«Y a-t-il un problème dans le judaïsme d’aujourd’hui?», David Meyer et Jean-Pierre Sonnet

 

[Article non daté, (sans doute mis en ligne fin janvier 2014), paru sur le site de l’AJCF, rubrique « Articles divers ». Je me suis étonné qu’il soit ainsi reproduit et diffusé sur ce site de référence en matière de relations entre Chrétiens et Juifs, sans mise en situation ni critique, lacunes que mon commentaire qui suit le texte de l’article, s’efforce de combler. Depuis, l'article est paru dans la revue Sens, de l'AJCF, n° 387, mars 2014, p. 215-217.(Menahem Macina).]

[Introduction de l'AJCF sur son site]

Nous rappelons souvent l’engagement de l’AJCF dans la lutte contre l’antisémitisme en citant nos statuts, article 2 : « Elle combat l’antisémitisme, le racisme et toute haine des autres cultures et religions. ». Nous voulons aujourd’hui assurer nos amis chrétiens de notre soutien devant le nombre croissant d’agressions de divers types dont ils sont les victimes, parfois jusqu’à la mort dans certains pays du Moyen-Orient. Nous relayons le texte de David Meyer et Jean-Pierre Sonnet, un juif et un catholique, une réflexion pour le dialogue à l’écoute des chrétiens. « Y a-t-il un problème dans le judaïsme d’aujourd’hui ? » Par David Meyer, Rabbin et Jean-Pierre Sonnet, s.j., Professeurs à l’Université Pontificale Grégorienne, Rome.

Le site du Patriarcat latin de Jérusalem a publié le 15 janvier 2014 l’analyse d’un rabbin et d’un jésuite sur un sentiment antichrétien croissant dans certains milieux juifs radicaux.


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[Texte de l'article sous revue]

Le nouvel an, qu’il soit civil ou religieux, est toujours l’occasion d’un examen de conscience ; il est un moment qui permet d’envisager le futur et de revenir sur le passé. Au long de l’année écoulée, un nombre inquiétant de sites [au sens de lieux et non de plateformes électroniques] chrétiens en Israël ont été vandalisés par des groupes de Juifs radicaux, bien au-delà de ce qui a été rapporté par les médias. L’année 2013 a malheureusement vu une augmentation de ces actes de tagging, pratiqués le plus souvent à l’encontre des communautés musulmanes, mais visant également le christianisme et les chrétiens. Des messages tels que « Nous vous crucifierons », « Jésus est mort » et « mort au christianisme » sont apparus sur les murs d’édifices chrétiens en Israël. Pour mesurer la fréquence de ces actes, il est désormais possible de consulter une liste mise à jour sur Wikipédia, sous l’entrée « List of Israeli price tag attacks » [1].

Il y a quelques semaines, un prêtre que nous connaissons a fait en outre une expérience pénible, un jour où il portait la soutane, dans un trajet entre la porte de Jaffa et le quartier juif dans la vieille ville de Jérusalem : il a été la cible de crachats de la part de six personnes, des hommes ou encore des familles de la communauté Haredi. La haine ne se limite jamais à des « tags » sur les murs et les briques. Loin d’être des cas isolés, ce sont là des expériences récurrentes dans la communauté chrétienne. Elles ne peuvent être ignorées.

Pour ceux qui suivent l’état des relations entre Juifs et Chrétiens, ces attaques récentes ne constituent pas une surprise. Au cours des dernières années, des actes et des attitudes pour le moins désobligeants à l’égard des chrétiens et du christianisme sont devenus de plus en plus courants, au point de s’inscrire dans le quotidien de certains cercles juifs en Israël. À quiconque a le sens de l’histoire, de tels mots et de telles attitudes remettent en mémoire les périodes les plus sombres de l’antisémitisme européen, lorsque les Juifs furent la cible de sentiments chrétiens anti-juifs. En ces lieux et en ces temps, ce furent les Juifs et les synagogues qui furent l’objet de moquerie, de haine et de violence physique. L’histoire se retournerait-elle dès lors sous nos yeux ?

Ce serait une erreur de croire que ces épisodes d’antichristianisme soient le fait d’individus isolés, de Juifs provenant des marges de la société, ou encore d’imaginer que ces actes dérivent uniquement de motivations politiques. Les auteurs de telles agressions n’expriment certainement pas l’opinion de la majorité ; ils sont en outre, très probablement, des personnes dérangées. Il n’empêche, toutefois : l’absence de réactions décidées, profondes et répétées, de la part des leaders juifs israéliens, religieux ou non, crée un malaise. À l’exception de quelques initiatives courageuses de soutien et de compassion ou encore de mots de condamnation de la part de certaines figures politiques ou religieuses, le judaïsme dans son ensemble semble se retirer derrière un silence embarrassé. Ne serait-il pas avisé d’y reconnaître un « silence coupable », révélant que quelque chose fait problème dans le monde juif, en Israël ou ailleurs, qui réclame une attention urgente et une forme de réparation ?

Il y a plus de soixante ans, un penseur juif français, Jules Isaac, a eu l’audace de porter jusqu’aux portes de Rome une vision prophétique. Il exprima au Pape Pie XII et, après lui, au Pape Jean XXIII, qui allait devenir un ami proche, la nécessité urgente d’amender les relations judéo-chrétiennes. Isaac mit au défi des siècles d’enseignement chrétien en demandant de transformer l’enseignement du mépris en enseignement de l’estime. L’initiative fut audacieuse ; en fin de compte, elle prépara le Concile Vatican II et la Déclaration Nostra Aetate.

Alors que les mécompréhensions de l’Église à propos du judaïsme n’ont pas toutes été surmontées et que des efforts et une vigilance s’avèrent toujours nécessaires, il semble qu’un défi symétrique soit aujourd’hui une priorité. Le judaïsme a également à faire face à ses propres démons et à s’engager résolument dans un retournement de son enseignement du mépris à l’égard du christianisme en un enseignement de l’estime. Si cela n’est pas fait, les attaques antichrétiennes dont nous sommes les témoins ces mois-ci pourraient devenir la marque distinctive de certains cercles juifs.

Dans une œuvre midrashique ancienne (Eikhah Rabbah II, 13), une affirmation audacieuse est faite aux noms de Rabbi Huna et Rabbi Yossi : « S’ils te disent qu’il y a de la sagesse au sein des nations du monde, crois-les. S’ils te disent que la Torah se trouve au sein de ces nations, ne les crois pas ». Les sages des temps anciens ont eu l’intelligence et le courage de le reconnaître : si la Torah est bien le propre d’Israël, le judaïsme n’a pas pour autant le monopole de la sagesse. Le Midrash nous enseigne qu’il y a des sagesses que le judaïsme ne détient pas par lui-même et qui se trouvent ailleurs qu’en lui-même : dans les cultures et les religions des nations du monde. N’oublions pas que Moïse devint d’autant plus sage grâce aux conseils de sagesse sociale qu’il reçut de son beau-père, Jéthro, le Madianite.

Le respect authentique à l’égard de l’« autre » requiert bien sûr tolérance et décence ; de manière plus importante encore, il requiert de reconnaître que cet « autre » est le porteur d’une sagesse à laquelle on n’a pas accès à partir de soi-même. Dès lors, si le Judaïsme d’aujourd’hui désire s’engager dans la transformation de son enseignement du mépris en enseignement de l’estime, comme l’Église s’est engagée à le faire, en affrontant bien des défis, des régressions possibles et même des échecs (à envisager chaque fois avec lucidité, honnêteté et humilité), il doit s’engager de manière urgente dans un nouveau type de dialogue avec le christianisme. Un dialogue qui ne se satisfera pas d’articles comme celui-ci ou de prises de position de figures isolées et amicales, mais qui poussera les leaders et rabbins juifs à rechercher dans les traditions et enseignements de l’Église une sagesse véridique et essentielle, tout comme l’Église s’est désormais mise à l’école de la sagesse du judaïsme, tant rabbinique que biblique.

 

© David Meyer et Jean-Pierre Sonnet.

 

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Commentaires de Menahem Macina

 

1. Les tags anti-arabes et antichrétiens

Outre le fait que nombre d’entre eux sont probablement l’oeuvre de provocateurs arabes (comme semblent l’indiquer les fautes d’hébreu qui les émaillent), il est contraire à la déontologie journalistique et à la justice de dramatiser ces faits répréhensibles en donnant l’impression au public qu’ils sont légion, alors que c’est l’inverse. Cette tendance à la généralisation à partir de cas isolés (même s’ils sont répétés) aboutit à criminaliser l’ensemble de la population religieuse israélienne et, au-delà d’elle, la société israélienne tout entière. L’article de Wikipedia, que citent les auteurs, n’indique qu’une chose, c’est que les « Israeli-bashers » [2] sont plus actifs que les défenseurs d’Israël. En effet, il ne manque pas de matériau pour documenter une entrée parallèle dans Wikipedia, qui s’intitulerait « List of Arabic price tag attacks » [3].


2. Crachats de Juifs en direction d’ecclésiastiques catholiques

Les auteurs devraient savoir que, dans le monde oriental c’est une coutume très répandue que de cracher en direction de (voire sur) les membres du clergé d’autres communautés de foi. Quiconque veut se documenter sérieusement découvrira que cette pratique détestable n’est certainement pas l’apanage de juifs intégristes et/ou fanatiques ; en effet, les clercs orientaux y recourent régulièrement à l’encontre... d’autres clercs qui ne sont pas de leur confrérie (coptes, arméniens, etc.).


3. « À quiconque a le sens de l’histoire, de tels mots et de telles attitudes remettent en mémoire les périodes les plus sombres de l’antisémitisme européen... »

Que les auteurs me pardonnent cette remarque, mais, sans s’en rendre compte sans doute, ils nous servent là une version confessionnelle du paradigme de « la victime devenue bourreau », lequel est "tendance" dans le monde contemporain, et fait particulièrement recette chez les « Israeli-bashers ».


4. « ...l’absence de réactions décidées, profondes et répétées, de la part des leaders juifs israéliens, religieux ou non, crée un malaise »

Non contents de se laisser aller à l’injustice grave que constitue leur recours inconscient à l’ « équivalence morale » [4], les auteurs enfoncent le clou en faisant porter la responsabilité, au moins partagée, de ces dérapages, aux autorités politiques israéliennes, ce qui laisse entendre que, comme dit l’adage, « qui ne dit rien consent ».


5. « Le judaïsme a également à faire face à ses propres démons et à s’engager résolument dans un retournement de son enseignement du mépris à l’égard du christianisme en un enseignement de l’estime »

Cette affirmation gratuite fait remonter dans ma mémoire un souvenir perturbant. En janvier 1995, j’assistais, en ma qualité d’enseignant du judaïsme au sein de la Faculté de théologie de l’Université catholique de Lille, à un exposé donné par un ecclésiastique occupant une fonction importante au sein d’une Commission romaine pour les relations judéo-chrétiennes. On retiendra ce résumé d’un passage de son allocution montant en épingle la rectification – estimée généreuse - effectuée par l’Eglise, d’un enseignement chrétien antijuif, et déplorant la non-réciprocité juive sous la forme d’une reconnaissance d’excès analogues à l’encontre du christianisme [5].

« Certes, les attitudes chrétiennes envers les juifs sont encore loin d’être parfaites, mais beaucoup a déjà été fait. Je pense en particulier à Nostra Aetate et, avant cela, à l’enseignement du pape Pie XI : "Spirituellement nous sommes tous des sémites !". Et puis, tout de même [...] les choses ont bien changé par rapport au passé. Les manuels ont été expurgés des vieux clichés anti-judaïques. On peut même dire que l’Église est allée au-delà de ce qu’exigeait la stricte justice. On ne compte plus les déclarations, les pas en avant en direction des juifs. Mais, face à tout cela, je le demande, quelle a été la contrepartie juive ? Alors que nous, nous étudions le judaïsme, que nous multiplions les initiatives de dialogue, que font les juifs ? Enseignent-ils le christianisme ? S’y intéressent-ils seulement ? – Non. Ils ne cherchent même pas à connaître le contenu de notre foi ! Mais il y a plus dommageable encore. Non seulement les rabbins ne s’intéressent pas au christianisme, mais même ils le dénigrent encore à longueur de temps, en particulier dans leurs yeshivot. D’ailleurs, leur Talmud contient des passages très hostiles à la foi chrétienne et même des insultes envers les personnages les plus augustes de notre religion » [6].

 

5. « ...si le Judaïsme d’aujourd’hui désire s’engager dans la transformation de son enseignement du mépris en enseignement de l’estime [..., il doit s’engager de manière urgente dans un nouveau type de dialogue avec le christianisme. »

On peut comprendre que les auteurs souhaitent que s’instaure « un dialogue [...] qui poussera les leaders et rabbins juifs à rechercher dans les traditions et enseignements de l’Église une sagesse véridique et essentielle, tout comme l’Église s’est désormais mise à l’école de la sagesse du judaïsme, tant rabbinique que biblique ». Mais pourquoi exprimer ce voeu sous la forme d’une injonction quasi comminatoire, en faisant l’impasse sur les blocages religieux et psychologiques qu’un minimum d’empathie suffit à comprendre, lorsque comme ces auteurs, on est censé être au courant des longs siècles d’avanies et de persécutions subies par les juifs de la part des chrétiens, et du sentiment d’abandon – fondé ou non – ressenti par les victimes de la persécution nazie, et par leurs descendants.

 

© Menahem Macina

 
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J’ai reçu d’une mienne relation en Israël, la mise au point qui suit. Elle m’a paru digne d’être publiée dans ce contexte.

 

« Force est de constater l’émergence en Israël d’un mouvement qui se nomme “תג מחיר “ [Tag mehir]. C’est hélas une réalité nouvelle qui traduit le durcissement d’une frange des haredim [religieux juifs fondamentalistes] dans le pays, qui n’est pas insignifiante. Les médias le relayent autant que nécessaire, et ce ne sont pas des groupes arabes déguisés en juifs mais des jeunes juifs. Quelques monastères ont vu ces tags insultants Jésus apparaitre sur leurs murs accompagnés de cocktails molotov artisanaux qui ont brulé les portes (Latroun, Beut Gemal, monastère de la croix, franciscains du Mont Sion, Dormition). Ils ont aussi commis de tels actes contre des mosquées. Leurs arguments sont racistes et religieux basés sur une conception dualiste du monde juif face aux goyim, qui sont évidemment idolâtres et ennemis d’Israël.

Quant aux crachats, il ne s’agit pas d’une habitude moyen-orientale, mais bel et bien d’une recrudescence de la violence à l’égard des chrétiens. J’ai de nombreux témoignages en ce sens. En voici un exemple tout récent, dont j’ai été témoin, hier au Mur, à la clôture de la solennité de Kippour. Un jeune juif a craché sur un prêtre copte de passage. Pas de chance pour lui, un rabbin orthodoxe qui se trouvait là l’a réprimandé vertement.

Les petites Sœurs de Bethléem qui sont dans le pays depuis longtemps sentent réellement la différence lorsqu'elles font les courses à Beit Shemesh, qui est l’un des lieux où se manifeste ce durcissement. Mais ces exemples se multiplient. On assiste aussi à un mouvement de femmes que l’on nomme les « talibanes juives », parce qu’elles sont entièrement drapées de tissu noir.

J’ai assisté cet hiver à un colloque sur les lieux saints, organisé au ministère de l’Intérieur, et le sujet a été abordé. De fait, il faut reconnaitre que les grands rabbins ne se bougent guère, et pire encore : les jeunes qui se conduisent ainsi sont instruits par des rabbins ! Il est certain qu’Israël manque de vrais dirigeants spirituels car nos grands rabbins sont trop impliqués dans la politique, et c’est une misère.

Ceci dit, je m’interroge : est-ce une bonne chose de tenir un discours du type de celui de Meyer et Sonnet, sans le situer dans le contexte plus large de la société israélienne. De plus, on ne peut parler de judaïsme en termes de généralités. Je porte donc comme vous un regard critique sur cet article. Tout d’abord, je vous rejoins sur le fait qu’un changement du regard des juifs sur les chrétiens prendra du temps. Il faudra sans doute plusieurs générations pour que les fruits de Vatican II atteignent les populations locales, chrétiennes d’abord, et encore davantage pour que les juifs prennent conscience de cette évolution. D’autre part, le judaïsme n’ayant pas d’autorité centrale on voit mal comment il pourrait se réformer de la même manière que l’Eglise.

Je relève ce passage intéressant de l’article de Meyer et Sonnet : "Si le Judaïsme d’aujourd’hui désire s’engager dans la transformation de son enseignement du mépris en enseignement de l’estime, comme l’Église s’est engagée à le faire, en affrontant bien des défis, des régressions possibles et même des échecs […] il doit s’engager de manière urgente dans un nouveau type de dialogue avec le christianisme. Un dialogue qui ne se satisfera pas d’articles comme celui-ci ou de prises de position de figures isolées et amicales, mais qui poussera les leaders et rabbins juifs à rechercher dans les traditions et enseignements de l’Église une sagesse véridique et essentielle, tout comme l’Église s’est désormais mise à l’école de la sagesse du judaïsme, tant rabbinique que biblique. » (Les italiques sont de moi). 

Je pense que la réforme que l’Eglise a opérée ne s’est pas faite en se mettant  à l’école du judaïsme loin s’en faut, mais en "scrutant son propre mystère" [comme le dit la Déclaration conciliaire Nostra Aetate]. Si nos deux religions peuvent être source d’inspiration l’une pour l’autre, la réforme de chacune d’elles passe par l’approfondissement de sa propre tradition pour y trouver les ressources dont elle a besoin pour être fidèle à ce que Dieu lui demande pour aujourd’hui. Ce fut le travail de Vatican II et de son aggiornamento [mise à jour].

Le Judaïsme possède en lui-même des ressources pour changer son regard sur les non-juifs, entre autres en re-pensant la notion de “avoda zarah” [idolâtrie] qui est un sujet central pour le juif qui veut être fidèle […] Les auteurs de l’article que vous critiquez vont donc dans la mauvaise direction, comme vous le soulignez. Il ne s’agit pas de faire la leçon aux juifs en leur montrant comme l’Eglise a été sage et bonne et en leur demandant de faire pareil, et encore moins de leur demander de venir chercher dans le christianisme ce dont ils ont besoin pour se réformer. »

 

07 octobre 2014



[2] Littéralement : ceux qui frappent à coups redoublés sur les Israéliens.

[3] Expression que l’on peut traduire  « liste des attaques arabes à coup de slogans ».

[4] On trouvera une définition technique et des exemples de l’équivalence morale, dans l’article de Wikipedia, en langue anglaise, « Moral equivalence ». On peut lire, en français, un exposé engagé et vulgarisateur, dans l’article de Jacques Brasseur, « L'équivalence morale, ou l'hypocrisie occidentale ».

[5] Le reproche n’est pas nouveau. Déjà, lors de la fameuse « Conférence de Seelisberg » (1947), une altercation à ce sujet avait eu lien entre le Grand Rabbin Kaplan et le Père Calliste Lopinot, capucin, observateur  officieusement délégué par Rome. Le G. R. Kaplan a résumé l’incident en ces termes : « Du côté chrétien, on était d’accord pour reconnaître une responsabilité dans la propagation de l’antisémitisme par l’éducation donnée, au catéchisme, aux jeunes chrétiens. On voulait, en contrepartie, que nous aussi, d’une certaine manière, nous reconnaissions quelque tort de notre part envers le christianisme de par notre enseignement religieux. Or, sur ce point, on ne pouvait rien nous reprocher... ». Voir M. Macina, « Le "syndrome de Seelisberg" : persistance du soupçon d’un "enseignement du mépris" rabbinique envers le christianisme ».

[6] J’ai cité ce propos, conjointement à d’autres de la même eau, dans mon livre La pierre rejetée par les bâtisseurs. L’ « intrication prophétique » des Ecritures, publié en livre électronique par les éditions Tsofim, Lille, 2013, au chapitre 24, intitulé « La souveraineté des juifs sur leur terre, contestée par les nations ».

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Date de dernière mise à jour : 07/10/2014