Jésus est venu évangéliser les païens

Ce dimanche-là la liturgie proposait l'évangile suivant: (Mt 4, 12-23). J'en cite ici la portion courte (versets 12-17):

Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée, toi le carrefour des païens :
le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu se lever une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient
dans le pays de l'ombre et de la mort,
une lumière s'est levée.
À partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »

Introduction de l'ordo liturgique: "Jésus commence son ministère par la Galilée (brève : 12-17)". Elle n'a pas échappé au pasteur de cette paroisse qui, dès lors, se lance dans une paraphrase, émise d'un ton recueilli mais pénétré de conviction. Je résume son propos.

Remarquez bien que Jésus, qui n'a pas encore prêché, commence son ministère par la Galilée. Et d'expliquer que cette partie de la "Palestine" était peuplée de païens. D'ailleurs, Matthieu cite expressément Isaïe (Is 8, 23 à 9, 1) qui nous apprend que les populations de cette région "habitaient dans les ténèbres" de l'ignorance du salut, et que sur ce "pays de l'ombre et de la mort, une lumière se levait" - Jésus. Beaucoup croient que le Christ est venu pour les Juifs, et c'est vrai aussi. Mais ce n'est pas un hasard s'il a d'abord évangélisé cette région païennne. Car Dieu aime et sauve tous les hommes,.. Etc.

L'a-t-il dit expressément? Je ne m'en souviens pas, mais il était clair que la leçon de son sermon était que le Seigneur était venu en premier lieu pour ces païens.

Or, moi, j'ai toujours cru, sur la foi de la parole du Christ lui-même, qu'il n'avait été envoyé que pour guérir son peuple de ses péchés, même s'il lui arriva de faire quelques exceptions à cette règle. Un exemple:

Mt 15, 21-24: " En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Et voici qu'une femme cananéenne [païenne], étant sortie de ce territoire, criait en disant: 'Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David: ma fille est fort malmenée par un démon.' Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient: 'Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris.' A quoi il répondit: 'Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.' "

Ce prêtre, Il a également tiré une autre leçon - plus délicate au demeurant - de cet épisode. Dieu ne se cantonne pas à l'Église, il va chercher les pécheurs là où ils sont. Qu'importe qu'ils soient baptisés, il faut les aimer comme ils sont, sans prosélytisme, c'est la meilleure manière de leur montrer le visage du Christ, et de les inviter à le suivre, pour chercher leur bonheur.

Je ne doute pas des bonnes intentions de cet ecclésiastique: il voulait montrer que la grâce de Dieu ne fait pas acception de personne. Mais était-ce une raison suffisante pour faire dire à l'Écriture le contraire de ce que le Verbe de Dieu lui-même affirme?

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 20/12/2014