17. Excursus : Le phénomène de l’«intrication prophétique»

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A ce stade, il me faut exposer brièvement un des aspects, qui peut paraître déroutant, de mon interprétation de l’Écriture. Il procède de la découverte du phénomène que j’appelle l’« intrication prophétique » [1], inscrite dans le « génome » scripturaire du dessein divin, entre le destin du peuple juif et celui de son Roi-Messie [2].

Une longue et humble méditation de ce mystère sera nécessaire pour qu’en soient exprimées, en termes humains, toutes les implications. Mais il semble qu’il soit possible, d’ores et déjà, d’appliquer la formule – que j’ai appelée « irénéenne » [3] – à maints passages de l’Écriture qui, faute d’avoir été lus à sa lumière, ont alimenté jusqu’ici une perception chrétienne d’Israël indûment substitutionniste, aux dépens du « rassemblement dans l’unité des enfants de Dieu dispersés », accompli, selon Jean (11, 51-52), par la mort du Christ, mais dont l’extension eschatologique à son peuple est en cours.

Ce n’est certainement pas un hasard si, dans sa prédication aux juifs de son temps, en Ac 13, 40-41, Paul invoque ce texte d’Habacuq (1, 5) :

Regardez parmi les peuples et voyez, soyez au comble de la stupéfaction ! Car voici que je réaliserai, de vos jours, une chose que vous ne croiriez pas si on la racontait…

L’apôtre Paul reprend à son compte cette prophétie, en ces termes (Ac 13, 41) :

Regardez, contempteurs, soyez dans la stupeur et disparaissez ! Parce que de vos jours je vais accomplir une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait.

On observera qu’il omet l’expression « parmi les peuples » (Ha 1, 5), qui figure dans le verset d’Habacuq cité ci-dessus, laquelle visait originellement les nations (Goyim). Si l’on prend ce fait au sérieux, force est d’admettre que la corrélation entre ces applications prophétiques du même texte scripturaire à deux destinataires aussi différents, tant sur le plan de leur identité que sur le plan chronologique, relève, par voie d’analogie, du phénomène que j’ai appelé « intrication prophétique » [4]. J’en vois une préfiguration, parmi d’autres, dans cet oracle d’Isaïe (Is 46, 10) :

J’annonce dès l’origine ce qui doit arriver, d’avance, ce qui n’est pas encore accompli, je dis : « Mon dessein s’accomplira, et tout ce qui me plaît, je le ferai ».

Plus frappant encore, et plus significatif, est le reproche de Jésus à Pierre, qui vient de trancher l’oreille du serviteur du Grand Prêtre (Mt 26, 54) :

Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d’anges ? Mais alors comment s’accompliraient les Écritures d’après lesquelles il doit en être ainsi ?

J’ai mis en italiques la phrase insolite. Elle implique que toute action, même défensive, contraire au dessein de Dieu prophétisé par les Écritures, pourrait, si c’était possible, en empêcher l’accomplissement. Cette constatation est lourde de conséquences en ce qui concerne le rôle de l’Écriture dans le dessein de Dieu. Quand on examine attentivement le Nouveau Testament, tout se passe comme si ce qu’ont annoncé les prophètes devait s’accomplir inéluctablement.

Ce caractère en quelque sorte obligatoire des événements connus par la prescience de Dieu, et qui doivent advenir, précisément parce qu’ils ont été vus d’avance par Dieu, est exprimé dans le Nouveau Testament par le verbe grec dein, (falloir, ou devoir), ou par une construction équivalente, comme, entre autres, dans les occurrences suivantes :

Mt 16, 21 : A dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.

Mt 17, 10 (= Mc 9, 11): Et les disciples lui posèrent cette question: «Que disent donc les scribes, qu’Elie doit venir d’abord ?».

Mt 24, 6 (= Mc 13, 7) : Vous aurez aussi à entendre parler de guerres et de rumeurs de guerres; voyez, ne vous alarmez pas: car il faut que cela arrive, mais ce n’est pas encore la fin.

Mt 26, 54 : Comment alors s’accompliraient les Écritures d’après lesquelles il doit en être ainsi?

Mc 8, 31 : Et il commença de leur enseigner: «Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter […]»

Mc 13, 10 : Il faut d’abord que l’Évangile soit proclamé à toutes les nations.

Lc 9, 22 : Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.

Lc 13, 33 : […] aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.

Lc 17, 25 : il faut d’abord qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération.

Lc 21, 9 : Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin.

Lc 22, 37 : Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit: Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin.

Lc 24, 7 : Il faut, disait-il, que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour.

Lc 24, 26 : Alors il leur dit: «Ô coeurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endure cela pour entrer dans sa gloire ?»

Lc 24, 44 : Puis il leur dit: «Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous: il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.»

Jn 3, 14 : Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme […] Jn 13, 18 : Ce n’est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j’ai choisis; mais il faut que l’Écriture s’accomplisse: Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon.

Jn 20, 9 : En effet, ils ne savaient pas encore que, d’après l’Écriture, il devait ressusciter d’entre les morts. Ac 1, 16 : Frères, il fallait que s’accomplît l’Écriture où, par la bouche de David, l’Esprit Saint avait parlé d’avance de Judas, qui s’est fait le guide de ceux qui ont arrêté Jésus.

Ac 3, 21 : […] celui que le ciel doit garder jusqu’aux temps de la réalisation de tout ce que Dieu a dit par la bouche de ses saints prophètes de toujours […]

Ac 17, 3 : Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts […] Ac 27, 24 : et il m’a dit: Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César […]

1 Co 11, 19 : Il faut qu’il y ait aussi des scissions parmi vous, pour permettre aux hommes éprouvés de se manifester parmi vous.

1 Co 15, 25 : Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds.

1 Co 15, 53 : Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité.

2 Co 5, 10 : Car il faut que tous nous soyons mis à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun recouvre ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal.

1 Jn 2, 19 : Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. S’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais il fallait que fût démontré que tous n’étaient pas des nôtres.

Ap 20, 3 : Il le jeta dans l’Abîme, tira sur lui les verrous, apposa des scellés, afin qu’il cessât de fourvoyer les nations jusqu’à l’achèvement des mille années. Après quoi, il doit être relâché pour un peu de temps.

Qu’on n’aille surtout pas croire qu’il s’agit là d’une espèce de prédestination événementielle, et donc de fatalité, au sens que celle-ci revêt dans la tragédie grecque, où des héros, tel Oreste, ne peuvent échapper à leur destin. La théodicée antique a tenté de régler la question difficile de la contradiction entre le déterminisme naturel et le libre arbitre humain auquel Dieu semble faire échec, comme dans le cas d’école de Pharaon dont l’obstination est attribuée à Dieu sur la foi de l’affirmation mise dans sa bouche par l’Écriture : « J’endurcirai le cœur de Pharaon » (Ex 4, 21, etc.). Les anciens commentateurs, tant juifs que chrétiens, ont tenté de résoudre cette aporie en dissuadant de comprendre cette phrase au pied de la lettre. L’Écriture, affirment-ils en substance, veut dire que plus Dieu le frappe, plus le Pharaon résiste et s’endurcit, et c’est en ce sens qu’on peut attribuer à Dieu son endurcissement.

Si, à l’évidence, les versets du Nouveau Testament cités ci-dessus n’entrent pas dans cette perspective, il reste que le problème qu’ils soulèvent donne une impression de parenté, en ce qu’ils paraissent accréditer le soupçon que l’homme n’est pas libre, du fait que tout ce qui arrive – y compris la trahison de Judas – est présenté par l’Écriture comme étant inéluctable. Pourtant, comme nous le verrons plus loin, la différence de situations est totale. Dans les cas de figure évoqués par le Nouveau Testament, le fait que Dieu ait su d’avance que des actes mauvais seraient commis par un individu ne le prédestine pas à les commettre. La prescience divine laisse entière la liberté humaine. La tradition juive s’est évidemment mesurée à ce problème. Selon certains spécialistes, la solution qu’elle a trouvée s’exprime dans l’aphorisme rabbinique suivant : « Tout est prévu, mais la latitude est donnée. » [5]. Quant à Paul, il tranche la question par un argument d’autorité, selon lequel Dieu n’a pas de comptes à rendre à l’homme (Rm 9, 17-20) :

Car l’Écriture dit au Pharaon: « Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance et pour qu’on célèbre mon nom par toute la terre ». Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu vas donc me dire : « Qu’a-t-il encore à blâmer ? Qui résiste en effet à sa volonté ? » Ô homme ! Qui es- tu pour disputer avec Dieu ? L’œuvre va-t-elle dire à celui qui l’a modelée: « Pourquoi m’as-tu faite ainsi ? » […].

Il ne faudrait pas déduire de cette déclaration péremptoire de l’Apôtre qu’elle ferme la porte à tout effort de compréhension de la portée prophétique de l’Écriture, et de discernement des signes de son accomplissement. En effet, le même Paul affirme aussi (Rm 15, 4) :

[…] ce qui a été écrit par avance l’a été pour notre enseignement, afin que par la persévérance et par la consolation [que procurent] les Écritures, nous ayons l’espérance.

On ne peut mieux résumer l’encouragement que procure la lecture des Écritures au croyant qu’elles instruisent des promesses et des oracles prophétiques et à qui elles en garantissent l’accomplissement, suscitant sa persévérance et illuminant sa foi de consolation et d’espérance.

Par ailleurs, l’Apôtre poursuit (Rm 15, 8-12) :

Je l’affirme en effet, le Christ s’est fait ministre [ou « s’est mis au service »] des circoncis à l’honneur de la véracité divine, pour accomplir les promesses faites aux patriarches, et les nations glorifient Dieu pour sa miséricorde, selon le mot de l’Écriture: C’est pourquoi je te louerai parmi les nations et je chanterai à la gloire de ton nom ; et cet autre : Nations, exultez avec son peuple ; ou encore : Toutes les nations, louez le Seigneur, et que tous les peuples le célèbrent. Et Isaïe dit à son tour : Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se dresse pour commander aux nations. En lui les nations mettront leur espérance.

Ce développement est précieux pour une perception « judéo-chrétienne » de la Révélation. En effet, non seulement il exprime le but ultime du dessein de Dieu, révélé dans les Écritures, qui est de fondre dans l’unité les deux familles de son peuple : les juifs et les chrétiens, mais il en récapitule les étapes et les modalités. Dans cet exposé, saturé de références bibliques, les deux peuples sont comme en miroir l’un par rapport à l’autre, mais leur spécificité est nettement exprimée. S’agissant des juifs (les « circoncis »), Paul déclare tout net que le Christ s’est mis à leur service par fidélité à l’engagement que Dieu a pris envers leurs ancêtres (les « patriarches »). Quant aux nations, elles bénéficient de sa miséricorde. La hiérarchie de cette geste divine, si subtile qu’en soit l’expression, est perceptible. Elle concerne d’abord les juifs [6], et si, chez Paul, les nations leur sont, à l’évidence, inextricablement liées, c’est en la personne du Messie (« le rejeton de Jessé »), qui les régira [7] et sera leur seule espérance.

Ceci étant dit, je ne prétends pas avoir éclairci le mystère – car c’en est un – que recèlent ces propos, comme d’ailleurs tous ceux qui traitent des juifs et des nations, qui, selon l’Apôtre sont objets du même jugement et de la même miséricorde de Dieu. J’ai seulement voulu mettre en garde les chrétiens contre une sous-estimation routinière de la portée eschatologique des Écritures, qui les maintient jusqu’à ce jour dans l’ignorance du dessein de Dieu sur le peuple juif et, par contrecoup, sur la chrétienté. Leur incompréhension de l’histoire tragique du peuple juif est du même ordre que celle dont ont fait preuve les Apôtres eux-mêmes des nombreux passages de l’Écriture qu’ils avaient maintes fois lus sans comprendre qu’ils s’appliquaient à Jésus, comme en témoigne l’évangile de Luc (Lc 24, 25-27) :

Alors il leur dit : « Ô cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait.

Au risque d’être tenu pour irresponsable, j’ose la transposition suivante de ce texte aux chrétiens:

« Ô cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le peuple juif endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? »

Et il n’aura pas échappé à celles et ceux qui ont lu tout ou partie de ce que j’ai écrit sur ce thème depuis des décennies, que je ne cesse d’« interpréter dans toutes les Écritures ce qui concerne » ce peuple.

Je terminerai cet excursus par une autre transposition, plus audacieuse encore, de ce que dit Jésus dans ce passage de l’évangile de Luc (Lc 24, 44) :

[...] il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes [...]

J’ose le lire ainsi : Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit des juifs dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.

Irez-vous, me dira-t-on sans doute, jusqu’à transposer aux juifs ce que dit, de Jésus, cet autre verset de Luc ?

Lc 24, 46 : Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour []

Ma réponse est que ce ne sera pas nécessaire, car cet oracle d’Osée – aussi mystérieux que fulgurant – l’a fait, lui :

Os 6, 1-2: Venez, retournons à L’Éternel. Il a déchiré, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il soignera nos plaies ; après deux jours il nous fera revivre, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons devant lui.

Au moins, pensera-t-on sans doute, ce verset du chapitre de Luc, cité ci-dessous, est-il irréductible à la transposition au peuple juif :

Lc 24, 47: et qu’en son nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.

Sans aucun doute. Mais il faut avoir à l’esprit que l’« intrication prophétique » des Écritures, dont je parle, ne postule pas que tous les termes d’un même texte concernant à la fois le peuple juif et le Christ, s’appliquent littéralement (et mécaniquement) à l’un et à l’autre [8].

Autre remarque : l’évangile relate que les Sadducéens, qui ne croyaient pas à la résurrection des morts, avaient forgé, pour en démontrer l’impossibilité, l’apologue de la femme aux sept maris (Mt 22, 23-28). Jésus leur avait répliqué (Mt 22, 29) :

Vous faites erreur, faute de connaître les Écritures et la puissance de Dieu.

Les chrétiens qui ne croient pas à l’intrication prophétique du dessein de Dieu sur son peuple et sur le Christ sont, mutatis mutandis, enfermés dans la même ignorance invincible. Plaise à Dieu que ce Christ auquel ils croient, avec juste raison, fasse pour eux ce qu’il fit pour ses Apôtres (Lc 24, 45) :

Alors il leur ouvrit l’esprit pour qu’ils comprissent les Écritures […]



[1] Expression calquée sur celle d’«Intrication quantique» dans le domaine de la physique des particules (voir l’article « Intrication quantique », de Wikipedia).

[2] Au sens biblique de l’expression: « qui vous touche m’atteint à la prunelle de l’œil » (Za 2, 12).

[3] Allusion au commentaire d’Irénée de Lyon sur Gn 2,1-2 : « Car autant de jours a comporté la création du monde, autant de millénaires comprendra sa durée totale. C’est pourquoi le livre de la Genèse dit: "Ainsi furent achevés le ciel et la terre et toute leur parure. Dieu acheva le sixième jour toutes les oeuvres qu’il avait faites". Ceci est à la fois un récit du passé, tel qu’il se déroula, et une prophétie de l’avenir: en effet, si "un jour du Seigneur est comme mille ans" et si la création a été achevée en six jours, il est clair que la consommation des choses aura lieu la six millième année » ; voir Irénée de Lyon, Contre les Hérésies, Livre V, 28, 3, vol. 2, Sources Chrétiennes 153, Cerf, Paris, 1969, p. 359.

[4] Pour mémoire, l’intrication est un phénomène fondamental de la mécanique quantique, mis en évidence par Einstein et Schrödinger dans les années 30. Deux systèmes physiques, par exemple deux particules, se retrouvent alors dans un état quantique dans lequel ils ne forment plus qu’un seul système dans un certain sens subtil. Toute mesure effectuée sur l’un des systèmes affecte l’autre, et ce quelle que soit la distance qui les sépare. Avant l’intrication, deux systèmes physiques sans interactions sont dans des états quantiques indépendants, mais après l’intrication, ces deux états sont en quelque sorte « enchevêtrés » et il n’est plus possible de décrire ces deux systèmes de façon indépendante. Ceci d’après le  site Futura-sciences.com.

[5] En hébreu, « hakol tsafoui we-hareshout netounah » (Mishna Avot, 3, 15). Les opinions sur la traduction, le sens et la portée de cet aphorisme divergent ; voir la discussion dans E. E. Urbach, Les Sages d’Israël, conceptions et croyances des maîtres du Talmud, (original hébreu 1969), traduction française M.-J. Jolivet, Cerf - Verdier, Paris, 1996, ch. XI, « De la Providence », p. 268 s. Contrairement aux traductions habituelles, j’ai choisi de rendre « reshut » par « possibilité » (« latitude » pourrait convenir également), plutôt que par « liberté », car j’estime que cette traduction est plus proche du sens du terme hébraïque. Exemple : en hébreu moderne, « attah rashaï »ne veut pas dire « tu es libre de », mais « il t’est loisible », en anglais, on dirait « it’s up to you ».

[6] Cf. « le juif d’abord » (Rm 1, 16 ; 2, 9.10).

[7] L’Apocalypse précise mystérieusement : « avec une verge de fer » (Ap 2, 27 ; 12, 5 ; 19, 15).

[8] Le cas d’intrication prophétique le plus frappant, à mon sens, est la présence, dans le Psaume 69, parmi plusieurs phrases prophétisant les souffrances du Christ, de celle du v. 9, qui, à l’évidence ne le concerne pas : « Ô Dieu, tu sais ma folie, mes offenses sont à nu devant toi ».

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Date de dernière mise à jour : 14/05/2014