7. Coups de pouce à l’Histoire pour sauver l’honneur d’un pape

 

Le souci de protéger son image et de prouver son propre engagement semble augmenter au rythme de la prise de conscience que rien ou presque ne pourra être obtenu du gouvernement allemand par ce biais [les pressions des nonces]. Il ne s’agit pas seulement d’une vision réaliste du tragique de la situation: il y a une véritable attention aux réactions de l’opinion publique, je dirais même un « souci de l’histoire » qui implique de construire les documents d’une façon bien précise, de manière à préparer le terrain pour sa future apologie.

Giovani Miccoli, Les Dilemmes et les silences de Pie XII. Vatican, Seconde Guerre mondiale et Shoah, Éditions Complexe, 2005, p. 94.

 

Quiconque aura entrepris d’y voir plus clair dans la polémique concernant l’attitude de l’Église à l’égard des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, se heurtera, un jour ou l’autre, au fil de ses lectures, aux flots d’une apologétique, parfois indécente, qui se déversent, depuis des années, dans nombre de livres et de revues, ainsi que sur Internet, et dont le but n’est pas seulement de justifier ce pape par tous les moyens, mais même de l’ériger en illustre défenseur et sauveteur de juifs. Certains zélateurs vont même jusqu’à revendiquer pour lui le titre de « Juste des Nations », décerné par le Musée israélien de l’Holocauste, Yad Vashem, à celles et ceux qui ont sauvé des juifs, parfois au péril de leur vie !

J’ai évoqué, plus haut, le malaise que m’a causé l’évocation, par le pape Benoît XVI, de l’unique allusion publique de Pie XII au sort des juifs persécutés, dans son radio-message de Noël 1942. J’ai montré la manière dont ce texte avait été, ici ou là, valorisé, voire sollicité, dans le but d’exalter les mérites du pontife du temps de guerre. J’y reviens maintenant pour signaler un fait plus troublant encore.

Dans son homélie de 1998, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Pie XII, dont j’ai cité des passages plus haut, Benoît XVI ne cache pas qu’il partage l’opinion, largement répandue, pour ne pas dire unanime, selon laquelle en parlant (sans mentionner leurs origines) de « centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement », le pape Pie XII […] « se référait très clairement à la déportation et à l’extermination perpétrée contre les juifs ». Mais est-ce bien le cas ?

Il semble, au contraire, comme je l’ai exposé en son lieu, qu’il s’agissait d’un message à «double destination», qui visait autant les catholiques polonais, eux aussi terriblement persécutés par les nazis, que les juifs.

Dans la même homélie, Benoît XVI réagit, sans le dire explicitement, à l’accusation de « silence », régulièrement émise à l’encontre de Pie XII, comme dans ce passage :

Souvent, c’est dans le secret et le silence qu’il a agi parce que, justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l’intuition que c’est seulement de cette manière que l’on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs.

Allusion à peine voilée au bien-fondé de la discrétion de ce pape quand on sait le résultat catastrophique de la protestation des évêques de Hollande, du 26 juillet 1942, qui, au lieu de sauver des vies eut pour conséquence des dizaines de milliers de déportations supplémentaires. Ce sont là des arguments recevables et ils n’appartiennent pas au registre déplorable de l’apologie débridée, que j’ai appelé « ecclésiodicée ».

J’ai apprécié que Benoît XVI se soit abstenu d’évoquer les chiffres astronomiques inlassablement cités, ces dix dernières années, jusque dans des ouvrages sérieux, qui reprennent sans recul critique les statistiques fantaisistes du défunt Pinchas Lapide, dont l’une a hélas trouvé place dans la Déclaration romaine de repentance, en ces termes que je rappelle :

Pendant et après la guerre, les communautés juives et les représentants juifs exprimèrent leurs remerciements pour tout ce qui avait été fait pour eux, y compris ce que le Pape Pie XII fit personnellement ou à travers ses représentants pour sauver des centaines de milliers de vies juives [1].

Ayant cité en détail, plus haut, la source majeure, unique même pour beaucoup d’auteurs, de cette arithmétique aussi extravagante que navrante, mise au service de cette « historiographie pontificale » [2], à savoir le best seller de Pinchas Lapide [3], je ne m’attarderai pas sur ce point. Par contre, je crois utile de mentionner ici une autre légende érigée en fait historique par le correspondant au Vatican de Il Giornale di Milano, dans son livre, « Pie XII, le pape des juifs » [4], majoritairement consacré à laver l’honneur du pape défunt. Au cours d’une interview, l’auteur relatait :

En 1942, le pape était sur le point de publier un document très dur contre les Nazis, contre Hitler, contre la persécution des juifs, mais il a été profondément affecté par ce qui s’est produit en Hollande. Dans ce pays, suite à la protestation des évêques, les persécutions contre les juifs ont empiré. La preuve de l’existence de ce document repose sur beaucoup de témoins, tels la soeur Pasqualina Lehnert, la soeur Konrada Grabmeier, le Père Robert Leiber, et également le cardinal français Eugène Tisserant. Ces témoins ont révélé que le pape avait écrit ce document et qu’il avait décidé de le brûler lui-même dans la cuisine, restant jusqu’à ce qu’il ait été complètement détruit. Sa détresse à propos du cas hollandais était si profonde qu’il avait préféré le brûler [le document] plutôt que de causer davantage de dommage aux juifs [5].

Épisode étonnant, quand on sait le soin méticuleux que met le Vatican à conserver tout document susceptible de servir, un jour, à la défense et à l’illustration des actes de l’Église et de ses souverains pontifes. Qui peut faire de l’histoire avec cela ? Moins négatif que moi, mais non moins critique, semble-t-il, à l’égard de cette narration, l’historien italien G. Miccoli, se contente de la relativiser en relatant une autre version des faits :

Selon un témoignage de Lamberto Fusco, publié dans la revue Vita du 8 avril 1964, Pie XII avait, dès le mois d’août 1942, décidé de prononcer devant un groupe de soldats allemands un discours de condamnation du racisme et des violations contre la personne humaine. Mais une heure avant l’audience, il aurait détruit le texte en disant : « J’ai le devoir de simplifier les choses, pas de les compliquer […]. Le même épisode est raconté, avec des détails supplémentaires invérifiables, par la fidèle collaboratrice de Pie XII, Pascalina Lehnert [6].


Pie XII et les juifs, apologétique et légende à la rescousse d’un pape décrié: la preuve par Lapide

On a vu plus haut la place importante que tiennent les arguments de l’écrivain juif israélien, Pinchas Lapide. Il est temps d’en savoir davantage sur cet auteur. Lapide était un bon connaisseur du christianisme fort impliqué dans les relations entre chrétiens et juifs. En quatrième page de couverture de la traduction française de son bestseller, Rome et les juifs, il est présenté en ces termes :

Canadien d’origine, Israélien par choix. [Il] fut l’un des fondateurs du premier kibboutz américain dans les montagnes de Gilboa. Diplômé de l’Université hébraïque, il parlait couramment huit langues et fut diplomate au Brésil, puis en Italie, avant de diriger le Service de Presse gouvernemental à Jérusalem. Il est l’auteur de plusieurs romans et essais, dont « ”Le Vicaire” et la vérité sur Pie XII ».

De même, en quatrième page de couverture de son autre ouvrage, intitulé Fils de Joseph ?, on peut lire :

Pinhas Lapide est né en 1922, à Vienne, d’où il fuit, en 1938, pour la Palestine. Ancien officier, diplomate et journaliste, il est, depuis 1971, professeur dans plusieurs universités de Jérusalem [sic]. À tous ces titres, il est le bon partenaire de personnalités chrétiennes (Hans Küng, par exemple) dans des débats qui aboutissent à des ouvrages publiés.

Petite remarque au passage : outre qu’il n’y a qu’une seule université à Jérusalem, et non « plusieurs », la prière d’insérer ne précise pas sur quelles matières portaient les cours du « professeur » (qu’il n’était pas). Selon le professeur Tadeusz Gierymski, qui a fait des recherches en ce sens, une bibliographie des publications de P. E. Lapide, même si elle n’est certainement pas exhaustive, comprendrait au moins une dizaine de titres [7]. Précisons, toutefois, qu’il ne faudrait pas déduire des passages très laudatifs envers Pie XII, cités ici, que Lapide était une espèce de « thuriféraire » inconditionnel du christianisme. La lecture des 420 pages de son ouvrage, Rome et les juifs (1967), atteste du contraire. On peut même parler, en la matière, de réquisitoire implacable, voire de catalogue, à la limite du fastidieux, des torts patents de l’institution chrétienne et spécialement de son antijudaïsme multiséculaire.

Toutefois, ce qui différencie le livre de Lapide d’autres qui, eux, s’apparentent à des réquisitoires arbitraires, voire à des pamphlets haineux, c’est l’objectivité de son auteur. En effet, non seulement il ne passe pas sous silence les faits et paroles positifs des personnes et des institutions chrétiennes, mais il fait preuve envers elles d’une empathie, peu commune chez un juif pleinement conscient du tort souvent irréparable causé à son peuple par une chrétienté qui fut, dans l’ensemble, si longtemps injuste et cruelle envers ceux et celles qu’elle diabolisait avec d’autant moins de scrupules qu’elle croyait, à tort, lire dans le Nouveau Testament la justification de son attitude.

Il reste que les affirmations de Lapide créditant du sauvetage de centaines de milliers de juifs le pape et les diverses institutions dépendant du Vatican, ne sont pas fiables et ressortissent davantage à une apologétique – dont les motivations ne sont pas claires – qu’à un travail de recherche digne de ce nom. Pour illustrer ce recours au qualificatif d’ « apologétique » concernant la défense de Pie XII par cet auteur, je me limiterai ici à un seul exemple, qui ne laisse pas d’intriguer.

Après un très long chapitre, intitulé « Ce que Pie XII a fait pour les juifs » (p. 171-287), vient un autre, de dimensions beaucoup plus modestes (p. 287-307), intitulé « Ce que Pie XII n’a pas fait ». Sur la foi de ce titre, et malgré les quelque cent vingt pages d’apologie papale qui précèdent, on se fût attendu à lire au moins une ou deux critiques mesurées, ou quelque aveu – même mitigé – selon lequel, bien qu’il n’y ait pas de raison de douter que Pie XII avait agi en toute bonne foi, sa retenue verbale, à tout le moins, pouvait prêter le flanc à la critique. Mais on ne trouve rien de tel. Si ces vingt pages évoquent bien le « silence » du pape d’alors, c’est pour l’en laver aussitôt sous un déluge de justifications recueillies de la bouche de témoins à décharge, ou dans les récits généreux des seuls avocats de la défense de la mémoire pontificale. Quant aux rares témoins à charge cités à comparaître, c’est tout juste s’ils ont droit à quelques mots. À peine monté en ligne, leur témoignage est pris sous le feu roulant de pièces d’une artillerie lourde, servie par de prestigieux canonniers et abondamment fournie en munitions apologétiques de gros calibre. De ce procès gagné d’avance, la mémoire du pontife romain sort non seulement lavée, mais grandie, « canonisée » en quelque sorte.

Les raisons de ce parti pris favorable et surtout de l’emballement hagiographique de l’auteur, ne sont pas encore élucidées [8]. Lapide aurait-il subi l’influence de celui qui était alors archevêque de Milan, Mgr Jean-Baptiste Montini, futur pape Paul VI ? Son Curriculum [9] mentionne, en effet, qu’il rencontra le prélat à plusieurs reprises, sans doute vers le milieu des années 1950, quand il était consul d’Israël à Milan. Il y est même précisé que, « sur les conseils de Lapide, [Mgr Montini] fit supprimer certains passages anti-judaïques de livres sur les religions ». La suite de la carrière de l’écrivain montre qu’il fut extrêmement impliqué dans les relations interconfessionnelles avec les chrétiens, ce qui ne constitue bien évidemment pas une tare, mais peut avoir grandement contribué à sa majoration inconsciente des faits et des témoignages favorables au pontife d’alors, dont il aurait nourri sa conviction personnelle au point de devenir un apologète inconditionnel de Pie XII.

 

Pie XII, « pape de Hitler » ? Certainement pas, mais « Juste des nations », c’est pour le moins prématuré

Ces dernières années ont vu fleurir des témoignages tardifs favorables au pape contesté que fut Pie XII. Il n’est pas plus question de les rejeter en bloc que de les prendre tous pour argent comptant. Certains, à n’en pas douter, correspondent à la réalité. Malheureusement, un nombre non négligeable d’entre eux ressortissent davantage à la légende dorée, voire aux « fioretti », qu’à l’histoire [10]. J’ai constitué, au fil du temps, un copieux dossier qui peut être de quelque utilité pour quiconque tente de trier le bon grain de l’ivraie dans cette affaire. Il en ressort que Pie XII ne fut pas un monstre froid comme tentent de l’accréditer certains épigones de Ralph Hochhut, auteur de la fiction dramatique intitulée « Le Vicaire » [11]. Il en ressort également qu’il ne fut pas « le pape d’Hitler », comme le prétend Cornwell dans son livre décrié [12]. Il n’était pas davantage antisémite, et rien ne permet de le taxer d’indifférence face au sort des juifs, comme on l’a écrit à satiété.

Ceci étant dit, il reste que, sans juger ses intentions (qui nous sont inaccessibles), on peut déplorer son choix de l’action humanitaire discrète et de la diplomatie secrète, couplé à sa non-dénonciation publique de l’abominable persécution des juifs – dont il n’ignorait rien et sur laquelle il a observé une tenace « discrétion » qui lui est reprochée jusqu’à ce jour comme un « silence » inadmissible. La déception et la frustration qu’elle a engendrées ont été à la mesure des attentes, excessives et souvent irréalistes, que suscitait, à l’époque, chez tant de gens même incroyants, le caractère auguste de sa fonction. Elles ont indéniablement contribué à rendre la posture de ce pontife plus insupportable que celle des nombreux dirigeants politiques qui ont pourtant fait beaucoup moins que lui pour sauver des juifs, et n’ont pas toujours protesté sans équivoque contre leur persécution et leur extermination. Cette attitude a contribué à faire de ce pontife, dans l’imaginaire collectif juif – et même au-delà comme en témoigne la dure apostrophe de Camus, citée plus haut –, le paradigme de la non-assistance religieuse à peuple en danger de mort.

Il n’est pas admissible de diffamer Pie XII, voire de le juger a posteriori en fonction de critères qui n’avaient pas cours à son époque et en faisant abstraction de la longue tradition d’antijudaïsme chrétien dont la chrétienté d’alors était lourdement imprégnée. Mais il est tout aussi inadmissible de créditer ce pape d’un philosémitisme que rien n'accrédite et d’actions de sauvetage de masse, largement imaginaires, comme le fait, entre autres, David Dalin, auteur juif d’un livre [13] extrêmement favorable à Pie XII et aussi généreux qu’excessivement apologétique. L’ouvrage est d’autant plus irritant que, dans son zèle pour la cause de ce pape, son auteur tombe du Charybde de la « légende noire » au Scylla de la « légende dorée », sans voir que son empathie généreuse envers Pie XII suscite une nouvelle polémique, qui non seulement ne contribue pas à l’apaisement de l’ancienne, mais la rend encore plus amère.

Son ouvrage n’est pas exempt d’ambiguïtés. Il écrit, par exemple :

Ayant clairement reconnu, dans Mit brennender Sorge, un document décidément favorable aux juifs, les Nazis lancèrent une contre-attaque au vitriol contre la papauté. Le ministère nazi de la propagande alla jusqu’à faire circuler une rumeur selon laquelle Pie XI aurait été à moitié juif, et sa mère, une juive hollandaise [14].

Nul doute que Dalin rapporte ici l’opinion des nazis. Mais le fait de mentionner leur perception sans préciser qu’elle illustre la paranoïa antijuive du régime, peut, même si ce n’était pas l’intention de Dalin, accréditer indirectement l’idée que l’encyclique donnait prise à cette accusation et donc mettait subrepticement en cause la persécution nazie des juifs. Ce que semble corroborer le rabbin professeur qui écrit:

L’encyclique ne mentionnait pas spécifiquement l’antisémitisme nazi, elle se concentrait plutôt sur la manière dont le « paganisme agressif » persécutait l’Église catholique en Allemagne. Mais elle a certainement touché juste en déclarant : « Qui veut voir bannies de l’église et de l’école l’Histoire biblique et la sagesse des doctrines de l’Ancien Testament blasphème le nom de Dieu, blasphème le plan de salut du Tout-Puissant […] [15].

Volontaire ou non, cet amalgame entre défense de l’Ancien Testament et défense des juifs [16], a un parfum d’apologie. Contrairement à Lapide, qui y va de sa critique justifiée [17], et surtout à Miccoli qui a le grand mérite de procéder à une analyse, fine et extensive, de l’occasion de Mit Brennender Sorge et de son contenu pastoral et politique [18], Dalin n’apporte aucun élément d’information permettant au lecteur de comprendre que cette attaque calomniatrice et ad hominem avait pour but de détourner l’attention de ce qui était l’essentiel de cette encyclique : la condamnation des théories racistes du nazisme et les violations incessantes du Concordat perpétrées par le gouvernement allemand aux dépens de l’Église et des catholiques. Autre point important: cette encyclique, qui était destinée aux évêques et aux fidèles catholiques – elle fut lue dans les Églises –, n’a certainement pas été comprise par ses destinataires comme une défense des juifs, ni comme une condamnation des graves injustices dont ils étaient victimes, mais comme une défense de l’Église catholique, de sa doctrine, de ses institutions et de ses fidèles. En témoigne l’absence de la moindre allusion au sort des juifs dans le discours adressé aux cardinaux, le 2 juin 1945, par le pape Pie XII – qui fut l’un des principaux rédacteurs de Mit Brennender Sorge. Un observateur impartial remarque à ce propos :

De façon étonnante, un mois après la fin de la guerre en Europe, et dans le même discours, le pape passe totalement sous silence l’assassinat de millions de Juifs, mais se plaint, purement et simplement, de la mise à mort de milliers de catholiques, prêtres, religieux et laïcs; visiblement, il se limite à une perspective propre à l’Église catholique. […] Dans l’esprit de Pie XII, la condamnation du racisme n’avait donc rien à voir avec une prise de position en faveur des Juifs, même en 1945, en tenant compte des connaissances que l’on avait sur les événements survenus lors de la Shoah. Et la question reste posée de savoir si, en 1937, elle était comprise de cette manière [19].

Il serait inéquitable d’attribuer l’absence d’évocation des juifs dans cette encyclique à une indifférence de Pie XII à leur sort et à l’Holocauste – qui étaient certainement pour lui cause de souffrance et de tristesse. Il faut plutôt l’interpréter comme la conséquence de sa conviction personnelle, en tant que pasteur et diplomate de l’Église, que sa responsabilité immédiate devait se limiter aux problèmes propres à l’Église, ce qui excluait absolument qu’il s’engage publiquement en faveur des juifs non baptisés. Cette étroitesse de vue était celle de l’Église de son temps, renforcée, dans ce cas, par le fait qu’elle considérait les malheurs survenus aux juifs comme la conséquence de leur « déicide », une apologétique qu’aujourd’hui nous considérons comme regrettable et même scandaleuse. En faisant sienne la défense des droits de l’homme et en surmontant l’antijudaïsme théologique traditionnel, l’Église de Vatican II a adopté une vision plus ample. Pour autant, il ne faut pas passer sous silence ce que Pie XII a fait ou tenté de faire pour les Juifs [20] – et qui n’est pas minime. Reste que ce qu’il aurait fallu faire – et dépendait de lui seul –, et qui n’a malheureusement pas été fait, ne doit pas être inventé a posteriori au bénéfice d’une historiographie apologétique de mauvais aloi.

En tout état de cause, il n’est que de se reporter au texte même de cette encyclique [21] pour se convaincre qu’elle ne prend pas la défense des juifs, mais celle de l’Ancien Testament. Il y est si peu question des juifs, que ce terme n’y figure pas du tout. Pas plus d’ailleurs que ceux d’ « israélite », ou d’ « Israël ». Pire, les deux seules allusions au « peuple » juif (sans cet adjectif d’ailleurs) sont péjoratives ; qu’on en juge :

À propos des Livres sacrés, l’encyclique explique que

à côté d’innombrables traits de grandeur et de noblesse, ils nous décrivent aussi le peuple choisi, porteur de la Révélation et de la Promesse, s’égarant sans cesse loin de son Dieu pour se tourner vers le monde.

Elle parle également du

Christ qui a reçu son humaine nature d’un peuple qui devait le crucifier.

La phrase introductive de l’encyclique témoigne clairement de sa nature et de son but :

C’est avec une vive inquiétude et un étonnement croissant que, depuis longtemps, Nous suivons des yeux les douloureuses épreuves de l’Église et les vexations de plus en plus graves dont souffrent ceux et celles qui lui restent fidèles par le coeur et la conduite, au milieu du pays et du peuple auxquels saint Boniface a porté autrefois le lumineux message, la bonne nouvelle du Christ et du Royaume de Dieu.

Les mots mis par moi en italiques illustrent clairement que ce que déplore le pape, ce ne sont pas les misères des juifs, comme pourrait le laisser croire l’amalgame (volontaire ou non, je le répète) évoqué plus haut, mais celles dont sont victimes l’Église et la foi des fidèles.

Mais il y a plus grave à inscrire au chapitre des faiblesses de l’ouvrage de Dalin, et là, aucune ambiguïté puisqu’il s’agit d’une erreur patente, regrettable s’agissant d’un historien. L’auteur écrit en effet :

En 1938, au moment même où le premier ministre britannique, Neville Chamberlain, tentait de se concilier Hitler à Munich, Pie XI apparut comme l’une des rares autorités en Europe à explicitement condamner l’antisémitisme. En mars 1938, il dissoudra l’Association des « Amis d’Israël » (Amici Israel), une organisation catholique qui, depuis de nombreuses années, s’efforçait de convertir des juifs et qui avait commencé à publier des brochures « manifestant des sentiments de haine » envers le peuple juif [22].

Tout d’abord, l’association Amici Israel n’a pas été dissoute en mars 1938, mais dix ans auparavant, en mars 1928. (Il suffisait d’entrer les mots « Amici Israel » dans le moteur de recherche de Google pour trouver, en tête des résultats une page Wikipedia ayant le même intitulé [23], et dans le premier paragraphe de laquelle figure la phrase incontournable : « The Opus was dissolved by the Holy Office in March 1928 » (L’œuvre fut dissoute par le Saint-Office en mars 1928).

Ensuite, non seulement l’association Amici Israel n’avait pas, comme l’affirme le rabbin Dalin, « commencé à publier des brochures manifestant des sentiments de haine envers le peuple juif », mais elle s’était, au contraire, distinguée par son zèle (jugé alors intempestif par beaucoup) en faveur de l’expurgation des nombreuses formules blessantes pour les juifs, qui émaillaient tant la liturgie catholique que les ouvrages de théologie et de piété de l’époque.

Notons encore que, impressionné par le mythe de la « forêt Pie XII » (voir ci-après), cet auteur s’appuie lourdement, pour évaluer le nombre de juifs prétendument sauvés par Pie XII, sur un auteur aussi peu fiable, en la matière, que Pinchas Lapide, au point de surenchérir sur les mérites attribués au pontife par ce dernier en écrivant :

Je crois qu’il est temps maintenant que Pie XII soit officiellement reconnu par Yad Vashem comme l’un des « Justes des Nations » [24].

De plus, sa foi inconditionnelle dans l’inerrance de Lapide conduit Dalin à reprendre à son compte les statistiques époustouflantes de ce dernier :

Lapide démontre, de manière convaincante, que le rôle de Pie XII « a été déterminant pour sauver au minimum 700 000, si ce n’est jusqu’à 850 000 juifs, d’une mort certaine aux [sic] mains des Nazis » [25].

Si grands que soient, par ailleurs, les mérites de Lapide, j’ai estimé qu’il n’était pas question de laisser circuler, sans les remettre en question, certaines de ses affirmations controuvées. Je l’ai fait, plus haut, pour les chiffres exorbitants de juifs prétendument sauvés par Pie XII. Il me reste à démystifier l’épisode légendaire d’une prétendue « forêt Pie XII », censée avoir été plantée par l’État d’Israël en l’honneur de ce pape.

 

Lapide, promoteur du « vœu » d’une forêt Pie XII [26]

Les réactions juives, majoritairement critiques, à certains passages du document romain de 1998 visant à réhabiliter la mémoire de Pie XII, ont donné lieu à plusieurs ripostes catholiques [27]. Comme à chaque fois que la controverse porte sur l’attitude de ce pape durant la Shoah, ont refleuri, çà et là, les clichés habituels sur les témoignages de gratitude exprimés par des juifs au lendemain de la guerre. C’est ainsi que le flou « artistique » et la surenchère – entretenus de longue date par certains auteurs autour du souhait, qu’auraient émis, selon Lapide, des lecteurs israéliens à l’époque de la mort de ce pontife, que fût plantée en Israël une forêt dont le nombre d’arbres aurait correspondu à celui des juifs sauvés grâce à l’intervention de Pie XII – ont fini par conférer à ce récit journalistique le statut de fait établi, au point d’abuser même des esprits sérieux.

C’est le cas, par exemple, d’un journaliste français, auteur de la première réfutation compétente des accusations de Ralf Hochhut à l’encontre de Pie XII [28], qui, dans un article publié en 1999 par Études, célèbre revue des Jésuites, émettait cette affirmation étonnante :

Une forêt fut élevée [sic] en son honneur [celui de Pie XII] pour la reconnaissance du sauvetage de 700 000 juifs [29].

Or – comme quiconque pourra facilement s’en convaincre en consultant les services ou les archives du Keren Kayemet LeYisrael, l’organisme para-étatique plus que centenaire responsable de la gestion et du développement du patrimoine foncier de l’État d’Israël, en général, et du reboisement national, en particulier –, une telle forêt n’a jamais existé. Cette méprise semble due à une mauvaise interprétation d’une information, fournie par Lapide et déjà citée plus haut, à savoir, qu’écrivant à leurs journaux, en Israël, après la mort de Pie XII, en 1958,

plusieurs lecteurs suggérèrent dans des lettres ouvertes « que l’on plantât une forêt Pie XII sur les collines de Judée », pour perpétuer comme il se devait les services rendus par le regretté Pontife aux juifs d’Europe.

Suggestion populaire, sympathique au demeurant, mais dont le jésuite historien Pierre Blet donne, sans que le motif de cette transposition soit clair, une version, très personnelle :

 « l’historien [sic] israélien Pinchas E. Lapide jugeait que sa patrie devrait planter à la mémoire de Pie XII une forêt de 860 000 arbres » [30].

Ces rêveries contradictoires eussent certainement fini dans les oubliettes de l’histoire, si le rabbin Dalin n’avait rendu vie à la légende en citant, mot pour mot, dans son livre [31], ce que relatait Lapide dans le sien [32]. C’est ainsi qu’un ouï-dire journalistique, relaté par un auteur juif convaincu de l’innocence de Pie XII et passionnément désireux de réhabiliter sa mémoire, est devenu, à la faveur de l’éloignement chronologique et du flou mémoriel, un fait d’histoire inespéré pour les zélateurs de la cause de ce pontife. Le résultat surréaliste de ce processus – analogue à celui de la formation d’un mythe –, est que cette péripétie a acquis indument le statut d’un vœu puissant, formulé jadis par la « vox populi » israélienne et repris à son compte par un écrivain juif israélien, et que les juifs et les chrétiens de bonne foi se doivent d’honorer aujourd’hui en élevant, à titre posthume, le pape d’alors à la dignité de « Juste des Nations ».

À ce jour, on n’a pas encore mesuré l’influence dommageable que certains passages de l’ouvrage de Lapide – a-critiques et systématiquement favorables à Pie XII – ont exercée sur nombre de ses pâles épigones qui en vulgarisent à l’envi des pans entiers, trompant ainsi nombre d’esprits sincères mais non formés à distinguer entre l’apologétique et l’histoire. Impressionnés par la réputation de cet auteur israélien ouvert au christianisme, et conquis tant par la clarté de son style et la conviction de ses exposés que par l’écho que lui donnent des auteurs sérieux, tel le P. Blet, ces lecteurs lui ont fait aveuglément confiance. D’où la nécessité qu’il y avait d’opérer un discernement en tentant d’y voir plus clair sur la personnalité de Lapide.

 

Un souhait, pour terminer

Heureusement, deux déclarations, l’une collective et nationale, l’autre individuelle mais émanant d’un éminent prélat, sont exemptes de ces travers.

C’est, d’abord, la « Déclaration de Repentance » d’évêques français, lue par Mgr Olivier de Berranger devant le Mémorial de Drancy, le 30 septembre 1997. L’ayant citée plus haut, je n’en donne ici qu’un extrait :

Devant l’ampleur du drame et le caractère inouï du crime, trop de pasteurs de l’Église ont, par leur silence, offensé l’Église elle-même et sa mission. Aujourd’hui, nous confessons que ce silence fut une faute. Nous reconnaissons aussi que l’Église en France a alors failli à sa mission d’éducatrice des consciences […] Cette défaillance de l’Église de France et sa responsabilité envers le peuple juif font partie de son histoire. Nous confessons cette faute. Nous implorons le pardon de Dieu et demandons au peuple juif d’entendre cette parole de repentance [33].

C’est, ensuite, le témoignage, déjà cité, du cardinal Kœnig, en 1998 :

 […] en tant que membre de l’Église, je n’ai pas le droit de taire que j’ai conscience d’une complicité de l’Église. Oui, pour sa part, l’Église ne s’est pas opposée comme elle le devait à cette pensée nationaliste fourvoyée, à un antijudaïsme chrétien, à une pensée nationaliste teintée de religion, à une interprétation inexacte des événements de la Passion [...] [34].

Même si ces confessions courageuses n’infirment pas expressément l’interprétation des faits, ici critiquée, puisse leur esprit présider aux futurs propos en la matière. Ainsi, à défaut d’être sensibles à la frustration juive face au zèle d'apologètes a-critiques, les auteurs soucieux de l’honneur de l’Église éviteront au moins le discrédit historique, en s’abstenant désormais de justifier, au nom de la sainteté de la fin poursuivie, l’utilisation de moyens autres que les « armes, offensives et défensives, de la justice » (cf. 2 Co 6, 7).



[1] « Nous nous souvenons », op. cit., IV.

[2] L’expression a été forgée par Francesco Traniello, « Pio XII dal mito alla storia », in Andrea Riccardi (dir.), Pio XII, Bari, 1984, p. 5-29. Je dois l’information à Giovanni Miccoli, Les dilemmes et les silences de Pie XII. Vatican, Seconde Guerre mondiale et Shoah, traduit de l’italien par Anne-Laure Vignaux avec la collaboration de Lydia Zaïd, Éditions Complexe, Bruxelles, 2005 (original italien: I dilemmi e i silenzi di Pio XII, Milan, 2000), p. 423, note 594.

[3] Lapide, Rome et les juifs, op. cit., surtout p. 270, et note 1 de l’édition française.

[4] Andrea Tornielli, Pio XII. Il Papa degli ebrei, Piemme, Casale Monferrato, 2001.

[5] Dépêche de l’Agence de presse catholique Zenit, du 29 mai 2001, « Pius XII Feared Backlash Against Jews ».

[6] Miccoli, Les dilemmes et les silences de Pie XII, op. cit., p. 279, n. 60, qui se réfère à J. Nobécourt, Le Vicaire et l’Histoire, Seuil, Paris, 1973, p. 215 et 225, n. 14, et à P. Lehnert, Pio XII. Il privilegio di servirlo, trad. ital., Rusconi, Milan, 1984, p.148 sq. Les italiques sont miens, ils visent à souligner le crédit relatif qu’il convient d’accorder aux témoignages humains, en général, et, en particulier, à ceux qui émanent de témoins « favorables » et/ou acquis d’avance à la thèse que leurs « souvenirs » veulent accréditer.

[7] Dont, entre autres : The Last Three Popes and the Jews (1967) [traduction française : Rome et les juifs, Seuil, Paris, 1967] ; Ist das nicht Josephs Sohn? (1976) [traduction anglaise : Israelis, Jews, and Jesus (1979) ; traduction française : Fils de Joseph ? Jésus dans le judaïsme d’aujourd’hui et d’hier, Desclée, Paris, 1978] ; Judischer Monotheismus, christliche Trinitätslehre (avec Jürgen Moltmann) [traduction anglaise : Jewish Monotheism and Christian Trinitarian Doctrine : A Dialogue, 1981] ; Auferstehung [traduction anglaise : The Resurrection of Jesus : a Jewish Perspective, 1983] ; Hebraisch in den Kirchen [traduction anglaise : Hebrew in the Church : the Foundations of Jewish-Christian Dialogue, 1984] ; Paulus, Rabbi und Apostel [traduction anglaise : Paul, Rabbi and Apostle, 1984] ; Der Jude Jesus [traduction anglaise : Jesus in Two Perspectives : a Jewish-Christian Dialogue, 1985] ; Die Bergpredigt, Utopie oder Programm? [traduction anglaise: The Sermon on the mount, Utopia or program for action?, 1986] ; Heil von den Juden? Ein Gespraech (avec Karl Rahner). [Traduction anglaise : Encountering Jesus-Encountering Judaism: A Dialogue, 1987].

[8] On a suggéré, en invoquant une interview de l’épouse de Lapide, après le décès de ce dernier, que la sympathie dont il avait fait preuve envers l’Église avait pour but de démontrer les bonnes intentions de l’État d’Israël et de lui gagner la sympathie du Vatican. Mais, outre que je n’ai pu trouver trace de cette interview, cette assertion me paraît être une spéculation que, sauf erreur, aucune source sérieuse n’étaye.

[9] Voir la version française de son Curriculum détaillé, traduite de l’allemand, sur le site Wikipie12.

[10] D’où mon sévère billet d’humeur : « Cherche juifs “post-holocaustistes” pour témoigner de la “judéophilie cachée” de Pie XII » (http://www.rivtsion.org/f/ index.php?sujet_id=1529).

[11] Le lecteur pressé tirera profit de l’article de Wikipedia sur cette affaire (http://fr.wikipedia.org/wiki/ Le_Vicaire). Pour ceux qui veulent aller plus loin, voir l’incontournable ouvrage de Nobécourt, Le Vicaire et l’histoire, op. cit.

[12] John Cornwell, Le Pape et Hitler, Albin Michel, 1999.

[13] David Dalin, Pie XII et les juifs, le Mythe du Pape d’Hitler, éditions Tempora, Perpignan, 2007. Original anglais : The Myth of Hitler’s Pope. How Pope Pie XII rescued Jews from the Nazis, Regnery Publishing, Inc. New York, 2005.

[14] Ibid., p. 69.

[15] Ibid.

[16] La même confusion a été faite à propos des sermons du Cardinal Faulhaber, voir, plus haut, « Les autojustifications du Document romain "Nous nous souvenons" ».

[17] Lapide, Rome et les juifs, op. cit., p. 153-155.

[18] Miccoli, Dilemmes et silences, op. cit., p. 160, sq., surtout p. 63.

[19] Martin Rhonheimer, « The Holocaust: What Was Not Said », First Things, 137, novembre 2003; article traduit et republié en annexe du présent volume sous le titre « L’antiracisme catholique, l’autodéfense de l’Église et le sort des Juifs dans l’Allemagne nazie ».

[20] Voir aussi ce que dit encore Rhonheimer, op. cit. : « La vision du judaïsme à cette époque n’est aucunement en contradiction avec le fait que, par la suite, beaucoup de catholiques – prêtres, religieux, croyants, et avant tout Pie XII – ont aidé un grand nombre de Juifs, au péril de leur vie. »

[21] Lettre encyclique « Mit brennender Sorge » [avec une brûlante inquiétude], de Pie XI (1937) : original allemand sur le site du Vatican ; version française en ligne sur le site rivtsion.org.

[22] Dalin, Pie XII et les juifs, op. cit., p. 69.

[24] Dalin, Pie XII et les juifs, op. cit., p. 157.

[25] Ibid., p. 32.

[26] Je reprends ici, avec l’autorisation de la revue et en le refondant, mon court article, intitulé « Une forêt Pie XII en Israël – Brève mise au point », paru dans Sens, n° 2/2000, Paris, p. 107-112.

[27] Voir, entre autres : P. Blet, « Le “silence” de Pie XII : le mythe à l’épreuve des archives», dans La Croix, du 10 avril 1998 ; du même, « Les accusations répétées contre Pie XII. “La légende à l’épreuve des archives” », La Documentation Catholique n° 2180, du 19 avril 1998, p. 381-386 ; et l’éditorial (anonyme) de la revue des jésuites italiens, sous le titre « Apriamo, christiani ed Ebrei, un periodo nuovo di fraternità » (Ouvrons, chrétiens et Juifs, une ère nouvelle de fraternité), op. cit., p. 3-14.

[28] Jacques Nobécourt, Le Vicaire et l’Histoire, op. cit.

[29] Jacques Nobécourt, « Pie XII, un “procès biaisé” ? », paru dans Études, juillet-août 1999, p. 78.

[30] P. Blet, « L’encyclique cachée? », Communio, op. cit., p. 92.

[31] Dalin, Pie XII et les juifs, op. cit., p. 153.

[32] Lapide, Rome et les Juifs, op. cit., p. 287.

[33] Citée par Sens, 1997, n° 11, p. 423 : texte en ligne sur le site rivtsion.org.

[34] « L’engrenage des responsabilités », op. cit., p. 342.

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