient les libations, qui précédaient les sacrifices additionnels, qui précédaient les vases [d’encens], qui précédaient l’holocauste quotidien de l’après-midi, comme il est dit : Il [le Cohen] arrangera l’holocauste et y fera fumer les graisses rémunératoires [9] ; par celui-ci finissaient tous les sacrifices.

 

Prière de Rabbi Nehounya Ben Haqana

 

De grâce, par la puissance de Ton grand bras droit,

libère la nation ligotée !

Accueille le chant de Ton peuple ; fortifie-nous,

purifie-nous, ô Toi, le Redoutable !

De grâce, ô Puissant, protège comme la prunelle des yeux,

ceux qui invoquent Ton unité.

Bénis-les, Purifie-les ! récompense-les continuellement

par la clémence de Ta justice !

Ô Etre omnipotent ; ô Saint : par Ton immense bonté,

Conduis Ton assemblée !

Ô Unique ; ô Sublime ! Tourne-Toi vers Ton peuple

qui rappelle Ta Sainteté !

Reçois notre prière et écoute nos cris,

Toi, qui connais les secrets !

Béni est à jamais, le Nom de Son règne glorieux ! [10]

Maître du monde, Tu nous as ordonné de présenter l’offrande quotidienne en son temps, les Kohanim assurant leur service, les lévites sur leurs estrades et Israël à son poste. Or maintenant, par nos fautes, le Beth-Hamikdach est détruit, l’offrande quotidienne est supprimée, il n’y a plus ni Cohanim, ni lévites sur leurs estrades, ni Israël en station. Or, tu as dit : "Nous remplacerons les taureaux par les paroles prononcées par nos lèvres."

 

P. 31 [11]

P. 32

En conséquence, par un effet de Ta sainte volonté, Seigneur, notre Dieu et Dieu de nos pères, que les paroles de nos lèvres soient agréées par Toi et considérées par Toi comme si nous avions présenté l’offrande quotidienne en son temps et que nous nous fussions tenus dans nos stations.

Et il est dit : « On l’immolera au côté nord de l’autel, devant Le Seigneur, et les fils d’Aharon, les pontifes, aspergeront de son sang le pourtour de l’autel. » Et il est dit : « Tel est le rite relatif à l’holocauste, à l’offrande végétale, au sacrifice pour le péché, et au sacrifice de communion. »

 

Zevahim chap. 5

1. Où avait lieu l’immolation des victimes ? Les plus sacrées l’étaient au nord [de l’autel extérieur], le taureau et le bouc du jour de Kippour étaient immolés au nord, le sang était recueilli dans les vases sacrés du culte, au nord ; il devait être aspergé entre les barres de l’arche, sur le rideau et sur l’autel d’or ; l’omission d’une seule aspersion invalidait le sacrifice. Le sang restant était versé du côté ouest du soubassement de l’autel extérieur ; l’absence éventuelle de cette dernière opération n’invalidait pas le sacrifice.

 

2. Les taureaux et les boucs qui devaient être brûlés étaient immolés au nord ; le sang devait être recueilli dans les vases sacrés du culte au nord ; il devait être aspergé sur le rideau et sur l’autel d’or; l’omission d’une seule aspersion invalidait le sacrifice. Le sang restant était versé du côté ouest du soubassement de l’autel extérieur ; l’absence éventuelle de cette dernière opération n’invalidait pas le sacrifice. Les animaux de ces deux sacrifices étaient incinérés à l’endroit où l’on jetait les cendres de l’autel.

 

P. 33

3. Les sacrifices expiatoires collectifs et individuels, - les sacrifices expiatoires collectifs étaient les boucs offerts aux néoménies et pendant les fêtes,- étaient faits au nord [de l’autel extérieur] ; le sang devait être recueilli dans les vases sacrés du culte au nord ; il devait être appliqué quatre fois, une sur chacun des promontoires cubiques [situés sur les sommets supérieurs de l’autel, de la façon suivante : le Cohen montait par la rampe et bifurquait vers la corniche qui contournait l’autel [à mi-hauteur], il se dirigeait vers les angles sud-est, nord-est, nord-ouest, et sud-ouest [et dans chaque angle, il trempait son index dans le sang du vase sacré et l’appliquait sur le promontoire correspondant. Le surplus du sang était versé du côté sud du soubassement. La viande devait être consommée à l’intérieur de l’espace limité par les tentures [du Beit-Hamiqdash] par les Kohanim mâles, préparée librement, le jour du sacrifice et la nuit suivante jusqu’à minuit.

 

4. L’holocauste était un sacrifice de la plus haute sainteté. Il était offert au nord ; le sang était reçu dans les vases sacrés du culte, an nord ; il devait être aspergé [à partir du vase] deux fois, [une fois sur l’angle nord-est et une fois sur l’angle sud-ouest de l’autel], de façon à étre visible sur les quatre faces. L’animal devait être ensuite dépouillé, dépecé et entièrement consumé par le feu.

 

5. Les sacrifices collectifs de communion et ceux pour le péché: ces derniers concernaient le vol, l’utilisation profane d’un objet consacré, la relation avec une esclave à demi affranchie, la transgression du vœu d’ascèse, le sacrifice offert par le lépreux le jour de sa purification, et le sacrifice offert en cas de doute ["suspendu" jusqu’à ce qu’on soit sûr qu’on a commis une faute nécessitant pour son pardon un sacrifice expiatoire] – ces bêtes étaient donc immolées au nord ; le sang était reçu dans les vases sacrés du culte, au nord ; il devait être aspergé [à partir du vase] deux fois, une fois sur l’angle nord-est et une fois sur l’angle sud-ouest de l’autel], de façon à être visible sur les quatre faces. La viande devait être consommée à l’intérieur de l’espace limité par les tentures [du Beit-Hamiqdash] par les Cohanim en mémoire de la prêtrise [12], préparée librement, le jour du sacrifice et la nuit suivante jusqu’à minuit.

 

6. Le sacrifice d’action de grâce et le bélier offert par le nazir étaient des choses saintes légères. Ils étaient immolés en tout endroit du parvis intérieur ; le sang devait être aspergé [à partir du vase sacré] deux fois [P. 34] [une fois sur l’angle nord-est et une fois sur l’angle sud-ouest de l’autel], de façon à être visible sur les quatre faces. La viande pouvait être consommée dans toute la ville [de Jérusalem], par toute personne, et préparée librement, le jour du sacrifice et la nuit suivante jusqu’à minuit. Les parties prélevées avaient le même statut, sauf qu’elles ne pouvaient être consommées que par les Cohanim, leurs femmes, leurs enfants et leurs esclaves.

 

7. Sacrifices de communion [offerts par les particuliers]. Choses saintes légères. L’animal était immolé en tout endroit du parvis intérieur ; le sang devait être aspergé [à partir du vase sacré] deux fois [une fois sur l’angle nord-est et une fois sur l’angle sud-ouest de l’autel], de façon à être visible sur les quatre faces. La viande pouvait être consommée dans toute la ville, par toute personne, préparée librement, pendant deux jours et une nuit. Les parties prélevées avaient le même statut, sauf qu’elles ne pouvaient être  consommées que par les Cohanim, leurs femmes, leurs enfants et leurs esclaves.

 

8. Le premier-né [du gros et du menu bétail], la dîme et la Pâque. Choses saintes légères. Ils étaient immolés en tout endroit du parvis intérieur ; le sang devait être aspergé une fois [à partir du vase sacré et sur une face de l’autel], à condition de le faire en direction du soubassement. Il y avait une différence quant à la consommation de la viande : le premier-né devait être consommé par les Kohanim, la dixième bête par toute personne et tous deux pouvaient être cosommés dans toute la ville, préparés librement pendant deux jours et une nuit. La Pâque ne pouvait être consommée que la nuit jusqu’à minuit, uniquement par les personnes qui s’y étaient associées, et il ne se mangeait que grillé.

 

Baraïta de Rabbi Yishmael 

Torat Kohanim Début de Wayiqra

Rabbi Yishmael  dit : la Torah s’interprète à l’aide des treize règles d’herméneutique suivantes : 1) L’a fortiori [13]. 2) L’identité de termes dans des textes différents [14]. 3) La règle généralisée à  partir d’un seul [P. 35] verset [15]. 4) La règle générale suivie de cas particuliers[16]. 5) Les cas particuliers suivis de la règle générale[17]. 6) Si la règle générale est suivie de cas particuliers puis de nouveau d’énoncé général, vous ne pouvez tirer une conclusion que par analogie avec le particulier [18]. 7) La règle générale nécessaire aux cas d’espèce et les cas d’espèce nécessaires à la règle générale [19]. 8) Si une règle a été énoncée pour un ensemble et qu’un élément ait été cité en particulier pour un enseignement, cet enseignement spécifique s’applique non seulement à l’élément cité, mais aussi à tous les éléments de l’ensemble [20]. 9) Si une règle a été énoncée pour un ensemble et qu’un développement sur le même sujet soit intervenu pour un élément, ce développement s’applique, pour alléger la règle générale et non pour l’aggraver [21].10) Si une règle a été énoncée pour un ensemble et qu’un développement sur un sujet différent soit intervenu pour un élément, ce développement s’applique aussi bien pour alléger que pour aggraver la règle générale [22]. 11) Toute règle générale, dégagée pour un engagement nouveau, ne peut être réintégré dans l’ensemble que si l’Ecriture l’y réintègre explicitement [23]. 12) Il a des règles dont l’application s’apprend par le contexte et d’autres dont l’application s’apprend par la conclusion [24]. 13) Lorsque deux textes se contredisent, il faut attendre qu’un troisième vienne les départager [25].

 

Avot 16, 21

Yehouda, fils de Tèma dit ; Sois audacieux comme le tigre, léger comme l’aigle, rapide comme la gazelle et fort comme le lion pour faire la volonté de ton Père céleste. Il disait aussi : les effrontés vont en enfer et les humbles  vont au paradis. Seigneur, par un effet de Ta  volonté, rebâtis Ta Maison Sainte promptement, de nos jours, et accorde-nous notre part de Ta Torah afin que nous accomplissions Ta volonté d’un cœur entier.

A l’office public (dix hommes majeurs au moins : Minyane), l’officiant ou tote autre persone, récite ici le Qaddiche Derabbanan (page suivante) auquel répond toute l’assemblée dans un grand recueillement. Ce Qaddish es dit également (d’habitude par une personne en deuil) après toute étude publique de la Loi orale.

 

P. 36

Qaddish deRabbanan [26]

Que soit exalté [27] et sanctifié le grand Nom [du Seigneur] – (Amen !),

dans le monde qu’Il a créé selon Sa volonté ; qu’Il établisse Son règne, qu’Il fasse germer Son salut et qu’Il rapproche de nous l’avènement de Son Messie – (Amen !),

De votre vivant et de vos jours, et du vivant de toute la famille d’Israël, promptement et dans un temps prochain ; dites : Amen. – (Amen !)

Que Son  grand Nom soit béni à jamais et dans tous les siècles, que soit béni [28], loué, glorifié, exalté, élevé, vénéré, magnifié et célébré le Nom du Saint [29] béni soit-Il – (Amen !)

au-dessus de toutes les bénédictions, cantiques, louanges et consolations qu’on puisse prononcer dans le monde ; dites : Amen [30]  – (Amen !)

Sur Israël, sur les rabbins, sur leurs disciples et les disciples qui se consacrent à étudier et à appliquer la sainte Torah, ici et dans tout autre lieu, que sur nous, sur eux et sur vous s’étendent la paix, la grâce, la miséricorde, une longue vie, une nourriture abondante et la clémence, émanant de Dieu, Maître du ciel et de la terre ; dites : Amen.  – (Amen !)

Que le ciel nous accorde une paix profonde, la vie, la satiété, le secours, la consolation, la délivrance, la guérison, la rédemption, le pardon, l’expiation, l’abondance et le salut pour nous et pour tout Son peuple Israël ; dites : Amen.  – (Amen !)

Lui qui fait régner la paix dans Ses mondes célestes, que par Sa miséricorde Il répande la paix sur nous et sur tout Son peuple Israël ; dites : Amen.  – (Amen !)


[1] Cette phrase se dit à voix basse.)

[2] Une êpha : environ 25 litres.

[3] Un hîn : environ 4 l. 25.

[4] Mané : unité de poids de 750 gr. environ.

[5] [Hébreu : « daqah min hadaqah », litt. « fin du fin ».

[6] Le qab équivaut à 1,382 litre.

[7] La séa équivaut à 6 qabs.

[8] Qortov : très petite quantité : 9 gr. environ.

[9] [Etrange traduction. Les shelamim sont plûtôt des sacrifices de communion. Voir R. Devaux, Les Institutions de l’Ancien Testament, II, Cerf, Paris, 1967, p. 294-295.]

[10] Cette phrase se dit à voix basse.

[11] [Cliché d’une page en hébreu, non reproduit.]

[12] La traduction de l’auteur du Patah Eliahou, « Cohanim mâles » ne me parait pas exacte, l’hébreu porte « lezikhrei kehounah ».

[13] [Miqal wahomer].

[14] [Migzerah shavah].

[15] [Mibinyan av wekatouv ehad].

[16] [Mibinyan av weshnei ktouvim].

[17] [Klal oufrat ouklal].

[18] [I attah dan ella ke‘ein haprat].

[19] [Miklal shehou tsarikh lifrat, oumiprat shehou tsarikh likhlal].

[20] [Wekhol davar shehayah bikhlal weyatsa min haklal lelamed, lo lelamed ‘al ‘atsmo yatsa, ela lelamed ‘al haklal koulo yatsa].

[21] [Wekhol davar shehayah bikhlal, weyatsa lit‘on ta‘oun aher shehou ke‘iniano, yatsa lehaqel welo lehahmir].

[22] [Wekhol davar shehayah bikhlal, weyatsa lit‘on ta‘oun aher shelo ke‘iniano, yatsa lehaqel oulehahmir].

[23] [Wekhol davar shehayah bikhlal, weyatsa lidon bedavar hadash, i attah yakhol lehahziro likhlalo, ‘ad sheyahazirenou hakkatouv likhlalo befeiroush].

[24] [Wedavar halamed me‘inyano, wedavar halamed misofo].

[25] [Wekhen shnei ktouvim hamakhhishim zeh et zeh, ‘ad sheyavo hakkatouv hashlishi weyakhri‘a beineihem].

[26] A l’office public (dix hommes majeurs au moins forment un Minyan), l’officiant ou toute autre persone, récite ici le Qaddish Derabbanan (page suivante) auquel répond toute l’assemblée dans un grand recueillement. Ce Qaddish est dit également (d’habitude par une personne en deuil) après toute étude publique de la Loi orale.

[27] En disant ce mot, celui qui récite le Qaddish fléchit le genou et incline le haut du corps.

[28] En disant ce mot, celui qui récite le Qaddish fléchit le genou et incline le haut du corps.

[29] En disant ce mot, celui qui récite le Qaddish fléchit le genou et incline le haut du corps.

[30] En disant ce mot, celui qui récite le Qaddish fléchit le genou et incline le haut du corps.

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Date de dernière mise à jour : 30/09/2014