En lisant « Les Juifs et leur avenir » d’Adin Steinsaltz. Notes de lecture d’O. Ypsilantis


[Ce livre du rabbin Adin Steinsaltz est paru en 2008 chez Albin Michel, Paris. Je recopie ici la présentation de l’éditeur :

Qu’est-ce qu’être juif ? Quel est le lien qui unit les Juifs ? Sont-ils une nation ou une religion ? Comment le judaïsme influence-t-il notre pensée ?

Maître incontesté de la pensée religieuse juive contemporaine, célèbre dans le monde entier pour ses traductions du Talmud, le rabbin Adin Steinsaltz aborde les questions auxquelles le monde juif est aujourd’hui confronté.

Chemin faisant, il explore des éléments essentiels de la tradition juive, comme l’idée du messianisme ou le motif de la lumière, et se livre à une méditation sur le Cantique des cantiques, s’interroge sur le conflit entre la foi et la raison, entre la Torah et la science.

Comme le dit Jean Blot dans la préface de ce livre : « Nul mieux que le rabbin Steinsaltz, dans sa fragilité physique et sa vigueur intellectuelle, ne m’a accordé une telle accalmie. Quand il parle de la maison d’Israël, c’est un peu comme si un toit pareil à des ailes protectrices se déployait au-dessus de ma tête. »

 

Pour celles et ceux qui veulent être en contact direct avec la pensée du Rabbin Adin Steinsaltz, je recommande ses vidéo-conférences mises en ligne par Akadem. Je ne peux que recommander à nos internautes les notes de lecture rédigées et mises en ligne sur son blog par Olivier Ypsilantis; j'en reproduis ci-après quelques extraits Je profite de l’occasion pour dire ici, comme je l’ai déjà fait ailleurs, tout le bien que je pense de ce blog et pour en recommander la consultation régulière. Enfin, je remercie mon ami et collaborateur Jean-Richard Mansencal de m'avoir signalé ce texte. (Menahem Macina).]

 

I.

Qu’est-ce qu’un Juif ? 

Tout d’abord, soulignons que les principes de la foi juive sont assez unifiés. Il y a bien une unanimité fondamentale quant à la Halakha, une unanimité non pas due à une autorité centrale mais plutôt ‟à la reconnaissance universelle d’un corpus de sources et au fait que l’on a admis des méthodes bien définies d’interprétation et d’élaboration de ces sources”. Et Adin Steinsaltz poursuit : ‟Reconnaître la Torah comme le fondement et le Midrash halakhique comme la seule manière légitime de l’interpréter rend pratiquement impossibles les divergences majeures dans les conclusions d’exégèse même si on essaye parfois de mettre l’accent sur ces divergences”......

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II.

Sommes-nous une nation ou une religion ? 

‟Notre peuple n’est ni une religion, ni une nation, ni un groupe ethnique, ni une race”. Mais alors, qu’est-ce qu’un Juif ?

 

Nous n’avons pas de dénominateur commun évident.

Il y a peu, la religion constituait encore ce dénominateur commun même s’il y avait des groupes de Juifs marginaux (voir la question des Samaritains). Mais aujourd’hui ? Comment définir ce qu’est un Juif alors que la plupart des Juifs ne respectent plus les commandements religieux ? Quel est le dénominateur commun qui définit ou unit ces catégories de Juifs qui ne respectent plus une même foi religieuse (par exemple le mouvement ‟réformé” ou le mouvement conservative) et ceux, très nombreux, qui se désintéressent de la religion ? Rav Saada Gaon disait : ‟Notre peuple n’est une nation que par sa Torah.”......

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III.

Notre masque intérieur

La voix de son maître.

La capacité du Juif à imiter relève du don d’acteur, avec intériorisation de la culture ambiante et toutes ses subtilités. Cette capacité est si poussée que le Juif ne joue plus un rôle et se fait la personne qu’il imite. Poussée à ce point, l’imitation offre un avantage : l’acteur n’imite plus un individu précis, il saisit d’un archétype : l’Anglais archétypal, le Français archétypal, etc.....

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IV.

Une liberté sans contenu

L’Exode, soit le refus de l’esclavage. Mais l’Exode ne suffit pas à donner la liberté ; car la liberté sans volonté indépendante n’a pas de sens, elle est une coquille vide. Être libre, c’est avoir le sens de sa propre conscience et des objectifs que l’on se propose de défendre.

C’est après le don de la Torah que ce peuple qui fuit l’esclavage se fait entité signifiante, s’interroge sur le sens de son être et ancre sa volonté de perpétuer son existence. Se délivrer de l’esclavage est une chose, savoir quoi faire de sa liberté en est une autre.......

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V.

Sur qui pouvons-nous compter ?

Où sont à présent ceux qui vont montrer le chemin ?

A la fin du traité du Talmud Sotah (49 a,b), il y a cette phrase de rabbi Eliezer le Grand : ‟Du jour où le Temple a été détruit, les Sages se sont transformés en scribes, les scribes  se sont transformés en agents de la force publique, les agents de la force publique se sont mis au niveau du peuple et le peuple lui-même se dégrade”. Les Sages se sont transformés en scribes… Les scribes répètent ce qui se dit, résolvent des problèmes qui ont été résolus, n’écrivent que des anthologies et des résumés… Les scribes se sont transformés en agents de la force publique… Ils n’enseignent plus et se contentent de faire régner la discipline…

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VI.

Le mysticisme dans la pensée juive

Dans le judaïsme, le mysticisme fait partie intégrante de la vie spirituelle et n’a jamais été séparé de la tradition religieuse. La révélation au mont Sinaï explique peut-être ce fait. Néanmoins, à un moment de l’histoire juive, les autorités religieuses ont jugé avec suspicion la mystique, la Kabbale en particulier qui n’est pourtant pas une extravagance et qui touche à tous les aspects du judaïsme. Par exemple, de nombreuses expressions de l’hébreu et du yiddish procèdent de la Kabbale.

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VII.

L’homme a été créé un

La Haggadah ne traite pas de problèmes législatifs (voir la Halakha) mais de sujets plus généraux, y compris scientifiques et spirituels. ‟L’homme a été créé un” est une notion fondamentale du judaïsme — elle ne lui est pas pour autant spécifique. Quelle est la valeur de cette affirmation demande le Talmud ? Tout d’abord, elle vise à combattre l’affirmation des hérétiques selon laquelle il y a plusieurs maîtres au ciel. La désignation ‟hérétique” fait généralement référence non pas aux premiers chrétiens mais à différentes sectes, à commencer par les gnostiques qui envisageaient une dichotomie entre le Bien et le Mal. Selon le judaïsme, chaque homme a des chances plus ou moins égales ; il refuse le déterminisme. Cette attitude vise non seulement à empêcher une fracture fondamentale du genre humain (Je descends de l’ancêtre juste / Tu descends de l’ancêtre mauvais), elle empêche une certaine paresse, la paresse de l’héritier. Le juste doit prendre garde à rester juste car il peut chuter à tout moment. Quant au mauvais, il a la possibilité s’il le veut de sortir du mauvais chemin et ne peut justifier ses mauvaises actions par un quelconque déterminisme.

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VIII.

L’éducation à la prière

Qu’est-ce que la prière ? La prière peut être pratiquée de manière mécanique, comme une simple gymnastique. Il ne s’agit pas de minimiser la valeur de cette façon de prier mais elle ne peut se suffire à elle-même. Il y a la kavanah (l’intention) de la prière, soit comprendre ce qui est écrit dans les livres de prières. Les explications données sous des angles variés (dont la numérologie) sont importantes mais restent cependant extérieures à l’éducation à la prière. La kavanah ne peut se limiter à une analyse de texte.

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Date de dernière mise à jour : 18/02/2014