Charte spirituelle des "Guetteurs" selon Tsofim (III)

III. Nous ne sommes ni un mouvement d’Église ni un mouvement, quel qu'il soit

 

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On nous demande souvent si nous sommes un mouvement d’Église et, sur notre réponse négative, on s’étonne que nous ne le soyons pas. Certains nous soupçonnent de constituer un groupe marginal, voire sectaire, que l’Église n’approuve pas, ou même qu’elle récuse.

Voici ce qu’il en est exactement.

Ce fut la volonté des premiers membres du groupe que nous formons, de ne pas ajouter une famille spirituelle ou religieuse à celles, nombreuses et vénérables, qui ont fait la preuve de l’authenticité et de l’efficacité du charisme de leur fondateur pour l’édification du Corps universel de l’Église. Conscients de la singularité de leur démarche, et pour ne pas mettre les autorités religieuses dans l’embarras, les promoteurs de notre initiative n’ont pas voulu ériger notre groupe en association, même informelle, de fidèles, ni solliciter pour lui une reconnaissance ecclésiale. Il suffit de lire cet extrait du projet de la profession de foi des « Guetteurs », en cours d'élaboration, pour comprendre le bien fondé de cette décision:

« L’esprit qui nous anime nous pousse à inviter les Chrétiens à croire que Dieu a pleinement rétabli le Peuple juif dans ses prérogatives d’antan – qui n’avaient jamais été abolies –, et à "porter un fruit digne du repentir" (cf. Mt 3, 8), pour l’avoir persécuté ou laissé persécuter, au fil des siècles, puis abandonné à la mort, et à la mort de l’Extermination. »

Il est clair en effet, que, même s’ils acceptaient de confesser leur culpabilité – au moins solidaire –, dans la discrimination et les mauvais traitements dont les Juifs ont été victimes de la part de leurs devanciers, au fil des siècles, ni les autorités religieuses, ni le Peuple chrétien dans son ensemble, ne seraient prêts, au stade actuel, à faire leur notre foi au rétablissement, déjà accompli, du Peuple juif.

C’est parce que nous sommes conscients de la difficulté théologique considérable que constituera, pour la théologie chrétienne, une telle conception – et davantage encore tout débat public la concernant –, que nous choisissons d’agir de manière indépendante et sans mandat ni approbation formels de l’Église (mais pas à son détriment). Ainsi, il n’y aura pas d’ambiguïté : nul ne pensera que nous parlons au nom de l’Église, ou que nous bénéficions de son approbation tacite.

Pour ce qui est de l’aspect fonctionnel de notre initiative, nous accueillons quiconque veut faire sienne notre démarche (même sans adhérer formellement à notre foi dans le rétablissement déjà accompli du Peuple juif), et accepte de prononcer la formule pénitentielle suivante:

Nous avons besoin de pardon. Car nous avons contribué à travers les siècles à la "séparation" des Juifs. Nous les avons considérés comme étrangers, alors qu’ils sont nos pères selon l’esprit. Nous avons été parfois les instigateurs, parfois les complices, parfois les témoins, indifférents ou lâches, de toutes les persécutions qui les ont décimés […] Nous nous sommes souvent reposés, mensongèrement […] sur notre sécurité de « Nouvel Israël », satisfaits d’avoir, nous du moins, le secret de ce mystère. Et nous avons méprisé l’avertissement redoutable de l’Apôtre : « Tu subsistes par la foi. Ne t’enorgueillis pas, mais crains… » (Rm 11, 20) […] Père, pardonne-nous, pardonne-nous… [7]


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[7]
Cette prière a été composée par le pasteur Pasteur Charles Westphal, alors vice-président de la Fédération Protestante de France ; elle a paru dans le Premier Cahier d’études juives (avril 1947), de la revue Foi et Vie qu’il dirigeait. 

 

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Date de dernière mise à jour : 15/03/2014