Newsletter du 5 mai 2014 (Présentation des livres électroniques de M. Macina)

Fidèles abonnés de Rivtsion,

Savez-vous que j’ai créé un nouveau site : www.tsofim.org ?

Rassurez-vous : je ne brûle pas ce que j’ai adoré. Rivtsion continue sa longue carrière, mais, avec plusieurs milliers de textes, il constitue davantage une bibliothèque et un dépôt d’archives qu’un site Web actif et moderne comme veut l’être Tsofim, au service de la cause que je sers depuis des décennies : l’unité entre les Chrétiens et les Juifs.

Cordialement, à tous et à toutes.

Menahem Macina

Et voici la récente Newsletter de Tsofim :

 

Tsofim: Guetteurs de l'Israël de Dieu

Présentation des livres électroniques consacrés, par M. Macina, au dessein de Dieu sur les Juifs et les Chrétiens

 

Nota : Tous les mots et phrases en couleur, ci-après, sont des liens cliquables. Un simple clic sur le titre de l’ouvrage en ouvrira un extrait suffisant pour que le lecteur puisse se faire une idée de son contenu et de sa problématique. ATTENTION, quand vous avez cliqué sur le titre et êtes arrivé sur la page Web où se trouve l'aperçu de l'ouvrage, cliquez sur le bouton "Start reading" (Commencer la lecture), en bas de la page.


Les Églises et les Juifs (1933-1945)

Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

Après avoir abordé dans ses ouvrages précédents les différents aspects de la résistance ecclésiastique catholique au nazisme, l’auteur étend ici son enquête au monde protestant. Il avoue d’emblée qu’il a longtemps partagé l’opinion selon laquelle « l’Église Confessante » d’Allemagne avait tenu tête au régime nazi durant toute la guerre, même si elle n’avait pu que limiter les dégâts face à une répression cruelle et au danger, parfois mortel, qu’encouraient les pasteurs et les fidèles qui défendaient et aidaient leurs coreligionnaires « non-aryens ». Une étude plus approfondie des documents accessibles l’a amené à nuancer son optimisme. Il cite, entre autres, ces lignes écrites en 1933 par un pasteur favorable aux juifs, selon lequel le peuple allemand « a eu beaucoup à supporter du fait de l’influence du peuple juif, en sorte que le désir d’être libéré de cette exigence est compréhensible », osant ajouter : « Il serait inadéquat qu’un pasteur d’origine non aryenne occupe une fonction dans l’administration des églises ou une position prééminente dans les missions intérieures. » Il évoque également un document intitulé « l’Église Évangélique et ses juifs chrétiens », qui mettait l’accent sur la responsabilité de l’Église envers eux, non sans se laisser aller à ces propos choquants : « notre Église n’est pas en mesure de garantir [aux juifs] des droits légaux ; mais, dans sa sphère propre, [elle] fera preuve d’un total amour fraternel et de compassion envers ceux de nos membres qui veulent s’assimiler au caractère national allemand, c’est-à-dire, au Peuple et à la race. Bien entendu, l’Église s’attend à ce que ces frères et sœurs étrangers de même foi abandonnent réellement les caractéristiques héritées de leurs pères – qui sont étrangères à ce qui est allemand – pour s’intégrer dans l’héritage de notre identité nationale et fassent preuve de retenue dans la vie publique, de manière à ne pas faire obstacle à la pratique de l’amour fraternel ou à ne pas jeter le trouble dans la communauté de vie et de foi d’aujourd’hui.» Dans les faits, on assista alors à un reniement de l’un des engagements initiaux majeurs de l’Église Confessante – à savoir, le refus d’appliquer l’exclusion des pasteurs d’origine juive du corps des fonctionnaires, conformément au Paragraphe Aryen. C’est en vain qu’un important dirigeant protestant d’origine juive – qui tombait lui-même sous le coup du Paragraphe Aryen – écrivit, le 19 décembre 1935, au Conseil de l’Église du Reich, l’implorant de « ne pas fermer les yeux plus longtemps sur la détresse intérieure toujours croissante des chrétiens non-aryens concernés par les nouvelles lois ». Son avertissement prophétique résonne encore comme un reproche brûlant : « Se taire plus longtemps serait charger l’Église Évangélique d’un péché inexcusable devant le Seig! neur de l’Église. » Selon l’historien Wolfang Gerlach, fort sévère envers l’attitude de son Église à l’époque, « le thème “juifs” n’avait pas seulement été passé sous silence. Nombre de théologiens traitèrent de la question et leurs réflexions montrèrent combien le courant théologique majoritaire de l’époque empêchait toute solidarité avec les juifs ». Le débat, qui alla d’ailleurs en s’affaiblissant au fil des années, finit pas se concentrer uniquement sur l’aspect « théologique et exégétique de la question juive ». Le présent livre montre que cette focalisation permit aux chrétiens d’abandonner à leur triste sort leurs coreligionnaires juifs, tout en tenant des discours scandalisés sur cette injustice inhumaine et en se lamentant sur l’impuissance de l’institution religieuse face à une législation d’État à laquelle il ne leur semblait pas possible de s’opposer.

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Chrétiens et juifs depuis Vatican II: État des lieux historique et théologique. Prospective eschatologique

Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

Il a fallu de longs siècles d’«enseignement du mépris» et de tentatives de captation ecclésiale des promesses des prophètes – considérées comme accomplies par le Christ et désormais dévolues à la chrétienté (théorie de la substitution) –, pour que se fasse jour, en chrétienté, une attitude plus positive envers les juifs. Lorsque s’ouvrit le IIème Concile du Vatican (1962), personne ne s’attendait au changement dramatique qui allait se produire, sous l’impulsion du cardinal Bea, auquel le « Bon Pape Jean » avait confié la tâche d’élaborer un « Schéma sur les Juifs ». Ce projet déchaîna une telle hostilité de la part de prélats conservateurs qu’il suscita, chez les Pères conciliaires, une réaction inverse, dans laquelle s’exprimait une tendance vers un changement positif de l’attitude chrétienne envers le peuple juif. On lit, dans le chapitre 4 de la Déclaration Nostra Ætate, que « les juifs restent très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance », et que le Concile « encourage et recommande entre [Chrétiens et Juifs] la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel ». Et encore : « les Juifs ne doivent pas [...] être présentés comme réprouvés par Dieu, ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture ». Au cours des décennies suivantes, les graines semées au Concile portèrent des fruits inespérés. En témoigne cette expression du pape Jean-Paul II, lors d’une allocution aux dirigeants des communautés juives d’Allemagne (17 novembre 1980) : « le peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance jamais révoquée par Dieu [...] » Elle eût été impensable auparavant. Ce livre retrace les étapes de la longue marche vers la reconnaissance du dessein de Dieu sur les juifs et les chrétiens, dans lesquels l’auteur croit voir un avatar typologique des « deux familles choisies par Dieu », dont parle Jérémie (33, 24). Il entraîne le lecteur chrétien dans une relecture spirituelle de l’Écriture, dont maints passages dévoilent prophétiquement leur vocation respective et l’unité à laquelle l’Église et Israël sont appelés, tels, entre autres, celui de la geste des deux morceaux de bois en Ézéchiel (37, 17) – « qu’ils ne fassent qu’un dans ta main » –, et celui où Paul exprime la même réalité, en une formule théologique inspirée (Ep 2, 14) : « Car c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux a fait un [...] ». L’ouvrage s’achève sur l’évocation de la contestation mondiale dont l’État juif est l’objet, et de la pierre d’achoppement qu’il constitue pour beaucoup de chrétiens. L’auteur exprime la crainte qu’en se mettant à la remorque des faux prophètes de l’antisionisme, qui accusent Israël de néo-colonialisme et d’apartheid, ils n’attisent la haine contre ce peuple, et ne « se trouvent en guerre contre Dieu lui-même » (cf. Ac 5, 39), dont ils ignorent les desseins, pavant la voie à la montée hostile des nations, annoncée, entre autres, par les prophètes Joël (4, 1 ss.), Michée (4, 8 ss), et Zacharie (12, 3), ainsi que par le Psaume 2.

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Le signe de Saül - A propos du sévère avertissement de Paul aux chrétiens (Rm 11, 19-22)

Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

L’auteur croit que le destin individuel et unique du Christ Jésus et celui de son peuple juif sont indissolublement intriqués, et que malgré la différence de nature et d’excellence entre l’Un divin incarné et son extension multiple aux dimensions de chacun des membres de son peuple juif, ils ont le même destin historique et sont promis à la même gloire eschatologique. Il croit aussi que toute la souffrance décrite et exprimée dans les Écritures leur est commune et qu’à la mort ignominieuse du Messie d’Israël, qui a été suivie de sa résurrection, correspond l’horreur de la Shoah des juifs, qui a été suivie de leur rétablissement, dont ni les nations ni l’Église n’ont encore pris conscience. Il est choqué par les efforts de trop de clercs, théologiens, et guides spirituels pour dissuader les chrétiens de prendre au sérieux les prophéties. Selon ces gens, Jésus les ayant accomplies, elles ne concernent plus que « l’Église en marche vers son triomphe eschatologique ». Leur scepticisme les conduit à occulter les mises en garde solennelles contre celui que Jean nomme l’« Antichrist », tandis que Paul lui donne le nom d’« Adversaire »: « Que personne ne vous abuse d’aucune manière. Auparavant doit venir l’apostasie et se révéler l’Homme impie, l’Être perdu, l’Adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu’à s’asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même ! comme Dieu. » (2 Th 2, 3-4).L’auteur voit, dans la dépravation et la violence qui ravagent nos sociétés, les signes avant-coureurs de ce qui se passera quand l’iniquité aura le champ libre, au temps de la puissance de l’Antichrist. Il répond à l’objection que le mal a toujours existé et que notre époque n’est ni pire ni meilleure que les précédentes, en précisant que le problème n’est pas seulement le degré, croissant ou non, du mal, mais « le temps » qui nous sépare de l’épreuve, et dont Paul avertit qu’il « se fait court » (1 Co 7, 29). Considéré comme « prophète de malheur », par des chrétiens pour qui le plus grand danger n’est pas le « refroidissement de l’amour », ni la « croissance de l’iniquité » (cf. Mt 24, 12), mais l’« hystérie religieuse », l’auteur estime que c’est d’eux qu’a prophétisé Jérémie en ces termes: « Ils pansent à la légère la blessure de mon peuple en disant: "Paix!" alors qu’il n’y a point de paix. » (Jr 6, 14 = 8, 11). Il se réjouit de ce que d’autres prennent au sérieux l’avertissement de l’apôtre Pierre : « Sauvez-vous, de cette génération dévoyée ! » (Ac 2, 40). Dieu, croit-il, en fera des « Guetteurs » qui avertiront les Églises de la venue du « Prince de ce monde » (cf. Jn 12, 31 et parallèles) et exhorteront les persécutés à garder l'espérance (cf. Col 1, 23) jusqu'à la fin, comme l’a dit le Christ : « Quand cela commencera d'arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. » (Lc 21,28).

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L'apologie qui nuit à l'Église: Révisions hagiographiques de l’attitude de Pie XII envers les Juifs

Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

Depuis quelques décennies, de nombreux auteurs catholiques s’efforcent de justifier l’attitude de la hiérarchie religieuse à l’égard des juifs, au fil des siècles, et plus particulièrement celle qui fut la sienne à l’époque de la Shoah. Circonstance aggravante, aux yeux de l’auteur : les autojustifications dont se pourvoit l’Église d’aujourd’hui. Et d’évoquer, entre autres textes, la prise de position militante du pape Benoît XVI en faveur de son lointain prédécesseur, dans une homélie prononcée le 9 octobre 2008, à l'occasion des 50 ans de la mort de Pie XII. Il y invoquait le radio-message de Noël (décembre 1942), dans lequel le pontife du temps de guerre déplorait la situation des « centaines de milliers de personnes! qui, sans aucune faute de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement ». L’auteur estime que cette longue et âpre polémique est pour beaucoup dans l’exacerbation des répliques des défenseurs de l’institution ecclésiale et de sa hiérarchie, dont les excès apologétiques, causent souvent autant de dommages à la réputation de l’Église que les accusations stridentes et parfois injustes de ses détracteurs. Il procède à des analyses de cas, dont il prévient que certaines pourront irriter, voire scandaliser celles et ceux qui voudraient que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes religieux, et qui, pour discréditer toute remise en cause, même sincère et documentée, de l’institution ecclésiale et de ses prélats, accusent leurs auteurs de volonté de nuire à la religion chrétienne. Il affirme que sa démarche veut s’inscrire dans la ligne de ce qu’écrivait un pape du XIXe siècle, Léon XIII : « L’historien de l’Église sera d’autant plus fort pour faire ressortir son origine divine [...] qu’il aura été plus loyal à ne rien dissimuler des épreuves que les fautes de ses enfants, et parfois même de ses ministres, ont fait subir à cette épouse du Christ dans le cours des siècles [...] ». Il souhaite que les chrétiens, leurs dignitaires et leurs pasteurs, entrent dans une démarche de pénitence et de repentance, sincère et totale. Selon lui, de longs siècles d’exaltation excessive de la sainteté de l’Église et de ! ses ministres ont contribué à forger un mythe que la théologie a la possibilité de faire voler en éclats sans porter atteinte à la dignité de l’Église. Pour ce faire, estime l’auteur, plutôt que de rendre hommage, voire d’accorder des distinctions honorifiques à des apologètes exaltés et peu regardants sur le choix des « preuves » qu’ils assènent à leurs contradicteurs, l’Église gagnerait à souligner et à actualiser l’appel à la pénitence qui parcourt toutes les Écritures, et à y répondre, avec ses fidèles, par la conversion du cœur et la reconnaissance publique de ce qui fut regrettable dans l’attitude de la chrétienté d’alors. C’est, selon lui, le seul moyen de toucher le cœur de Dieu et celui de nos contemporains.

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Dieu a rétabli son Peuple. Témoigner devant l’Église que Dieu a restitué au Peuple juif son héritage messianique


Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

D’entrée de jeu, l’auteur pose deux questions: « Comment porter un témoignage qui se veut prophétique sans faire schisme ? », et « Comment faire entendre dans l’Église une révélation dite "privée" ? ». Il y répond en citant des autorités ecclésiales, dont Joseph Ratzinger lui-même, qui reconnaissent la possibilité d’un témoignage prophétique, dans la mesure où il ne contrevient pas au « dépôt de la foi » ni n’entraîne les fidèles dans une révolte contre l’Église. Toutefois, la nature de ce Témoignage ne facilite pas l’adhésion à sa teneur. En effet, il proclame que « Dieu a rétabli le Peuple juif dans ses prérogatives messianiques originelles ! », ce qui va apparemment à l’encontre de la conception chrétienne selon laquelle, suite à sa non-reconnaissance de la messianité du Christ, le Peuple juif s’est disqualifié et a été remplacé par l’Église, qui se considère comme le « nouvel Israël ». Se plaçant dans une perspective eschatologique, l’auteur de ce Témoignage et les fidèles qui y adhèrent confessent leur foi en la réalisation historique des oracles prophétiques annonçant la révolte des nations contre le rétablissement d’Israël par Dieu, et mettent en garde les Chrétiens de ne pas pactiser avec celles qui se ligueront « contre le Seigneur et contre son Oint » (cf. Psaume 2). Tout en reconnaissant que la croyance en l’accomplissement des prophéties est au cœur du message et de l’enseignement ! du Nouveau Testament et que nombre d’ouvrages de théologie en traitent, aussi abondamment que doctement, l’auteur s’étonne que, sauf exception, les biblistes et les exégètes qualifient de « littéraliste », voire de « fondamentaliste », toute prise au sérieux des oracles qui annoncent le rassemblement progressif (cf. Jr 3, 14) du Peuple juif sur sa terre d’antan. Selon l’auteur, « La Parole en est garante : il se produira, l’aboutissement ultime du dessein de Dieu, auquel s’opposent déjà, et s’opposeront encore plus violemment les nations rebelles, à "l’heure de l’épreuve qui va fondre sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre" (Ap 3, 10). Jusqu’à ce que Dieu intervienne enfin pour parachever l’événement. » Il convient toutefois qu&rs! quo;il est pour le moins téméraire de tenter d’entrevoir les modalités concrètes du refus qu’opposeront – il le prévoit – les nations qui ne croient pas au Dieu d’Israël, dont, hélas, bon nombre de Chrétiens, à ce dévoilement inattendu d’un dessein de Dieu qu’elles n’avaient pas anticipé. Se fondant sur l’affirmation surprenante qui conclut une longue mise en garde prophétique de Paul : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde » (Rm 11, 32), l’auteur exhorte les Chrétiens à ne pas « trébucher », à leur tour, en refusant de croire que Dieu est à l’origine de ce développement inattendu et, pour beaucoup d’entre eux, inadmissible.

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Si les chrétiens s'enorgueillissent. À propos de la mise en garde de l’apôtre Paul (Rm 11, 20)


Menahem R. Macina
; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

Les deux premières parties de ce livre constituent une anthologie des affres et des conséquences de l’affrontement doctrinal et religieux multiséculaire qui opposa, de manière souvent dramatique, les deux confessions de foi, rivées l’une à l’autre autant que rivales l’une de l’autre. Intitulée « “Vos frères qui vous haïssent...” » la 1ère partie illustre cet état d’esprit par de nombreux extraits de textes antijudaïques, depuis les origines jusqu’au milieu du XXe s., identifiés dans de nombreux manuels d’enseignement religieux des XIXe et XXe siècles, et par une anthologie de propos émis par des papes et par la presse catholique entre 1870 et 1938. Intitulée « Un “autre regar! d” : L’Église redécouvre le peuple juif », la 2ème partie retrace et analyse la découverte progressive par les chrétiens, entre 1920 et 1950, de la nature préjudiciable de leur attitude à l’égard du peuple juif ; un examen de conscience qui donna lieu à des rencontres informelles, puis à des tentatives officieuses de nouer des relations positives entre chrétiens et juifs, mais buta sur le « hors de l’Église, pas de salut ». Dans la troisième partie, intitulée « Résistance à l’apostasie », le lecteur découvrira que, loin d’être un brûlot négatif, ce livre veut montrer qu’au travers des lenteurs et des résistances humaines, l’Esprit de Dieu mène irrévocablement à son terme son dessein de salut de tous les homme! s, qui passe par la reconstitution de son peuple parvenu à sa plénitude messianique et par la fusion, en son sein, des nations chrétiennes restées fidèles au temps de l’épreuve ultime. L’auteur souhaite : – Que les chrétiens découvrent, dans le récit biblique de la séparation entre le royaume d’Israël et celui de Juda (cf. 1 R 12), la préfiguration du schisme entre l’Église et le judaïsme. - Qu’à la lumière des Écritures juives et chrétiennes, ils comprennent que la réunion « des fils de Juda et des fils d’Israël » (cf. Os 2, 2) est le type prophétique de celle des chrétiens et des juifs qui constitueront «l’Israël de Dieu» (cf. Ga 6, 16). – Qu’ils s’imprègnent de la typologie scripturaire, selon laquelle les «deux bois» (Joseph et Juda) en constituent « un seul » (cf. Ez 37, 19), et que « des deux, [le Christ] a fait un » (cf. Ep 2, 14), « l’un et l’autre » ayant, « en un seul Esprit, libre accès auprès du Père » (v. 18). – Qu’avec la tradition rabbinique, ils croient que « tout Israël a part au monde à venir » (Michna Sanhedrin 10, 1), et avec Paul, que « tout Israël sera sauvé » (cf. Rm 11, 26). L’auteur espère sensibiliser les chrétiens à la typologie trinitaire de l’unité des juifs et des chrétiens, que le Christ a faits « un, comme [son] Père et lui sont un » (Jn 17, 22), sans que soit modifié le dessein éternel du Créateur, tant dans l’ordre ontologiq! ue (« le Juif d’abord, le Grec [non-Juif] ensuite », cf.Rm 1, 16), que dans l’ordre sotériologique : « le salut vient des juifs » (cf. Jn 4, 22).

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Un voile sur leur cœur. Le « non » catholique au Royaume millénaire du Christ sur la terre


Menahem R. Macina
; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

L’auteur précise d’emblée que le millénarisme dont il traite dans cet essai est celui que l’on désigne sous le nom de « pré-millénarisme ». À ce propos, il se pourvoit de la définition d'un spécialiste : « Les pré-millénaristes professent que quand le Christ reviendra il y aura un réel royaume de mille années du Christ en tant que roi sur la terre. Pour les a-millénaristes, le règne millénaire du Christ est une réalité actuelle, le nombre “mille” est interprété comme une figure de style en forme de synecdoque. En d’autres termes, le chiffre limité de mille véhicule la totalité [...]. Tout en prenant acte que la croyance en un règne millénaire du Christ sur la terre, surtout so! us sa forme pré-millénariste, est tombée en discrédit dans l’Église catholique, l’auteur insiste sur le fait qu’elle n’est pas réputée hérétique. Il prévient qu’il a volontairement circonscrit son examen de ce phénomène à deux types de textes spécifiques : ceux du Catéchisme de l’Église catholique ayant trait à l’eschatologie, et ceux de quelques déclarations papales. L’imperfection, voire l’inadéquation avec le donné de la Révélation, de certaines prises de position officielles en cette matière, lui ont paru nécessiter une mise au point et un approfondissement. Conscient qu’il risque d’être taxé de polémiste et de fauteur de contestation de l’institution ecclésiale, il n’en affirme pas moins avec force que l’honnêteté intellectuelle et spirituelle l’oblige à faire état de plusieurs cas de mauvaise foi flagrante, présents dans certains textes d’Église et dans leurs commentaires théologiques subséquents, dont le but est visiblement de donner raison, coûte que coûte, à l’autorité. À quoi s’ajoute, souligne-t-il la difficulté supplémentaire que constitue l’antagonisme multiséculaire entre catholiques et réformés, rendu plus aigu encore par le fait que la croyance en un règne du Christ sur la terre avant la fin du monde est assez largement répandue en milieu évangélique et pentecôtiste, sous sa forme la plus honnie en catholicité : le pré-millénarisme. Tout en concédant que les controverses théologiques ont toujours existé dans l’Église et qu’il n’y a pas lieu de s’en inquiéter outre mesure et encore moins de les envenimer, mais qu’il faut laisser le temps et la réflexion faire leur œuvre, l’auteur ne cache pas que l’hostilité, voire la dureté flagrantes des arguments de l’autorité magistérielle laissent une impression de malaise et donnent à penser que quelque chose de plus fondamental et de non dit est en jeu. Son livre poursuit deux buts, l’un historique, retraçant dans ses grandes lignes la genèse et l’évolution de la polémique théologique, l’autre, parénétique, avertissant les pasteurs et les théologiens du dommage spirituel qu’ils causent aux fidèles en les détournant d’une doctrine qu’ils ne comprennent ni n’admettent plus, faisant ainsi bon marché de la doctrine de Pères de l’Église aussi considérables et orthodoxes que Justin Martyr et surtout Irénée de Lyon, qui, en leur temps, réputaient hérétiques les chrétiens ennemis de cette doctrine dont il est clair qu’elle remonte en droite ligne à Jésus lui-même, et aux presbytres ses disciples.


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Confession d'un fol en Dieu


Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

L’histoire des sociétés et celle de l’Église ont largement documenté les désordres causés, au fil des siècles, par les annonces, données pour prophétiques, de l’imminence du « temps de la fin », véhiculées par des prédicateurs persuadés d’être chargés par Dieu de prévenir l’humanité et de l’appeler à la pénitence. Ces faits – qui ont souvent eu des conséquences religieuses et sociales graves –, prouvent que la ferveur et la sincérité ne prémunissent pas de l’erreur celles et ceux qui se croient investis de cette mission, ni les auditeurs qui y accordent créance. Toutefois, Paul, qui a été confronté à une agitation eschatologique prématurée et y a résisté, n’en a pas tiré la conséquence que les événements, annoncés à tort comme imminents, n’auraient jamais lieu. Au contraire, il en a confirmé la réalisation, et détaillé les circonstances. Et s’il n’a pas précisé ce qu’il y aurait lieu de faire alors, il n’en a pas moins donné des consignes générales qu’il ne faudrait pas négliger. À tous d’abord : « tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre. » (2 Th 2, 15) ; puis à Timothée : « garde le dépôt » (cf. 1 Tm 6, 20).D’autres passages du NT donnent aux croyants qui se préparent dès maintenant aux événements eschatologiques, des consignes pré! cises. Y sont mentionnées quatre vertus indispensables pour ne pas apostasier ni suivre l’Antichrist : fermeté, vigilance, patience, constance. Le Christ lui-même a dûment averti ses disciples de rester vigilants pour ne pas se laisser surprendre par la soudaineté de la venue du Jour du Seigneur. On notera également la réitération, dans plusieurs passages du NT (cf. Mt 24, 42-44 ; 1 Th 5, 4-8 ; 2 P 3, 10-12 ; Ap 3, 3 ; 16, 15), de la métaphore prégnante du « voleur », qui avertit du caractère soudain et imprévisible de l’avènement du Jour du Seigneur. Ces citations constituent une précieuse anthologie néotestamentaire de textes relatifs aux événements ultimes qui précéderont le retour du Christ, et des vertus dont les croyants doivent faire preuve en tout temps pour ne pas se laisser entraîner à l’apost! asie ni se rallier à l’Antichrist, lorsqu’adviendra la courte mais terrible période de son règne maléfique. L’Apôtre a prévenu : « Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et ils se détourneront de l’écoute de la vérité pour se tourner vers les fables » (2 Tm 4, 3-4). L'auteur invite les croyants à entrer, par la méditation et la prière, en communion avec les nombreux fidèles qui se croient seuls, comme Élie, au milieu d’un monde de plus en plus éloigné de Dieu et d’une chrétienté assoupie, « car c’est pour eux qu’est la promesse, ainsi que pour leurs enfants et pour tous ceux qui sont au loin! , en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Ac 2, 39).

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La pierre rejetée par les bâtisseurs: L’« intrication prophétique » des Écritures


Menahem R. Macina ; Tsofim, Limoges, éditeur ; Publié par Smashword

L’auteur a remarqué une particularité du texte biblique qui présente une analogie avec un phénomène mis en évidence par la mécanique quantique. Il semble en effet – pour paraphraser une définition de ce phénomène – que, dans certaines conditions, deux passages bibliques se retrouvent dans un état d’intrication, tel qu’ils ne forment plus qu’un seul système dans un sens subtil. Dès lors, toute observation effectuée sur l’un des passages affecte l’autre, et ce quelles que soient leurs différences littéraires et la distance chronologique qui les sépare. C’est le cas du Psaume 69, 6, qui, parmi plusieurs oracles prophétisant les souffrances du Christ, émet ces mots qui semblent s’appliquer au peuple juif par intrica! tion prophétique : « Ô Dieu, tu sais ma folie, mes offenses sont à nu devant toi ». Or le Christ des chrétiens n’a pas péché. Autre cas : la prescription du livre de l’Exode concernant l’agneau pascal : « Vous ne briserez aucun de ses os » (Ex 12, 46 ; Nb 9, 12), que l’Évangile de Jean considère comme une prophétie dont l’accomplissement a lieu quand le centurion, constatant que Jésus est déjà mort, s’abstient de lui briser les jambes (Jn 19, 36). Le titre du livre illustre le changement radical de perspective qu’induit cette découverte.

Pour les chrétiens, Jésus est « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs », dont le Psaume 118 (v. 22), suivi par le Nouveau Testament (Mt 21, 42 ; Ac 4, 11, etc.), affirme qu’elle « est devenue la pierre d’angle ». Pourtant, il se peut que ce verset ait aussi, une autre portée, eschatologique, en la personne collective du peuple juif qui, au temps connu de Dieu, constituera, à son tour, cette pierre, rejetée par les nations, dans l’indifférence complice d’une partie de la chrétienté (cf. Mt 5, 13 et Rm 11, 20), persuadée que c’est elle qui porte la racine alors que c’est l’inverse (Rm 11, 18). Il est écrit en effet : « en ce jour-là je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples, et tous ceux qui la soulèveront se blesseront grièvement. Et contre elle se rassembleront toutes les nations de la terre. » (Za 12, 3). Si cette particularité est bien inhérente à la portée prophétique dont Dieu a « équipé » sa Parole, il se peut qu’elle aide les chrétiens à entrer dans ce « mystère [...] porté à la connaissance de toutes les nations afin qu’elles obéissent à la foi. » (Rm 16, 25-26). C’est peut-être, suggère l’auteur de cette obéissance-là que parle Pierre, en ces termes : « À vous donc, qui croyez, l’honneur, mais pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée les constructeurs, celle-là est devenue la tête de l’angle, pierre d’achoppement et roc qui fait tomber » (1 P 2, 7-8). Or, les chrétiens croient que seul le judaïsme incrédule est visé par cet oracle, alors qu’il a aussi pour but de les mettre en garde de ne pas rejeter le dessein de Dieu, sous peine d’être « retranchés, eux aussi » (cf. Rm 11, 22), comme il est écrit : « Avec colère, avec fureur, je tirerai vengeance des nations qui n’ont pas obéi » (Mi 5, 14).

 

Tsofim, 07 mai 2014

  

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Date de dernière mise à jour : 04/06/2014