La bénédiction des couples homosexuels dans certains milieux protestants


Communiqué de l'Église protestante unie de France (EPUdF), lors de son synode national du 17 mai 2015, au cœur d’une décision de quatre pages, […] a notamment [été] adopté le paragraphe suivant :

« Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie. Il ouvre la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. »


En clair, cet acte liturgique est l’équivalent de ce que les catholiques appellent le « sacrement de mariage ». Autrement dit, l’Église (protestante) entérine officiellement l’union de deux fidèles de même sexe, attestant ainsi qu’elle considère leur engagement mutuel comme conforme à la loi et à la volonté divines.

 

Quelques réactions protestantes


Daniel Liechti, (missiologue et pasteur, Vice-président du CNEF) estime qu’il existe un décalage entre les Écritures et la décision des délégués de l’EPUdF. « Il est inconcevable de prononcer une bénédiction quand les textes bibliques sont aussi flagrants », indique-t-il, en référence aux condamnations explicites de l’homosexualité dans plusieurs passages bibliques. « Cela rappelle avec force que pour les uns, l’Écriture est d’origine divine et faisant autorité, et pour les autres, qu’il ne s’agit que d’un témoignage des chrétiens de l’époque. »

Communiqué du CNEF (18 mai 2015) *

Précédée par toute une réflexion sur le sens de la bénédiction, cette décision repose néanmoins sur des choix contestables. Le premier d’entre eux, c’est de confondre le souci louable d’accueillir en Église les personnes homosexuelles avec la bénédiction d’une pratique condamnée sans équivoque par la Bible. C’est ensuite de faire de la bénédiction un simple accompagnement de la volonté des personnes demandeuses au lieu d’en faire une occasion pastorale de découverte, avec elles, de la volonté de Dieu. C’est enfin de promouvoir une grâce à bon marché bien éloignée de l’Évangile de Jésus-Christ et de ses exigences en matière d'éthique de vie. Pour toutes ces raisons, alors qu’il est interrogé par de nombreux médias, le Conseil national des évangéliques de France juge nécessaire de rappeler que tous les protestants n’approuvent pas cette décision, en particulier les protestants évangéliques qui représentent plus de 70% des pratiquants réguliers du protestantisme en France. Pour autant, ces derniers ont le souci d’accueillir dans leurs Églises toutes les personnes, quel que soit leur arrière-plan social, culturel, religieux voire leur orientation sexuelle.

Mais ils ont soin de préciser qu’accueillir ne veut pas forcément dire cautionner. En outre, ils ne veulent pas simplement suivre les tendances de la société, mais exprimer, à l’exemple des premiers Réformateurs, une voix libre. Leur préoccupation est avant tout d’appeler tout homme et toute femme à se convertir à Jésus-Christ, puis de les accompagner, avec sensibilité et respect, en les aidant à vivre selon l’Évangile. Nul doute que la décision de l’Église Protestante Unie marquera de façon négative les relations qu’elle entretient avec les protestants évangéliques et compliquera aussi les relations avec les autres Églises.

* Le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) a été créé officiellement le 15 juin 2010. Organe représentatif, il rassemble plus de 70% des évangéliques et plus d’une centaine d’organisations para-ecclésiastiques. Il est membre de l’Alliance évangélique européenne et de l’Alliance évangélique mondiale.

 

Ma réaction personnelle

Bien que n’ayant aucun mandat à ce faire mais poussé par ma conscience, je renvoie celles et ceux qui ont cru devoir promulguer cette décision – que j’estime erronée et contraire à l’Écriture Sainte ainsi qu’à l’enseignement des traditions chrétiennes depuis les origines – à la réaction scandalisée de l’apôtre Paul à une conduite désordonnée dans l’église de Corinthe :

« On n'entend parler que d'inconduite parmi vous, et d'une inconduite telle qu'il n'en existe pas même chez les païens ; c'est à ce point que l'un de vous vit avec la femme de son père ! Et vous êtes gonflés d'orgueil ! Et vous n'avez pas plutôt pris le deuil, pour qu'on enlevât du milieu de vous celui qui a commis cet acte! » (1 Co 5, 1-2).

 

© Menahem Macina

18 mai 2015

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Mise à jour 21 mai 2015

« Le week-end dernier, lors de son assemblée générale annuelle, l'Église [presbytérienne d'Écosse] a décidé (par 309 voix contre 182) d’autoriser l’ordination de pasteurs pacsés. L’année dernière, elle avait (par 369 votes 189) accepté l’ordination de pasteurs ouvertement gays. L’Église d’Ecosse ne participe pas à la dénaturation du mariage (qu’elle se refuse toutefois de condamner) mais tout le monde comprend désormais que ce n’est plus qu’une question de mois ou d’années. Une participante aux débats en 2009, 2011 et 2013 explique que la préoccupation de l’institution n’est plus de discerner la volonté de Dieu dans les Ecritures » mais de retenir un maximum de monde alors que le bateau prend l’eau. « Écosse : en crise. La première dénomination protestante cède aux lobbies LGBT », sur le site Nouvelles de France, 20.05.2015 (information aimablement communiquée par O. Peel).

Voir aussi Le mariage Gay et l’ébranlement de l’Église d’Écosse, par David Robertson

 

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Date de dernière mise à jour : 21/05/2015