La Loi de Moïse: un «code de la route», formel et tatillon

Une religieuse catholique qui croit que Dieu a rétabli Son peuple juif, m’a transmis l’homélie dont on lira le texte plus loin. A l’en croire (et je la crois) rien là d’exceptionnel : un nombre considérable de sermons dominicaux sont de la même eau.

Ci dessous quelques lignes de mon cru pour introduire ce texte navrant. Elles seront suivies d’un mien poème qui dit, sans ménagement, ce qui attend les contempteurs du peuple que Dieu s’est choisi.

 

Pour ce religieux catholique, la Loi de Moïse est un « code de la route », formel et tatillon... Mais pourquoi, diable (euh ! pardon... Dieu !), tant de chrétiens ont-ils besoin des Juifs comme faire-valoir de leur religion... Cela me rappelle furieusement le pharisien caricatural décrit dans l’évangile (cf. Lc 18, 10-14), dont on voudra bien pardonner le pastiche cruel que j’en fais (on se rebiffe comme on peut !...)

« Deux hommes priaient, chez eux, avant d’aller dormir. L'un était Chrétien et l'autre Juif. Le Chrétien, la tête haute, priait ainsi mentalement: Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères. Et surtout pas comme les Juifs qui s’accrochent à une Loi désuète et tatillonne, privée de toute valeur depuis la venue de notre Christ. Je vais au culte ponctuellement chaque semaine, et je fais l’aumône aux pauvres.  Le Juif, la tête inclinée, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non. Car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé. »

 

Homélie pour le 6e Dimanche ordinaire. Année 2014

[Du religieux évoqué ci-dessus. J'ai cru utile de mettre en rouge les passages qui illustrent le procédé - que je n'ose pas qualifier de littéraire, tant il est apologétique. Il me fait penser à ces "réclames" vieillottes qui peuplaient jadis les journaux et magazines bon chic bon genre, et dont la plus inoubliable consista longtemps à garantir aux chauves une chevelure à la Samson, sous réserve qu'ils se soumettent au traitement-miracle du Docteur machin-chouette. Pour illustrer l'efficacité foudroyante du produit, deux photos en noir et blanc illustraient le miracle: celle de gauche représentait un homme au crâne genre boule de billard, et s'intitulait: "AVANT...". L'autre représentait un chevelu plus vrai que nature et s'intitulait, en capitales grasses: "APRÈS!"]


« Je ne suis pas venu
abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir ». [Mt 5, 17]

  

Comme beaucoup parmi vous [c'est le religieux qui prêche], j’ai le permis de conduire. Je peux conduire tout simplement en respectant le code de la route, mais sans plus. Certainement, comme tout le monde, il m’arrive de faire quelques écarts à ce code, d’aller au-delà de ce qui est permis : un petit excès de vitesse sur une ligne droite, un dépassement un peu osé, etc. Vous voyez ce que je veux dire.

Mais voilà qu’on vient m’expliquer le pourquoi de toutes ces lois, de ces mesures, de ce code. Le code de la route est fait pour la bonne marche du trafic des voitures sur la route. Mais sa raison profonde, c’est le respect des autres usagers de la route. Si je me mets à conduire en pensant aux autres, en respectant leur vie et la mienne, le code de la route prendra pour moi un tout autre sens et je n’aurai jamais fini de surveiller ma conduite, l’état de mon véhicule et même les conditions atmosphériques.

Les juifs n’ont que la loi de Moïse pour diriger leur vie. Cette loi n’est pas facile à vivre, elle gère tout de la vie du fidèle. C’est lourd, mais on peut toujours se mettre derrière cette loi en disant : « Je suis en règle, j’ai accompli la loi. »

Jésus arrive et nous dit que la loi sans amour, ce n’est pas suffisant. L’homme est créé à l’image de Dieu, et c’est pour cela qu’il est fait : aimer. Il va réaliser sa mission en recherchant le bonheur de ses frères. Vous voyez comment l’Amour va tout d’un coup illuminer la Loi et la transformer. Cette exigence ne nous est pas imposée mais elle vient du plus profond de nous-mêmes. Elle est le fruit d’un amour qu’on a choisi de vivre.

Avant l’arrivée de Jésus, lorsqu’on avait accompli la loi on pouvait se sentir en paix. Aujourd’hui, vivre l’Amour, ce n’est jamais fini : l’Amour, lui, est sans limite : « Si ton frère a quelque chose contre toi… » Avez-vous remarqué, Jésus ne dit pas : « si tu as quelque chose contre ton frère, mais il dit : « Si ton frère a quelque chose contre toi ». Il est vrai que depuis que Jésus est venu nous parler de l’Amour, on n’a plus le droit de dire : « les affaires des autres, ça ne me regarde pas ».

Exigence dure, presque impossible à vivre…Si Jésus nous demande une telle règle de vie c’est qu’il veut nous voir changer, il veut nous voir devenir meilleurs.

Autrefois, sous l’ancienne Loi, le fidèle pouvait passer toute sa vie à essayer d’appliquer les préceptes, sans que ça change son être profond… Avec la loi d’Amour que Jésus est venu nous apporter, c’est tout le contraire : on ne peut pas pratiquer la loi d’Amour sans que le plus petit de nos actes nous rapproche un peu plus de Dieu et nous fasse déjà participer au bonheur qu’il nous promet. Cette loi nous transforme jour après jour au point de nous faire devenir amour nous-mêmes.

Jésus est venu accomplir la Loi, la parfaire en l’imprégnant d’Amour. Son seul désir en agissant ainsi, c’est qu’à force de vivre cette loi, nous soyons transfigurés nous-mêmes par elle : elle n’est plus une obligation, mais parce qu’on la choisit librement, elle devient libération.

 

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"A la mémoire"


Le Juif dérisoire,

la tête à claques, l’exaspérant,

sort du prétoire :

“Ecce homo!” pour l’Innocent…

Peuples, ayez de la mémoire,

avant l’heure du jugement :

un jour, le Maître de l’Histoire

demandera le prix du sang

DES JUIFS…

 

C’est toi qui as mis la main sur l’épaule

de mon peuple qui trouble tout!

Nous, on a pas choisi ce rôle!

Seigneur, prends pitié de nous!

LES JUIFS…

 

On a tous les défauts du monde :

lâches, brutaux, bavards, sournois,

pacifistes, poseurs de bombes,

et cetera, et cetera…

LES JUIFS…

 

Heureusement que la mémoire

de notre peuple a trois mille ans :

les insultes contradictoires

ne nous émeuvent plus autant.

Sauf une, trop blasphématoire,

qui a traversé tous les temps :

SALES JUIFS !…

 

Dans leur conspiration immonde,

les «Protocoles de Sion»

trament de s’emparer du monde,

l’achetant à coups de millions!

P... DE SIONISTES !

 

Heureusement que la mémoire,

dans tout peuple, a ses vigilants :

le terme JUIF fait trop d’histoires,

disons SIONISTES, dorénavant!

Merci pour ce titre de gloire :

SION, c’est la Jérusalem d’antan,

CELLE DES JUIFS !…

 

Il est écrit qu’un jour, le monde

cherchera querelle à Sion.

Lors, tel un ouragan qui gronde,

contre elle viendront les nations :

« MORT AUX JUIFS ! »

 

Et pourtant les fours crématoires,

ne remontent pas à mille ans…

Peuples, aurez-vous de la mémoire,

ou vous conduirez-vous comme avant?

Si vos Justes ont de la mémoire,

ils s’uniront à l’Innocent

AUX JUIFS…

 

Le Juif dérisoire,

la tête à claques, l’exaspérant,

sort du prétoire :

“Ecce homo!” pour l’Innocent…

Peuples, ayez de la mémoire,

avant l’heure du jugement :

un jour, le Maître de l’Histoire

demandera le prix du sang

DES JUIFS…

 

C’est toi qui as mis la main sur l’épaule

de mon peuple qui trouble tout!

Nous, on a pas choisi ce rôle!

Seigneur, viens régner sur nous!

 

LES JUIFS

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Date de dernière mise à jour : 08/03/2014