Newsletter du 3 juin 2014

Les dirigeants officiels du Judaïsme en Israël sont-ils fidèles à la tradition rabbinique s'ils méprisent le Christianisme ?

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Je viens de constituer la première partie (documentaire) d’un gros dossier consacré à une question douloureuse qui découle du contentieux, aussi tenace que non apuré, entre certains responsable sintransigeants des religions juive et chrétienne. Son titre expose clairement, voire brutalement, la problématique : « Les dirigeants officiels du Judaïsme en Israël sont-ils fidèles à la tradition rabbinique s’ils méprisent le Christianisme ? »

Je vous en recopie ci-dessous l’Avant-propos, pour vous appeler à la réflexion, au discernement et à l’échange fraternel à ce propos.


Et je vous souhaite de bonnes fêtes de Shavouot/Pesah !


Menahem

 

Éphraïm ne jalousera plus Juda et Juda ne sera plus hostile à Éphraïm. (Is 11, 12)

 

En traduisant en français les réflexions de Rabbi Goshen-Gottstein à propos du bref pèlerinage du Pape en Terre sainte (« Dix enseignements à retenir du pèlerinage du Pape François », je ne me doutais pas du trouble qu’allait causer mon initiative chez quelques internautes amis inconditionnels des Juifs et d’Israël. À cette occasion, j’ai pu mesurer, une fois de plus, combien la nature humaine est manichéenne. Elle préfère le noir et blanc à la nuance ; le combat entre la lumière et les ténèbres, à la prise en compte de la complexité des intérêts antagonistes ; les schémas « bien-mal », « bon-méchant », à la reconnaissance que notre pire ennemi est persuadé d’être dans son bon droit en nous combattant et en nous haïssant. Bref, chacun(e) est persuadé de la justice de sa propre cause, et/ou de celle à laquelle il s’est rallié.

Donc, des ami(e)s et relations ont été profondément peinés, voire scandalisés de ce que j’aie relayé – avec une empathie que je ne dissimule pas –, la dure critique du comportement hostile des autorités rabbiniques israéliennes, en réaction à la visite du Pape, qu’exprime A. Goshen-Gottstein dans son article récent.

Quiconque me lit et connaît mon combat inlassable contre l’antijudaïsme chrétien, dont témoignent nombre de mes écrits (quelques échantillons dans certaines rubriques de la section « Judaïsme et Christianisme » de mon site Tsofim.org), ne peut décemment pas me suspecter de chercher à diaboliser le Judaïsme et Israël, en général, ni l’establishment religieux israélien, en particulier. Mes interlocuteurs m’en ont rendu témoignage. Raison de plus, m’ont-ils objecté, pour que ce gage donné par vous à nos ennemis apparaisse comme incompréhensible.

Ma propension à l’empathie me permet de ressentir leur frustration, voire leur détresse, mais ce n’est pas une raison suffisante pour que, comme le font tant de nos coreligionnaires, nous nous voilions la face devant la réalité, ou pire, que nousrefusions de l’examiner en toute justice.

Oui, une immense majorité d’Arabes, surtout musulmans, un nombre croissant de Chrétiens mal-croyants, et des légions d’agnostiques sont hostiles aux Juifs, en général, et à Israël, en particulier. Oui, les plus radicaux d’entre eux, endoctrinés, élevés dans la haine depuis l’enfance, commettent des crimes abominables. Oui, nous avons souvent à leur égard des réactions d’une haine, parallèle à la leur. Oui, il est compréhensible qu’un si lourd présent, joint à la mémoire d’un non moins lourd passé d’antijudaïsme et d’antisémitisme, nous pousse à l’intransigeance, voire nous emplisse d’une rage impuissante qui nous rend incapables d’objectivité.

J’accepte par avance d’être considéré comme un chercheur en chambre qui disserte, subtilement et à distance, d’un conflit qui tue tant d’innocents, tandis qu’il est lui-même épargné (maispour combien de temps ?). C’est le prix à payer pour aller au bout de la quête de vérité que j’ai entreprise il y a quelque cinquante-six ans... Je sais maintenant qu’il ne s’agit pas d’une question historique que la recherche scientifique résoudra un jour, ni d’un conflit historico-politique dont la diplomatie viendra finalement à bout. J’ai enfin compris qu’il s’agit d’une entreprise spirituelle, voire mystique, d’une telle envergure que l’être humain ne peut en être partie prenante sans l’aide de Dieu.

Nous avons souvent l’impression que rien ne change. Que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, et donc qu’il n’y a qu’à « faire de son mieux », là où le hasard (la Providence plutôt !), a placé notre infime existence sur la ligne d’un temps immémorial et sur la portion d’espace géographique limitée où nous jouerons notre rôle, mémorable ou dérisoire, mais à coup sûr historiquement limité. Dois-je insister sur ce qu’a d’étriqué, voire dedésespérant une telle vision des choses ?

Je m’adresse ici à des croyants – principalement à des Chrétiens et à des Juifs – et c’est pourquoi je les invite à entrer résolument dans cette quête de vérité sans compromis, quel qu’en soit le prix. Ce sera une longue marche, aride et parfois décourageante, mais l’entreprise en vaut la peine. Et d’ailleurs, les circonstances ne nous laissent pas le choix.

Je propose donc ici une première approche de cet immense questionnement. Il consiste en un survol de l’évolution de la relation conflictuelle entre Chrétiens et Juifs, sur la base d’un matériau textuel, qui est loin d’être exhaustif mais qu’il est indispensable de connaître si l’on veut savoir de quoi il est question. Parmi les textes qui suivent (que j’ai choisis en suivant mon intuition, sachant bien  qu’il en existe beaucoup d’autres tout aussi utiles), on ne s’étonnera pas de trouver des textes de mon cru qui ont paru dans des articles et des ouvrages antérieurs.

J’ai surtout pris soin de mettre en évidence le fait que la littérature rabbinique tant ancienne que moderne n’a pas toujours considéré le Christianisme comme une idolâtrie, et même que s’y expriment des vues positives surprenantes qu’il convient d’examiner et éventuellement d’actualiser. Je ne prétends pas que mes conceptions personnelles et la mystique scripturaire et traditionnelle qui les sous-tend sont la meilleure manière d’aborder les problèmes extrêmement difficiles à peine effleurés dans ce travail. Et il va de soi que je compte bien en poursuivre l’étude et l’analyse dans les mois et les années à venir si le Seigneur m’accorde la vie et la grâce à ce nécessaires.

Enfin, il va de soi que les réactions des internautes qui liront ces lignes ont toute leur importance, pourvu qu’elles s’abstiennent de polémique et/ou de prosélytisme, et s’en tiennent à une contribution constructive.

 

Ce dont je les remercie par avance.

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Date de dernière mise à jour : 03/06/2014