Annexe II. L’hérésie fantôme: Le Concile d’Éphèse (431) a-t-il condamné le Millénarisme? Par Michael J. Svigel

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Traduction française, par Menahem Macina, de l’article de Michael J. Svigel, intitulé “The Phantom Heresy: Did the Council of Ephesus (431) Condemn Chiliasm?”. Texte original, voir le document pdf en ligne et la page html du site Bible.org, (consultés le 28 août 2011).

 

Introduction

Un ouvrage apologétique catholique de référence affirme :

« Concernant le millénaire, nous [Catholiques] tendons à être d’accord avec Augustin et, subsidiairement, avec les a-millénaristes […] Dans les années 1940, le Saint-Office a jugé que le pré-millénarisme "ne peut être enseigné sans risque", bien que l’Église n’ait pas défini dogmatiquement cette question » [1].

Par ailleurs, un auteur qui commente l’histoire de la conception millénariste note :

« A la suite d’Augustin, l’Église croit depuis longtemps que le règne des saints, annoncé par l’Apocalypse, est déjà à l’œuvre par ses propres bons offices, et ne fait preuve d’aucun enthousiasme pour l’idée que le Christ soit sur le point de revenir pour établir un royaume terrestre : d’ailleurs, le Concile d’Éphèse a déclaré hérétique une telle croyance en 431. » [2].


L’hérésie fantôme : Deux Traditions

Le chercheur en histoire du millénarisme apprendra vite que deux traditions distinctes sont proposées concernant cette question. La plus ancienne tradition des auteurs en histoire du millénarisme semble ignorer toute allégation concernant une condamnation du Millénarisme en termes officiels et dogmatiques, dans l’histoire chrétienne primitive [3]. Toute mention d’une condamnation officielle au Concile d’Éphèse est visiblement absente des ouvrages, au demeurant approfondis, sur l’histoire du millénarisme [4]. Quoique D.T. Taylor indique que le pape Damase « a formellement condamné le Millénarisme » à Rome en 373, il ne fait aucune allusion à une condamnation par le troisième concile œcuménique [5]. De même, D.H. Kromminga ne fait pas allusion à cette prétendue condamnation dans son étude classique sur le millénarisme ; il fait plutôt état d’un « délitement graduel du chiliasme dans l’Église ancienne » et écrit : « aucune trace d’efforts de suppression n’apparaît » [6]. C. Cooper remarque :

« Du troisième au cinquième siècle, le Millénarisme a été vigoureusement combattu et jeté bas sans ménagement, sans être déclaré officiellement hérétique. C’était réellement très embarrassant parce qu’auparavant presque chaque personnalité chrétienne notoire avait été millénariste […] Entre le Millénarisme et l’accusation d’hérésie, se dresse la canonisation de Justin martyr et d’Irénée. » [7].

Dans un autre ouvrage sur l’histoire du millénarisme, dans une sous-section intitulée « L'Église se retourne contre les Millénaristes », Michael St. Clair, ne mentionne aucune condamnation au Concile d’Éphèse [8]. Enfin, Frederic J. Baumgartner semble ignorer totalement une quelconque condamnation officielle au Concile d’Éphèse quand il écrit :

« La solution de l’angoisse millénaire, offerte par Augustin d’Hippone, devint la norme pour la Chrétienté latine, tandis qu’aux alentours de 400, pour l’Église grecque, plus concernée par les polémiques sur la nature du Christ, l’inexistence du Donatisme réduisait le sentiment de l’urgence millénaire. » [9].

D’autre part, une nouvelle tradition, qui remonte à la fin des années 1950, prétend que le troisième concile œcuménique d’Éphèse a en fait condamné le millénarisme d’une certaine manière. Norman Cohn écrit :

« Cette [vue d’Augustin] devint immédiatement une doctrine orthodoxe et de manière si définitive qu’en 431, le Concile d’Éphèse condamna la croyance au Millénium comme étant une superstition aberrante. » [10].

Peter Toon, montant le ton de la simple condamnation pour « aberration spirituelle » à une quasi-accusation d’hérésie [11], écrit :

« Cet enseignement [d’Augustin] fut bientôt accepté comme orthodoxe et a généralement été considéré tant dans les Églises catholiques que dans les protestantes, depuis que le Concile d’Éphèse  en 431 condamna la croyance en un millénarisme littéral futur comme une superstition », et « accepta l’a-millénarisme comme un enseignement eschatologique orthodoxe. » [12].

Vers 2001, Andrew Bradstock affirme :

« Le Concile d’Éphèse a affirmé en 431 que cette croyance [que le Christ reviendrait de manière imminente pour établir un royaume terrestre] était hérétique. » [13].


L’hérésie jetée au trou

Une lecture approfondie de l’histoire des conciles œcuméniques et du Concile d’Éphèse, en particulier, révèle qu’une condamnation du Millénarisme est loin d’être évidente, et qu’elle n’entre certainement pas dans la catégorie des faits connus de tous, comme l’a été, disons, la condamnation d’Arius à Nicée [14].

En fait, une lecture des sources primaires disponibles sur le Concile d’Éphèse révèle un peu plus que les controverses nestoriennes et leurs effets ecclésiaux [15]. De plus, lorsqu’on tente de commencer par diverses sources secondaires qui mentionnent une condamnation du Millénarisme par le Concile d’Éphèse, on est déçu de ce qu’on trouve en fin de compte. En 2001, Stanley Grenz et John R. Franke mentionnent « la condamnation du pré-millénarisme au Concile d’Éphèse en 431 » [16]. Bien qu’ils ne citent ni sources primaires ni sources secondaires à l’appui de cette affirmation, en particulier [17], les auteurs s’en remettent à d’autres sources secondaires dans ce chapitre qui émet la même affirmation : l’« Introduction » de Peter Toon à Puritans, the Millenium and the Future of Israel [18], et Millenial Maze, de Stan Grenz [19]. La même année, Andrew Bradstock affirme que le Concile d’Éphèse a déclaré « hérétique » le Millénarisme [20].

Bradstock lui-même se base sur une source secondaire plus ancienne, celle de Richard Kyle qui écrit en 1998 :

« En 431, le Concile d’Éphèse condamna comme superstition la croyance à un millénarisme littéral » [21].

Kyle se fonde apparemment sur l’ouvrage de Paul Boyer, de 1992, dans lequel ce dernier affirme :

« Avec la condamnation du millénarisme par le Concile d’Éphèse en 431, les conceptions d’Augustin devinrent orthodoxie. » [22].

Boyer s’appuie sur Peter Toon (« Introduction », 1970) qui constitue sa source secondaire pour cette assertion.

Stanley Grenz, dans son ouvrage populaire et influent, The Millenial Maze, semble se baser sur l’ouvrage de Peter Toon (1970) et sur un livre plus ancien de Norman Cohn (1957), lorsqu’il écrit qu’à Éphèse, l’Église

« condamna comme superstition la croyance à la lettre en un futur règne de mille ans sur la terre » [23].

En 1977, dans son introduction à un livre très lu sur le thème du millenium, Robert G. Clouse affirme :

« Son enseignement [celui d’Augustin] était si largement accepté qu’au Concile d’Éphèse en 431, la croyance au millenium fut condamnée comme une superstition »[24].

En affirmant cela, Clouse se fie à Peter Toon (« Introduction », 1970).

Quoique plusieurs auteurs se soient fiés à l’assertion de Peter Toon en 1970, selon laquelle « en 431, le Concile d’Éphèse condamna comme superstition la croyance littérale en un futur millenium » [25], Toon lui-même se basait sur l’édition originale (1957) d’un ouvrage de Norman Cohn, intitulé The pursuit of the Millenium, dans lequel il écrivait :

« Cette [conception d’Augustin] devint immédiatement une doctrine orthodoxe et de manière si définitive qu’en 431, le Concile d’Éphèse condamna la croyance au Millenium comme une superstition aberrante [26]. »

C’est sur cette même première édition de 1957 que Robert House s’appuyait dans un article de 1968, où il affirme en termes similaires :

« Cette doctrine [d’Augustin] fut si entièrement acceptée qu’au Concile d’Éphèse, en 431, la croyance au Millenium fut condamnée comme une superstition [27]. ».

Les éditions de 1957 et 1961 de l’ouvrage de Norman Cohn, Pursuit of the Millenium, contiennent l’une et l’autre la même affirmation [28].

Dans ces livres Cohn se réfère à un ouvrage écrit en français en 1904 par Léon Gry. Dans cet ouvrage sur l’histoire du millénarisme, Gry écrit à propos de l’éventuelle opinion défavorable à l’égard du Millénarisme :

« On ne parlait pas autrement au Concile d’Éphèse de 431 [29]. »

Dans une note à ce propos, il explique :

« Au Concile d’Éphèse, les Orientaux posèrent cette question à Saint Cyrille : "Num iterum erit secundum revolutionem et naturae consequentiam dispensationis opus, juxta deliramenta, fabulosique mille annorum infausti Apollinarii dogmata ?”. »

Gry se sert de la citation originale latine pour illustrer l’attitude, au sein des évêques, à l’égard de la conception d’un règne de mille ans, sans se donner la peine de nous informer de ce que fut la réponse de Cyrille [30]. Il n’affirme pas que le Concile dans son ensemble avait condamné officiellement cette doctrine. Cohn s’en est apparemment aperçu à l’époque où il publiait (1970) la version révisée et élargie de Pursuit, car la référence à la condamnation au Concile d’Éphèse manque de façon évidente [31].

En définitive, qu’en est-il de la source latine citée par Gry dans sa note de bas de page ? Cette source originale n’est pas facile à localiser [32], mais un examen du contexte dans lequel on trouve ce passage révèle que la question posée à Cyrille par les Evêques orientaux n’indique pas qu’il y ait une quelque condamnation officielle que ce soit du Millénarisme au Concile d’Éphèse. En fait, tant le contexte de la question que l’absence de réponse de Cyrille à la question même du Millénarisme rendent la chose évidente [33]. De plus, Gry ne prétendait pas que le Concile d’Éphèse avait officiellement condamné le Millénarisme. Il décrivait plutôt l’attitude des Évêques orientaux concernant la notion d’un millenium terrestre au début du cinquième siècle. C’est probablement pour cela qu’il apparaît que le malentendu ou la traduction erronée par Cohn des commentaires de Gry a été par la suite – même si ce fut de manière discrète et justifiée – corrigée par lui dans son édition postérieure. Comme il ressort de la reconstruction de l’histoire de l’affirmation que le Concile d’Éphèse avait condamné le Millénarisme en 431, la source originale ne contient pas de condamnation, d’anathème, de décret, ni de déclaration de cette sorte. Il semble que Cohn ait mal compris, ou mal traduit sa source dans le livre de Gry (ou qu’il ait omis de vérifier Labbe directement !) et qu’il ait émis l’affirmation erronée dans ses éditions de 1957 et 1961 de The Pursuit of the Millenium, mais qu’ayant apparemment été mis au fait de son erreur, il ait enlevé cette affirmation de son édition de 1970. Toutefois, il était alors trop tard, car, déjà, d’autres qui s’étaient basés sur les éditions antérieures, étaient condamnés à répéter l’erreur sans consulter ni Gry, ni surtout Labbe. Commise par des universitaires confirmés dont l’influence était grande sur des volumes populaires, cette erreur s’est aujourd’hui reproduite au niveau de la vulgarisation sans qu’il y ait quelque espoir de l’endiguer [34].

 

Implications et Conclusion

Le but de cet article était double. Premièrement, en retraçant la source de l’erreur, j’ai tenté de contrer l’assertion que le Concile d’Éphèse avait condamné le Millénarisme en 431. A la lumière des conclusions de cet article, tout maintien d’une assertion de cette nature doit satisfaire à la lourde charge de la preuve avec référence à la source originale attestée. Du fait de l’abondance de matériaux non traduits, non édités, ou peut-être inexistants sur ce sujet, l’affaire ne sera bien sûr jamais définitivement close. Toutefois, la charge de la preuve incombe dorénavant à ceux qui continuent à affirmer qu’il a eu une condamnation œcuménique officielle du Millénarisme. Deuxièmement, cet article a illustré un problème méthodologique auxquels tous les chercheurs et auteurs sont confrontés. La tentation est toujours forte de « se fier » à une source secondaire quand nous croyons que l’auteur cite fidèlement une source originale, ou qu’il a effectué un travail fiable sur les sources originales pour garantir une affirmation, ou simplement qu’il a une expertise suffisante dans un domaine d’étude particulier pour être considéré comme exempt de grossières inexactitudes. Je peux ajouter que nous avons probablement tous succombé parfois à cette tentation, particulièrement sous la pression de la nécessité de terminer un travail dans les délais. Cependant, si l’on ne suit pas des méthodes appropriées pour vérifier les sources, il est plus sage de laisser simplement de côté le point mineur qui n’a pas été corroboré. Je soupçonne cependant que la condamnation fantôme du Millénarisme à Éphèse n’est pas un cas isolé, et qu’il se peut que nos domaines de recherche soient criblés de raccourcis de ce genre qui mènent à des exactitudes et erreurs involontaires. Mais peu d’erreurs de recherche causent autant de dommages que la prétendue condamnation du Millénarisme au Concile œcuménique d’Éphèse en 431. Pour le nombre croissant de chrétiens évangéliques qui prennent au sérieux l'autorité de la Tradition de l'Église, sa règle de foi et spécialement les quatre premiers conciles œcuméniques, et en particulier le premier [35], l’affirmation que l'un de ces conciles a condamné une doctrine particulière est une accusation grave et qui donne à réfléchir. Naturellement, on peut être tenté de penser que la prolifération d’assertions injustifiées d’une condamnation du Millénarisme est quelquefois motivée par un anti-prémillénarisme actuel qui voudrait inconsciemment que l’Église primitive ait universellement condamné le chiliasme en fin de compte. Au contraire, il semble que tant l’ancienne que l’actuelle orthodoxies doivent encore faire place aux pré-millénaristes.

 


© Michael J. Svigel, pour l'article anglais original, et Menahem Macina, pour la traduction française.



[1] Accessible en ligne sur le site Catholic.com consulté le 4 avril 2002 (article "The rapture"). La décision du Saint-Office dont il est question fut rendue en juillet 1944, en réponse à la question suivante : “Quid sentiendum de systemate Millenarismi mitigati, docentis scilicet Christum Dominum ante finale iudicium, sive praevia sive non praevia plurium iustorum resurrectione, visibiliter in hanc terram regnandi causa esse venturum?” [Que faut-il penser du système du millénarisme mitigé qui enseigne qu’avant le jugement dernier, précédé ou non de la résurrection de plusieurs justes, le Christ notre Seigneur viendra visiblement sur notre terre pour y régner ? (traduction française reprise de Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, art. 3839, édité par Peter Hünermann et par Joseph Hoffmann, Cerf, Paris, 1996, p. 812.] La réponse à la question, confirmée par le Pape Pie XII [le 20 juillet], était courte et directe : “Systema Millenarismi mitigati tuto doceri non posse” [Le système du millénarisme mitigé ne peut pas être enseigné de façon sûre. Idem, ibid.] (Henricus Denzinger, ed., Enchiridion Symbolorum: Definitionum et Declarationum de Rebus Fidei et Morum, 36th emended ed., ed. Adolfus Schönmetzer [Freiburg: Herder, 1976], 759). La signification de l’adjectif « mitigé » pour le millénarisme, et la qualification de « de façon sûre » rend la réponse officielle ambiguë.

[2] Andrew Bradstock, “Millenarianism in the Reformation and the English Revolution”, in Christian Millenarianism: From the Early Church to Waco, ed. Stephen Hunt (Indianapolis: Indiana University Press, 2001), 77.

[3] D’ailleurs, à l’exception d’opinions papales ou magistérielles isolées, comme en note 1, ci-dessus, la première condamnation “officielle” et “dogmatique” du Millénarisme semble être celle de la Confession Luthérienne d’Augsburg, de 1530, où le concept de royaume terrestre fut condamné en ces termes: “Ils condamnent aussi d’autres qui répandent aujourd’hui des opinions juives selon lesquelles, avant la résurrection des morts, les justes détiendront le royaume du monde, les impies étant partout supprimés” (Damnant et alios, qui nunc spargunt Judaicas opiniones, quod ante resurrectionem mortuorum pii regnum mundi occupaturi sint, ubique oppressis impiis). L’original latin et la traduction anglaise sont repris de Philip Schaff, The Creeds of Christendom with A History and Critical Notes, vol. 3, The Evangelical Protestant Creeds, with Translations, 4ème éd. revue et augmentée, Bibliotheca Symbolica Ecclesiae Universalis (New York: Harper & Brothers, 1877 ; réimpression, Grand Rapids: Baker, 1977), 18. Par la suite, la Seconde Confession Helvétique (suisse) de Bullinger, en 1566, condamne “des rêveries juives selon lesquelles il y aura un âge d’or sur la terre avant le Jour du Jugement, et les saints, ayant soumis tous leurs ennemis impies, posséderont tous les royaumes de la terre” (Damnamus praeterea Judaica somnia, quod ante judicii diem aureum in terries sit futuramseculum, et pii regna mundi occupaturi, oppressis suis hostibus impiis) (Schaff, Creeds of Christendom, 3: 257).

[4] Cf. Brian E. Daley, The Hope of the Early Church: A Handbook of Patristic Eschatology (Cambridge: Cambridge University Press, 1991).

[5] D. T. Taylor, The Voice of the Church on the Coming and Kingdom of the Redeemer; ou, A History of the Doctrine of the Reign of Christ on Earth, rev. and ed. H. L. Hastings (Peace Dale, RI: H. L. Hastings, 1855), 115.

[6] D. H. Kromminga, The Millennium in the Church: Studies in the History of Christian Chiliasm (Grand Rapids: Eerdmans, 1945), 102, 113.

[7] C. Cooper, “Chiliasm and the Chiliasts”, Reformed Theological Review 29 (1970): 12.

[8] Michael J. St. Clair, Millenarian Movements in Historical Context (New York: Garland Publishing, 1992), 85-87.

[9] Frederic J. Baumgartner, Longing for the End: A History of Millennialism in Western Civilization (New York: St. Martin’s Press, 1999), 47.

[10] Norman Cohn, The Pursuit of the Millennium: Revolutionary Messianism in Medieval and Reformation Europe and Its Bearing on Modern Totalitarian Movements (New York: Harper & Row, 1957), 14.

[11] Robert Clouse, “The Apocalyptic Interpretation of Thomas Brightman and Joseph Mede”, Bulletin of the Evangelical Theological Society 11 (1968): 182.

[12] Peter Toon, “Introduction” à Puritans, the Millennium and the Future of Israel: Puritan Eschatology 1600 to 1660 (Cambridge, MA: James Clarke, 1970), 14, 17.

[13] Bradstock, “Millenarianism in the Reformation”, 77.

[14] Cf. Adhemar d’Alles, Le dogme d’Éphèse (Paris: Gabriel Beauchesne, 1931) ; Leo Donald Davis, The First Seven Ecumenical Councils (325-787): Their History and Theology, Theology and Life Series, no. 21 (Wilmington, DE: Michael Glazier, 1987).

[15] Des traductions plus complètes de textes originaux mentionnent James Chrystal, ed. and trad., The Third World Council, That Is, The Third Council of the Whole Christian World, East and West, Which Was Held A.D. 431 at Ephesus in Asia, 3 vols., Authoritative Christianity (Jersey City, NJ: James Chrystal, 1895) ; and A. J. Festugière, Les Actes des Conciles d’Éphèse (431) et Chalcédoine (451): Première traduction française, Textes Dossiers Documents, éd. Charles Kannengiesser (Paris: Gabriel Beauchesne, 1982).

[16] Stanley Grenz and John R. Franke, Beyond Foundationalism: Shaping Theology in a Postmodern Context (Louisville: Westminster John Knox, 2001), 242.

[17] Les auteurs semblent présenter l’affirmation comme étant connue de tous.

[18] Toon, “Introduction”, 14, 17.

[19] Stanley J. Grenz, The Millennial Maze: Sorting Out Evangelical Options (Downers Grove, IL: Intervarsity Press, 1992), 44.

[20] Bradstock, “Millenarianism in the Reformation”, 77.

[21] Richard Kyle, The Last Days are Here Again: A History of the End Times (Grand Rapids: Baker, 1998), 39.

[22] Paul Boyer, When Time Shall Be No More: Prophecy Belief in Modern American Culture, Studies in Cultural History (Cambridge, MA: Harvard University Press, 1992), 49.

[23] Stanley J. Grenz, The Millennial Maze: Sorting Out Evangelical Options (Downers Grove, IL: Intervarsity Press, 1992), 44.

[24] Robert G. Clouse, “Introduction” à The Meaning of the Millennium: Four Views, ed. Robert G. Clouse (Downers Grove, IL: Intervarsity Press, 1977), 9.

[25] Toon, “Introduction”, 14, 17.

[26] Cohn, Pursuit of the Millennium (1957), 14.

[27] Clouse, “The Apocalyptic Interpretation”, 182.

[28] Norman Cohn, The Pursuit of the Millennium: Revolutionary Messianism in Medieval and Reformation Europe and Its Bearing on Modern Totalitarian Movements, 2d ed. (New York: Harper & Row, 1961), 14.

[29] Léon Gry, Le Millénarisme dans ses origines et son développement (Paris: A. Picard, 1904), 106-107.

[30] Ceux qui sont familiers des débats du Concile d’Éphèse, prendront immédiatement conscience des problèmes engendrés par la lecture de Gry et la conclusion qu’en tirent les lecteurs qui croient qu’il évoque une condamnation officielle du Millénarisme. La plupart des évêques orientaux ont été en désaccord avec Cyrille durant tout le Concile et ne se sont ralliés qu’après les débats. Chaque question posée à Cyrille par les évêques orientaux n’avait pas pour but d’établir l’opinion dogmatique s’imposant à tous en la matière.

[31] Norman Cohn, The Pursuit of the Millennium: Revolutionary Messianism and Mystical Anarchists of the Middle Ages, rev. and exp. ed. (New York: Oxford University Press, 1970), 29. Toute excision dans une édition “élargie” aurait dû attirer l’attention, pourtant, il ne semble pas que cela ait eu beaucoup d’effet sur ceux qui continuait à répéter l’allégation de la condamnation de 431, basée sur les éditions de 1957 ou de 1961 de son livre.

[32] Je dois, à ce propos, exprimer mon extrême gratitude à Amanda Saville de la Bibliothèque du Queens College d’Oxford (Royaume-Uni), et à mon ami de longue date qui fut parfois assistant de recherche, Jason Lina, ainsi qu’au personnel de la Bibliothèque Bridwell de l’Université Méthodiste du Sud, pour leur aimable assistance dans ma quête des volumes latins originaux contenant le passage cité par Gry. Je n’aurais pu achever ce travail sans leur aide.

[33] Philippe Labbe et Gabriel Cossart, ed., Sacrosancta concilia ad regiam editionem exacta, 16 vols. (Lutetiae Parisiorum: Societatis typographicae Librorum Ecclesiasticorum jussu Regis constitutae, 1671-72), 3: col. 834-37. Les questions posées à Cyrille pour mettre en question son troisième anathème concernaient les natures divine et humaine du Christ. Je cite longuement le passage ici pour montrer la batterie de questions des évêques orientaux précédant la dernière question citée par Gry: “Quomodo igitur, quasi oblitus suorum verborum, ad unam hypostasin cogit, naturas confundens, naturalem divinam unitionem nominans? Et quis unquam admittet naturalem divinam unitionem in sacramento dispensationis? Si enim naturalis unitio, ubi gratia? Ubi divinum sacramentum? Naturae enim, ut edocti sumus, semel ab ordinante Deo ordinatae, necessariis consequentiis serviunt. Num etiam iterum erit secundum revolutionem & naturae consequentiam dispensationis opus juxta deliramenta, fabulosaque mille annorum infausti Apollinarii dogmata?” [Les italiques sont miens]. Dans sa défense de l’Anathème face à l’objection des évêques orientaux, Cyrille ne mentionne pas le Millénarisme d’Apollinaire, mais centre entièrement sa discussion sur les questions christologiques en cause. Il n’y avait certainement pas de condamnation officielle du Millénarisme dans ce passage, et les opinions des évêques orientaux n’avaient aucune autorité particulière au Synode.

[34] Un examen des sites Internet, tant professionnels qu’amateurs, révèle l’omniprésence de l’assertion [selon laquelle le Millénarisme fut condamné au Concile d’Éphèse]. En voici juste un échantillon : www.preteristarchive.com/StudyArchive/pc_millennial-reign.html [inaccessible le 29 août 2011] ; www.christinyou.net/millennium.html [id.] ; http://latter-rain.com/escha/millen.htm [référence inexistante] ; www.religion-online.org/cgi-bin/relsearchd.dll/showchapter?chapter_id=141 [inaccessible le 29 août 2011] ;  www.bostontheological.org/colloquium/bts/btsrichardson.htm [référence inexistante] ; www.bible.org/docs/author/allen.htm [référence inexistante] ; http://w3fp.arizona.edu/mesassoc/Bulletin/Pres%20Addresses/Stowasser.htm [référence inexistante].

[35] Voir, par exemple, une expression contemporaine de ce mouvement : D. H. Williams, Retrieving the Tradition and Renewing Evangelicalism: A Primer for Suspicious Protestants (Grand Rapids: Eerdmans, 1999).

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Date de dernière mise à jour : 22/05/2014