32. Seule mesure préventive contre l’Apostasie qui vient : une véritable repentance

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Il ne sera pas inutile de revenir brièvement, à titre d’entrée en matière dans cette thématique, sur le passage, cité plus haut, consacré par Irénée de Lyon à l’apostasie du Diable, et plus précisément sur sa dernière phrase :

comme [le Diable] avait dominé sur les hommes par le moyen de l’Apostasie, son apostasie était à son tour réduite à néant par le moyen de l’homme revenant à Dieu [1].

On aura peut-être remarqué que, selon Irénée, ce «retour à Dieu» pose implicitement la repentance de l’homme comme préalable de sa victoire sur l’apostasie dans laquelle le Diable veut l’entraîner. C’est à la lumière de cette constatation qu’il conviendra de lire ce qui suit.

 

L’éclairage juif

 

Dans un précédent ouvrage [2], j’ai évoqué l’échange – impressionnant et instructif, mais peu connu – qui eut lieu en 1947, après la Conférence de Seelisberg, entre l’abbé Charles Journet, ecclésiastique suisse, profondément préoccupé par le sort des juifs, et Alexandre Safran, alors Grand Rabbin de Roumanie. Safran en ouvre la relation en ces termes :

L’Abbé Journet me fit part d’un problème religieux qui le hantait : quelle est la situation religieuse d’un croyant conscient de son devoir imprescriptible d’aider les êtres humains dans la détresse et en danger de mort, et qui pourtant ne s’acquitte pas de ce devoir comme il devait le faire surtout en raison de la place exemplaire qu’il occupe en tant que serviteur de Dieu, en tant qu’ecclésiastique ?

Il serait trop long de passer en revue les réponses du Grand Rabbin, puisées aux meilleures sources de la tradition juive, que l’on peut lire dans mon livre cité [3]. Je me limite ici à en reprendre quelques passages. On retiendra surtout son exégèse de l’expression biblique : lo’ ta’amod ‘al dam re’ekha (littéralement, «tu ne resteras pas [immobile] sur le sang de ton prochain» (Lv 19, 16), ce que l’on peut paraphraser ainsi : tu ne resteras pas sans réaction face aux atteintes à la vie de ton prochain. Il cite, entre autres autorités traditionnelles juives, Rashi, qui commente, à propos du même verset :

[Tu ne resteras pas] à le regarder mourir, quand tu peux le sauver, par exemple, de la noyade dans un fleuve, ou d’une attaque de brigands.

Puis il évoque Rashbam, qui parle de sauver le prochain que l’on «poursuit pour le tuer», et rend l’expression difficile, lo’ ta’amod ‘al dam – tu ne resteras pas immobile sur le sang de ton prochain – par la suivante, plus claire :

lo’ ta’amod minneged (tu ne te tiendras pas devant – à distance), pour caractériser l’attitude de non-intervention de ceux qui assistent, sans réagir, à la mise à mort de leur prochain, ou aux sévices qui lui sont infligés.

Enfin, il rapporte l’enseignement d’un décisionnaire contemporain qui affirme, en s’appuyant sur l’enseignement de Maïmonide :

quiconque peut sauver son prochain, soit de manière physique, soit en apaisant celui qui veut lui faire du mal, soit en prévenant son prochain du danger qui le menace, et ne le fait pas, viole l’interdit [de la Torah] : «tu ne resteras pas [sans réaction] s’agissant du sang de ton prochain».

Le «verdict» halachique rendu par le Grand Rabbin Safran est accablant pour les autorités religieuses chrétiennes. Pour faire bref, je conclurai en citant ce passage de mon précédent ouvrage [4] :

À ce stade, [Alexandre Safran] relate la réaction de son interlocuteur : «L’Abbé Journet n’a pas pu cacher son émotion en écoutant les citations de la Torah que je venais de faire.» Compatissant et généreux, le Grand Rabbin entreprend de le rassurer : «Je me suis hâté de lui dire que la Torah et les Sages d’Israël savent apprécier la valeur des hirhourei techouva, pensées qui conduisent à l’acte de repentance, contenant, avec le regret véritable, un engagement ferme – salutaire – pour l’avenir.»

Et le Grand Rabbin de conclure – avec une nuance de regret pour le caractère tardif de ce qui constituait à l’époque où il confiait ses souvenirs de cet événement à une revue protestante (1997) la seule déclaration de repentance de la hiérarchie catholique française :

Il a fallu attendre le cinquantenaire de la Conférence [de Seelisberg] pour que les évêques de France accomplissent un acte dont l’Abbé Journet avait pressenti la nécessité : la repentance [5]. Cet acte les honore et nous donne de l’espoir.»

 

L’éclairage historique

 

Je ne crois pas exagérer en supposant qu’à l’époque, bon nombre d’ecclésiastiques, y compris dans les rangs de la hiérarchie religieuse catholique et protestante, se posaient les mêmes questions que l’abbé Journet. En tout état de cause, dès 1945 et jusqu’en 1997, d’impressionnantes déclarations de repentance ont été formulées par des responsables d’Église ; on peut en lire quelques-unes dans mon ouvrage évoqué plus haut [6]. On y trouve même des reconnaissances expresses de culpabilité et de complicité de l’Église, tel cet aveu saisissant qui figure dans la Déclaration du Synode des évêques catholiques de la République fédérale allemande [7] :

Nous sommes le pays dont l’histoire politique récente a été assombrie par la tentative d’extermination systématique du peuple juif. Malgré la conduite exemplaire de quelques individus et groupes, nous avons été en général, à cette époque du National-Socialisme, une communauté ecclésiale qui a vécu en tournant le dos au destin de ce peuple persécuté, une communauté obsédée par la crainte pour ses institutions menacées, une communauté qui a gardé le silence en face des crimes perpétrés contre les juifs et le judaïsme. Aussi, un grand nombre d’entre nous se sont-ils rendus coupables purement et simplement parce qu’ils ont eu peur de risquer leur vie. Et c’est pour nous une humiliation particulière que des chrétiens aient pu prendre une part active à cette persécution. La sincérité réelle de notre désir de renouvellement dépendra de l’aveu de ces fautes et de notre disponibilité à nous laisser douloureusement instruire par l’histoire des forfaits de notre pays et de notre Église [...].

Ce n’est pas du tout le cas de la Déclaration romaine sur la Shoah [8], qui contient des demi-aveux, assaisonnés d’autojustifications apologétiques, voire d’exagérations criantes [9]. Je ne suis pas le seul à émettre une appréciation sévère du document romain. Le professeur Miccoli, spécialiste incontesté de l’histoire de l’Église contemporaine, va plus loin encore dans l’analyse. Dans la septième partie de son livre de 2007 [10], intitulée précisément «Repentance, pardon et le rapport difficile avec l’histoire» [11], il traite avec maîtrise de la question délicate de la reconnaissance de ses fautes par une institution qui, tout en reconnaissant celles de ses membres, s’en tient à «la conception traditionnelle, ontologico-théologique, de l’Église “sans péché”» [12].

L’œcuménisme, la liberté religieuse, les rapports avec les Juifs et les autres religions non chrétiennes, les relations de l’Église avec le monde, constituent des thèmes où se posait la question d’une éventuelle reconnaissance de fautes, d’omissions, d’interférences indues de la hiérarchie dans la vie sociale. Les débats conciliaires mirent en évidence des résistances et de vives protestations de la part de pères pour qui il était inadmissible (et dangereux pour la crédibilité de l’Église) que l’Église reconnaisse qu’elle ait pu errer de quelque façon que ce soit [13].

Suit une longue, dense et complexe analyse, majoritairement centrée sur le rapport entre théologie et histoire, dont voici quelques extraits :

Jean-Paul II prend soin de préciser certains caractères propres de l’Église, qui peuvent être considérés comme des présupposés indispensables à toute recherche historique à son sujet [à savoir] que de tels caractères dépendent de la finalité de l’Église, qui «consiste […] à transmettre les biens du salut confiés par Jésus-Christ aux Apôtres – son Évangile et ses sacrements – pour toutes les générations de l’humanité qui a besoin de la vérité et du salut. […] ce processus de transmission, quand il se développe à travers les organes légitimes, est guidé par l’Esprit Saint, conformément à la promesse de Jésus-Christ» [et] acquiert ainsi «une signification théologique surnaturelle» [14].

Et Miccoli de commenter ainsi le propos de Jean-Paul II :

Puisque ce que les «organes légitimes» de l’Église ont décidé et décident en se référant à sa doctrine, à sa vie sacramentelle, à son système normatif, «est guidé par l’Esprit Saint», tout cela est indépendant, par définition, de la contingence des processus historiques. Il en résulte un accent très fort sur l’autorité et le rôle du magistère, mais aussi la négation de l’ «historicité» de ses décisions et de ses déterminations, et donc l’intangibilité de la «tradition». Le pape confirme ainsi implicitement pour tous les fidèles le devoir d’ «obéissance» [...] La compréhension vraie et profonde de l’épaisseur et de la portée de ces événements, comme du sens et des raisons qui en ont fait ce qu’ils sont, est réservée à la théologie et non à l’histoire [15].

C’est tout naturellement que ce savant évoque les dangers que «Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah ne réussit pas à éviter», à savoir : «une connaissance et une conscience amputées et partielles de ce qui est arrivé dans l’histoire et du “pourquoi” cela est arrivé.» Il déplore d’ailleurs le fait que

ce document est entièrement traversé par la distinction entre l’Église, et les «faiblesses» et les «fautes» dont ses enfants se sont rendus coupables, [et qu’]il lui manque une réflexion sur l’élaboration théologique de l’âge patristique sur le judaïsme, qui a tellement conditionné les époques ultérieures [16].

Moins focalisée que la mienne sur la tendance apologétique de ce document, la critique de Miccoli, plus structurelle, l’amène à épingler, avec pertinence, une

reconstitution historique des rapports entre les chrétiens et les Juifs au cours des siècles, qui présente des réticences, des imprécisions, des exagérations et des simplifications inacceptables [17].

Plus cinglant encore ce reproche, qui met en cause les Pères de l’Église :

[…] il est vraiment réducteur de parler, à propos de l’attitude de l’Église envers les Juifs au lendemain de la conversion des empereurs romains au christianisme, de «groupes agités de chrétiens qui assaillaient les temples païens et firent parfois de même contre les synagogues […]».

Après avoir rappelé que le célèbre évêque Ambroise s’était opposé à la décision de l’empereur Théodose condamnant les incendiaires chrétiens d’une synagogue à la reconstruire à leurs frais [18], et qu’il était même allé jusqu’à endosser la responsabilité personnelle de cet «assaut», Miccoli fait remarquer, sévèrement mais justement :

Au-delà des «assauts», ce qui compte vraiment, c’est la formulation par la pensée patristique entière d’un jugement des Juifs, ainsi que l’affirmation selon laquelle il est nécessaire qu’ils vivent dans une situation de discrimination et de soumission. […]

Et de souligner la responsabilité historique de la hiérarchie de l’Église d’alors dans ces débordements haineux aux dépens des juifs :

La théologie de la «substitution» (l’Église, «novus Israel», succède à l’ancien Israël dans le dessein de Dieu) constitue un facteur fondamental de l’attitude des chrétiens envers les Juifs et le judaïsme [19].

S’agissant de l’époque moderne, Miccoli prend ses distances avec l’évocation que fait le document romain d’un «nationalisme faux et exacerbé» et d’un «antijudaïsme essentiellement plus sociopolitique que religieux». Il admet que sa «complexité ne permet pas un traitement du problème dans un document de synthèse», mais n’en estime pas moins

inadmissible qu’une reconstitution, même sommaire, des rapports entre les chrétiens et les Juifs passe sous silence la centralité absolue que la lutte antijuive avait occupée dans les partis et les mouvements catholiques et dans les polémiques engagées par la presse confessionnelle. Ceux-ci joignaient des jugements et des stéréotypes antiques avec des thématiques nouvelles ; C’est à cette époque que l’hostilité traditionnelle des chrétiens contre les Juifs prit une tournure et une dimension politiques au moyen d’une mobilisation de masse [20].

Miccoli s’inscrit également en faux contre l’argument du document romain, selon lequel ce sont les «préjugés», un «manque de sensibilité», ou une «indifférence», qui expliquent «l’attitude élusive et réticente prise alors par la hiérarchie». Selon lui,

ces idées et sentiments se fondaient sur des jugements et des convictions profondément intériorisés, inscrits dans l’enseignement, la pratique religieuse et la pensée politique de la tradition catholique [21].

Il déplore que

la dernière partie du document, qui traite de la position prise au cours de la guerre par le Saint-Siège, par différents épiscopats, par le clergé et par les fidèles, face à la déportation et l’extermination des Juifs, présente également des simplifications, des imprécisions et des omissions [et qu’]elle propose une réfutation indirecte des accusations faites à Pie XII pour ses «silences» [22], en rappelant les nombreux témoignages de reconnaissance à son égard, reçus de la part d’organisations juives dans l’immédiat après-guerre – [sans résoudre] les questions de fond concernant les attitudes prises précédemment par Pacelli [23].

Et l’historien de conclure cette partie de son analyse, consacrée à la déclaration «Nous nous souvenons», par ce constat – sévère mais difficilement contestable :

Il est difficile de dire combien un document aussi insatisfaisant du point de vue historique, malgré les propos qui l’ont inspiré, a été le fruit conscient et voulu d’un présupposé qui entendait limiter aux «fils» de l’Église tout discours critique sur les responsabilités, les déviations et les fautes de cette dernière. Mais le résultat est là : la doctrine, le magistère, l’enseignement et les actions fondées pendant des siècles sur une ecclésiologie bien précise, tout cela reste exclu de l’examen [24].

 

L’éclairage scripturaire

 

À la lumière de nombreux passages de l’Écriture, et surtout du Nouveau Testament, celles et ceux qui croient fermement, sur la foi de la parole du Seigneur lui-même, qu’il n’est «pas venu abolir la Loi ou les Prophètes […] mais accomplir» (cf. Mt 5, 17), prennent de plus en plus conscience de l’inéluctabilité des événements du temps de la fin. J’ai attiré l’attention ailleurs [25], sur le «caractère en quelque sorte obligatoire des événements connus par la prescience de Dieu, qui doivent advenir justement parce qu’ils ont été vus d’avance par Dieu» – ce que le Nouveau Testament exprime par le verbe grec dein, (falloir, ou devoir). On voudra bien s’y reporter pour bien comprendre ce qui suit.

Mais il y a plus frappant encore. On lit en effet, dans le Livre de Jérémie, cette dure apostrophe de Dieu à son peuple :

… et tu dis : «D’ailleurs, je suis innocente, puisque sa colère s’est détournée de moi !» Me voici pour te juger puisque tu dis : «Je n’ai pas péché.» (Jr 2, 35).

Quiconque est en mesure de comprendre le texte hébreu notera que l’expression «sa colère s’est détournée» (shav apo) ne figure à la forme assertive que dans ce passage. Partout ailleurs dans l’Écriture (et en fait, uniquement dans le livre d’Isaïe (Is 5, 25 ; 9, 11.16.20 ; 10, 4), elle est employée négativement (lo shav apo – sa colère ne s’est pas détournée, ou n’a pas cessé). Il est donc clair que l’affirmation du peuple, relatée par le prophète, est mensongère et arrogante, et ne plaît pas à Dieu. D’où sa réponse fulgurante :

 Me voici pour te juger puisque tu dis : «Je n’ai pas péché

Est-ce blasphémer que se demander si l’insistance du document romain «Nous nous souvenons» sur l’ «impeccabilité» de l’Église en tant que telle – les fautes n’étant imputées qu’à ses «enfants», en vertu de la conception selon laquelle, «considérée dans la vérité de son être, l’Église est sans péché parce qu’elle est “corps du Christ”, et guidée par lui [26]» –, ne s’apparente pas au «Je n’ai pas péché», que stigmatise Dieu ?

On peut se demander, en effet, si le verset de Jérémie cité ci-dessus ne pourrait pas s’appliquer, selon l’ «intrication prophétique», à une communauté ecclésiale qui en viendrait à se dire : «sa colère s’est détournée de moi» [27]. Il faut souhaiter au contraire que de plus en plus de prélats et de fidèles en viennent à confesser avec d’humbles sentiments de repentance, comme les évêques catholiques allemands réunis en Synode à Würtzburg en novembre 1975, qu’ils ont été, durant la Shoah, «une communauté ecclésiale qui a vécu en tournant le dos au destin de ce peuple [juif] persécuté» ? [28]

Quelle que soit la réponse que donnera la théologie à cette question – redoutable, selon moi –, c’est l’attitude future de l’Église et de ses fidèles, au temps de l’épreuve finale, qui «révélera les pensées intimes de bien des cœurs» (cf. Lc 2, 35), «au jour où Dieu jugera ce qui est caché [dans le cœur] des hommes» (cf. Rm 2, 16). Le Seigneur nous a adressé trois avertissements prophétiques à ce propos.

Les deux premiers concernent l’ensemble des fidèles, sans distinction de rang, de ministère, ou de charisme :

Soyez semblables, vous, à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, pour lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera. Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de veiller ! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira. Qu’il vienne à la deuxième ou à la troisième veille, s’il trouve les choses ainsi, heureux seront-ils ! (Lc 12, 36-38).

Soyez sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne vienne soudain sur vous comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. (Lc 21, 34-35).

Le troisième avertissement vise clairement les responsables et les plus hautes instances de l’institution humano-divine qu’est l’Église :

Comprenez bien ceci : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur devait venir, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. Pierre dit alors : «Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tout le monde ?» Et le Seigneur dit : «Quel est donc l’intendant fidèle, avisé, que le maître établira sur ses gens pour leur donner en temps voulu leur ration de blé ? Heureux ce serviteur, que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! Vraiment, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce serviteur dit en son cœur : «Mon maître tarde à venir», et qu’il se mette à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, boire et s’enivrer, le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; il le retranchera et lui assignera sa part parmi les infidèles.» (Lc 12, 39-46).

Que le lecteur comprenne ! [29]


[1] Irénée de Lyon, Ibid., p. 309.

[2] Menahem Macina, L’apologie qui nuit à l’Église. Révisions hagiographiques de l’attitude de Pie XII envers les Juifs. Suivi des contributions des professeurs Michael R. Marrus et Martin Rhonheimer, Cerf, Paris, 2012, p. 179-189.

[3] M. Macina, L’apologie qui nuit à l’Église, op. cit., p. 187-188. Sur les auteurs cités et les références évoquées, se reporter à cet ouvrage.

[4] Id. Ibid., p. 189.

[5] Il s’agit de la Déclaration de repentance de 18 évêques de France, du 30 septembre 1997, dont le texte figure in extenso in Id. Ibid., p. 58-61.

[6] Id. Ibid., p. 51-63.

[7] Würzburg, 22 novembre 1975. Texte cité d’après Les Églises devant le Judaïsme. Documents officiels 1948-1978. Textes rassemblés, traduits et annotés par Marie-Thérèse Hoch, et Bernard Dupuy, Cerf, Paris, 1980, p. 80. Ce texte pénitent n’est d’ailleurs pas isolé. J’ai cité, dans mon ouvrage évoqué, de larges extraits des déclarations d’Églises, tant catholiques que protestantes, voir Id. Ibid., le chapitre intitulé «La contrition des responsables d’Églises», p. 51-63.

[8] «Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah», 12 mars 1998, texte sur le site du Vatican.

[9] Je les ai analysées et critiquées dans mon ouvrage cité : M. Macina, L’apologie, op. cit., p. 65-93.

[10] Giovanni Miccoli, In difesa della fede. La Chiesa di Giovanni Paolo II e Benedetto XVI, RCS Libri, Milano, 2007. Traduction française de Christiane de Paepe et Paul Gilbert s.j. : Le pontificat de Jean-Paul II. Un gouvernement contrasté, éditions Lessius, Bruxelles, 2012. J’en cite, dans les pages qui suivent, avec l’autorisation de l’éditeur, des passages significatifs.

[11] Id. Ibid., p. 257-294.

[12] Ibid., p. 276.

[13] Ibid., p. 257.

[14] Ibid., p. 278.

[15] Ibid., p. 279.

[16] Ibid., p. 281-282.

[17] Ibid., p. 284.

[18] Voir Menahem Macina, «Une compassion catholique sélective», en ligne sur le site debriefing.org.

[19] Ibid., p. 284-285.

[20] Ibid., p. 286.

[21] Ibid., p. 287-288.

[22] Le professeur Miccoli a consacré à cette question un ouvrage incontournable : I dilemmi e i silenzi di Pio XII. Vaticano, Seconda guerra mondiale e Shoah, Rizzoli, Milano, 2000 ; traduction française par Anne-Laure Vignaux, avec la collaboration de Lydia Zaïd : Les Dilemmes et les silences de Pie XII. Vatican, Seconde Guerre mondiale et Shoah, éditions Complexe, Bruxelles, 2005.

[23] Ibid., p. 288.

[24] Ibid.

[25] Ibid., au chapitre intitulé «Israël et les nations dans les Écritures».

[26] D’après Miccoli, Le pontificat de Jean-Paul II, op. cit., p. 268.

[27] Il m’arrive de pressentir que c’est déjà le cas de celles et ceux qui se disent excédés des évocations de la Shoah, et vont jusqu’à s’exclamer (j’en ai été témoin, à plusieurs reprises) : «Vous ne croyez pas qu’il est temps de tourner la page ?».

[28] Cf. Les Églises devant le Judaïsme. Documents officiels 1948-1978, op. cit., p. 80.

[29] Cf. Mt 24, 15 = Mc 13, 14.

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Date de dernière mise à jour : 27/08/2014