8. Epilogue: Le signe de Saül

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Alors un rédempteur viendra à Sion, et pour ceux qui se repentent de la transgression en Jacob. Oracle de L’Éternel. (Is 59, 20).

 

Le passage d’Isaïe mis en exergue ci-dessus mérite un mot d’explication. La périphrase «ceux qui se repentent de la transgression», rend l’expression hébraïque, elliptique et presque intraduisible littéralement – outre qu’elle est unique dans la Bible (Is 59, 20) –, shavei pesha‘ [1]. La teneur eschatologique de cet oracle prophétique ne faisant pas de doute, il faut prendre au sérieux la réalité qu’il annonce. Au temps de la fin, le Rédempteur, c’est-à-dire le proche-parent qui a droit de rachat (Goel, cf. Rt 2, 20) sur Israël – Dieu, en l’occurrence – viendra exercer cette prérogative sur Sion et sur ceux qui se seront repentis de leurs transgressions [2].

Dès lors, une question se pose : les croyants doivent-ils attendre la manifestation de ces convertis à la fin du temps ? – Je ne le crois pas. Il ne dépend que d’eux d’être, par avance et hic et nunc, des shavei pesha‘ [3] ; de prendre conscience que «c’est le moment d’agir pour le Seigneur» (cf. Ps 119, 126) ; et de s’engager dans la radicale révision de vie et le sincère processus de conversion intérieure auxquels les invitent les événements actuels. Comme tous ceux qui ont pris conscience de l’assoupissement de leur vigilance (cf. Mc13, 36), de l’affadissement du sel de leur foi (cf. Lc 14, 34-35), du refroidissement de leur amour (cf. Mt 24, 12), et de l’extinction qui menace la lampe de leur discernement (cf. Mt 25, 1-13), les chrétiens doivent comprendre que, faute de remédier à cet état de choses, ils risquent d’être emportés, comme au temps du déluge (cf. Mt 24, 39), à «l’heure de l’épreuve qui va fondre sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre» (cf. Ap 3, 10), au «temps de la détresse» (Is 33, 2 ; Jr 30, 7 ; Lc 21, 23, etc.), et au «jour de la colère de l’Éternel» (So 1, 18).

Il leur faut reconnaître qu’il ne sert à rien de se lamenter sur l’agnosticisme et la dépravation de la société, ni d’en appeler à Dieu pour qu’il convertisse «les autres», comme si les chrétiens eux-mêmes n’avaient pas besoin qu’il les «délivre de la colère qui vient» (cf. 1 Th 1, 10). Ils doivent percevoir que, quand paraîtra le dernier Précurseur qu’annonce l’Écriture – Élie (cf. Si 48, 10 = Mc 9, 12) –, cette sévère apostrophe du premier – Jean le Baptiste – prendra tout son sens [4] :

[…] Engeance de vipères, qui vous a suggéré d’échapper à la Colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne du repentir et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : «Nous avons pour père Abraham». Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. Pour moi, je vous baptise dans de l’eau en vue du repentir ; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d’enlever les sandales ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s’éteint pas. (Mt 3, 7-12).

Il est patent, en effet, que Jésus n’a pas réalisé à la lettre ce que prophétisait Jean le Baptiste. Et le « baptême de feu » qu’il annonçait n’est pas le «feu de l’amour», comme le prêchent les faux «prophètes de paix» (cf. Jr 28, 9), qui passent sous silence la «pelle à vanner» et les «bales» que «consumera le feu qui se s’éteint pas». Jean annonçait le jugement eschatologique, que peu de clercs et de fidèles prennent vraiment au sérieux aujourd’hui, ou qu’ils repoussent tellement aux calendes de l’histoire, qu’il en devient irréel et n’interpelle plus les fidèles.

Il faut que les «convertis de la transgression» dont je parle prennent conscience que, malgré les apparences, ils ne sont pas les seuls au monde à s’inquiéter de cet état de choses. C’est la même angoisse que ressentait déjà Élie, comme en témoigne ce passage du 1er Livre des Rois :

[Élie] répondit : Je suis rempli d’un zèle jaloux pour L’Éternel Sabaot, parce que les Israélites ont abandonné ton alliance, qu’ils ont abattu tes autels et tué tes prophètes par l’épée. Je suis resté moi seul, et ils cherchent à m’enlever la vie. L’Éternel lui dit : […] je laisserai en Israël sept milliers, tous les genoux qui n’ont pas plié devant Baal et toutes les bouches qui ne lui ont pas envoyé des baisers. (1 R 19, 14-15a.18).

Ils se réjouiront de constater que c’est par référence à cet épisode que Paul a conclu, dans l’Esprit Saint, au non-rejet du peuple juif, et a considéré ceux des juifs qui avaient cru au Christ comme le germe de ce «reste» dont parle l’Ancien Testament (p. ex., et entre autres : 2 R 19, 31 ; Is 10, 21.22 ; 37, 32 ; Mi 4, 7) :

Je demande donc : Dieu aurait-il rejeté son peuple ? Certainement pas ! Ne suis-je pas moi-même Israélite, de la race d’Abraham, de la tribu de Benjamin ? Dieu n’a pas rejeté le peuple que d’avance il a discerné. Ou bien ignorez-vous ce que dit l’Écriture à propos d’Élie, quand il s’entretient avec Dieu pour accuser Israël : Seigneur, ils ont tué tes prophètes, rasé tes autels, et moi je suis resté seul et ils en veulent à ma vie ! Eh bien, que lui répond l’oracle divin ? Je me suis réservé sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal. Ainsi pareillement, au temps présent, il y a un reste, élu par grâce. (Rm 11, 1-5).

Ils constateront que le Livre de l’Apocalypse dévoile par avance ce qu’il adviendra de ce «reste» au temps de la fin, et ils y liront la détresse et le sentiment d’abandon que tant de justes ont éprouvés au fil des siècles, et qui atteindront leur paroxysme lors de la persécution de l’Antichrist :

Lorsqu’il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix puissante : Maître saint et vrai, qu’attends-tu pour juger et faire justice de notre sang sur les habitants de la terre ? Alors on leur donna à chacun une robe blanche en leur disant de se reposer encore un peu de temps, jusqu’à ce que fussent au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui doivent être mis à mort comme eux. (Ap 6, 9-11).

Ils découvriront la phrase étonnante qui figure au verset 10 de cet autre passage de l’Apocalypse :

On donna [à la Bête] de mener campagne contre les saints et de les vaincre ; on lui donna pouvoir sur toute race, peuple, langue ou nation ; et ils l’adoreront, tous les habitants de la terre dont le nom ne se trouve pas écrit, dès l’origine du monde, dans le livre de vie de l’Agneau égorgé. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! Les chaînes pour qui doit être enchaîné ; la mort par le glaive pour qui doit périr par le glaive ! D’où l’endurance et la foi des saints. (Ap 13, 7-10).

Ils verront que l’apôtre Pierre ne laisse aucun doute sur l’issue inéluctable des prophéties qui annoncent ces événements ultimes :

Sachez tout d’abord qu’aux derniers jours, il viendra des railleurs pleins de raillerie, guidés par leurs passions.Ils diront : Où est la promesse de son avènement ? Depuis que les Pères sont morts, tout demeure comme au début de la création. Car ils ignorent volontairement qu’il y eut autrefois des cieux et une terre qui, du milieu de l’eau, par le moyen de l’eau, surgit à la parole de Dieu et que, par ces mêmes causes, le monde d’alors périt inondé par l’eau. Mais les cieux et la terre d’à présent, la même parole les a mis de côté et en réserve pour le feu, en vue du jour du Jugement et de la ruine des hommes impies. Mais voici un point, très chers, que vous ne devez pas ignorer : c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, comme certains [qui] l’accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir. Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur [5] ; en ce jour, les cieux se dissiperont avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée. (2 P 3, 3-10).

Ils comprendront que, par cette dure prophétie, Pierre anticipe le triomphe blasphématoire temporaire des «railleurs» (ou «persifleurs») qui, constatant le temps considérable écoulé entre la menace et l’exécution des châtiments, se convainquent, et tentent d’en persuader les autres, que les prophéties ne se réaliseront jamais. L’Apôtre, noteront-ils, a prévenu du même coup les fidèles que le découragement et la souffrance seront le lot de ceux qui attendent la justice de Dieu, quand ils subiront la persécution de l’Antichrist et les sarcasmes de ceux qui se seront rangés dans son camp, durant une période qui leur paraîtra interminable, bien qu’elle soit limitée dans le temps – environ trois ans et demi, selon l’Apocalypse (Ap 11, 2.3) et le Livre de Daniel (Dn 12, 11.12). D’ailleurs, l’ampleur et l’horreur de l’épreuve qui précédera le Jour du Seigneur, s’expriment dans cette phrase inquiétante de l’évangile de Matthieu :

Il surgira, en effet, des faux Christs et des faux prophètes, qui produiront de grands signes et des prodiges, au point d’abuser, s’il était possible, même les élus. (Mt 24, 24).

Quant à l’évangile de Luc, il ne fait pas mystère de l’héroïsme dont il faudra faire preuve alors :

C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie ! (Lc 21, 19).

Ces premiers «convertis de la transgression» comprendront que c’est la future résistance surnaturelle de ce «reste», prophétisée par les textes cités, qu’anticipent, de génération en génération et jusqu’à la confrontation finale, les bons et loyaux serviteurs de Dieu, inextricablement mêlés aux impies dans le temps de l’histoire, sans que le Seigneur détruise ceux qui menacent leur existence, pour les raisons qu’explique le Christ dans la parabole de l’ivraie et du bon grain :

Il leur proposa une autre parabole : Il en va du Royaume des Cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l’ivraie, au beau milieu du blé, et il s’en est allé. Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l’ivraie est apparue aussi. S’approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ? Il leur dit : C’est un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui disent : Veux-tu donc que nous allions l’enlever ? Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l’ivraie, d’arracher en même temps le blé. Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord l’ivraie et liez-la en bottes que l’on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. […] Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume ; l’ivraie, ce sont les sujets du Mauvais ; l’ennemi qui la sème, c’est le Diable ; la moisson, c’est la fin de [cette] ère ; et les moissonneurs, ce sont les anges. De même donc qu’on enlève l’ivraie et qu’on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde : le Fils de l’homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d’iniquité, et les jetteront dans la fournaise ardente : là seront les pleurs et les grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende, qui a des oreilles ! (Mt 13, 24-30.37-43).

La mention de la «fournaise ardente» leur fournira la clé de cet oracle de Malachie :

Car voici : le Jour vient, brûlant comme un four. Ils seront de la paille, tous les arrogants et malfaisants ; le Jour qui arrive les embrasera, dit L’Éternel Sabaot, au point qu’il ne leur laissera ni racine ni rameau. Mais pour vous qui craignez mon Nom, le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons ; vous sortirez en bondissant comme des veaux à l’engrais. Vous piétinerez les méchants, car ils seront de la cendre sous la plante de vos pieds, au Jour que je prépare, dit L’Éternel Sabaot. (Ml 3, 19-21)

Quatre conclusions s’imposeront alors à la conscience de ces «convertis de la transgression» :

Tous les «desseins» – justes et pervers – des hommes, avec leur cortège d’iniquités et d’actes bons, connus de la prescience de Dieu, doivent se manifester dans l’histoire et aller à leur terme (cf. 1 Ch 28, 9 ; Lc 2, 25 ; 1 Co 4, 5), donnant aux impies l’occasion de se repentir, mais aussi de perpétrer tout le mal qu’ils projettent, et fortifiant les justes qui accomplissent le bien auquel ils tendent sans cesse, et ce jusqu’à ce que tous soient jugés [6].

Attendre passivement qu’adviennent les tribulations prophétisées dans l’Écriture pour la fin de l’ère présente [7], expose les croyants à apostasier quand se déchaînera l’iniquité.

Se préparer à affronter ces événements et en avertir les hommes et les femmes de notre temps est un devoir absolu (cf. Ac 2, 40).

Diffuser cette «bonne nouvelle» par les moyens modernes de communication est, dans le monde et la culture d’aujourd’hui, l’équivalent de la prédication itinérante des apôtres et des disciples ; c’est aussi le seul moyen d’être en unité d’esprit, malgré l’éloignement géographique, avec celles et ceux «qui n’ont pas plié le genou devant Baal», ou devant «le dieu de ce monde» (2 Co 4, 4), et que le Seigneur seul connaît.

Il faut souhaiter que, soucieux de porter leur témoignage à l’attention de celles et ceux qui voudront bien en examiner la teneur sans idée préconçue, les «convertis de la transgression», dont je parle, le leur exposeront, sans arrogance ni exaltation, mais aussi sans crainte et en toute simplicité. De la sorte, ils sensibiliseront des esprits et des âmes à l’avertissement, que ne cessent de nous adresser les Écritures et Jésus Lui-même, d’avoir à nous préparer à résister à l’Apostasie et à supporter avec constance la persécution de l’Antichrist, pour être trouvés dignes de participer au Royaume de Dieu, qui s’établira sur la terre après toutes ces tribulations.

Avant le déchaînement diabolique de la fin des temps, l’humanité sera soumise à une épreuve – au sens d’un «examen» (ou d’une «inspection») [8] –, qui révélera les «pensées secrètes de nombreux cœurs» (Lc 2, 35), «ouvrira le procès des nations, et instituera le jugement de toute chair» (Jr 25, 31), «à propos d’Israël», ainsi que le prophétise Joël :

Après cela je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens, des visions. Même sur les esclaves, hommes et femmes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. Je produirai des signes dans le ciel et sur la terre, sang, feu, colonnes de fumée ! Le soleil se changera en ténèbres, la lune en sang, avant que ne vienne le Jour de L’Éternel, grand et redoutable ! Tous ceux qui invoqueront le nom de L’Éternel échapperont, car sur le mont Sion et à Jérusalem il y aura des rescapés, comme l’a dit L’Éternel, et des survivants que L’Éternel appelle. Car en ces jours-là, en ce temps-là, quand je rétablirai [9] Juda et Jérusalem, je rassemblerai toutes les nations, je les ferai descendre à la Vallée de Josaphat ; là j’entrerai en jugement avec elles à propos d’Israël, mon peuple et mon héritage, car ils l’ont dispersé parmi les nations et ont divisé mon pays. (Jl 3, 1-5 ; 4, 1-2).

C’est sur ces harmoniques «apocatastatiques», lues au prisme de «l’intrication prophétique» des Écritures, que je clos ce témoignage.

Je n’en tire nulle fierté, car il s’impose à ma conscience. Malheur à moi, en effet, si je ne l’exprimais pas (cf. 1 Co 9, 16).



[1] Littéralement «ceux qui sont revenus» (ou se sont détournés) de la transgression.

[2] Le thème de la transgression est connoté par plusieurs termes hébraïques (par exemple, hèt, ‘awon, etc.) ; je m’en tiens ici à la racine hébraïque pasha‘ (PŠ‘), qui figure dans l’expression shavei pesha‘, en précisant, à l’intention des hébraïsants, qu’il en existe au moins deux parallèles prégnants : Is 46, 8 : «Souvenez-vous-en et reprenez-vous, transgresseurs, rentrez en vous-mêmes (hashivou ‘al lev)» ; et Ps 51, 15 : «Aux transgresseurs j’enseignerai tes voies, et les pécheurs reviendront à toi (eleikha yashouvou)», les formes verbales hashivou et yashouvou – de même racine (ŠUW) – faisant écho à shavei.

[3] Comme David qui gémissait : «Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface ma transgression […] Car ma transgression, je la connais, ma faute est devant moi sans relâche […]» (Ps 51, 3.5) ; les hébraïsants auront intérêt à consulter aussi : Ps 32, 1 ; Ps 36, 2 ; Is 53, 12 ; Ez 18, 30 ; Mi 7, 18 ; etc.

[4] J’ai traité ailleurs de la parenté spirituelle et ascétique de ces deux prophètes et des analogies de leur mission prophétique respective (voir, par exemple, et entre autres : «Jean le Baptiste était-il Élie ?» ; «Élie et la conversion finale du peuple juif, à la lumière des sources rabbiniques et patristiques».

[5] C’est la métaphore, classique dans le Nouveau Testament, de la soudaineté de l’événement (cf. Mt 24, 43 = Lc 12, 39 ; 1 Th 5, 2.4 ; 2 P 3, 10 ; Ap 3, 3 ; 16, 15).

[6] C’est l’idée sous-jacente à Ap 22, 11-12 : «Tandis que le malfaisant fait encore le mal, que l’homme souillé se souille encore, que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore, soudain, voici que je viens, avec ma rétribution, pour rendre à chacun selon ses œuvres». Dieu semble sans réaction, mais celle-ci est inéluctable.

[7] Et non «fin du monde», comme on le lit souvent ; le terme grec employé est aiôn, qui signifie «époque», «période», «âge», «ère», ainsi que je l’ai déjà signalé plus haut et ailleurs à maintes reprises.

[8] En latin «examinatio» ; le mot figure dans le passage d’Irénée de Lyon que j’ai déjà cité plus haut, et dont je crois utile de reprendre ici ces phrases : «Et comme l’apostasie [du diable] avait été mise au jour par le moyen de l’homme et que l’homme avait été l’épreuve de ses dispositions intimes, il se dressa de plus en plus violemment contre l’homme, jaloux qu’il était de la vie de celui-ci et résolu à l’enfermer sous sa puissance apostate.» (Irénée de Lyon, Adv.Haer., V, 24, 4).

[9] L’expression hébraïque, mal traduite par la majorité des Bibles, est ashiv et-shvout (du syntagme shuv svut), qui ne signifie pas «ramener les captifs», mais «rétablir (une chose une situation, une personne) dans son état ou sa situation antérieurs, ou dans celui qui était prévu à l’origine». J’en ai traité abondamment dans mes écrits.

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Date de dernière mise à jour : 14/05/2014