Les Juifs, «pierre de touche des dispositions intimes» des nations et des Chrétiens, au temps de l’Apostasie

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Que sur ce fondement [le Christ] chacun bâtisse avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille, l’œuvre de chacun sera manifestée ; le Jour, en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c’est ce feu qui éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun. (1 Co 3, 12-13).


On s’étonnera peut-être de la place importante qui est donnée ici à la doctrine irénéenne de l’établissement du Royaume sur la terre [1], et il se peut que son lien avec le présent Témoignage soit tout sauf évident pour beaucoup de lecteurs. Il sera difficile, en effet, à quiconque n’est pas familier des Écritures et de la pensée des Pères, dits « millénaristes [2] », de croire que l’humanité est entrée dans les « temps de l’apocatastase de tout ce que Dieu a énoncé par la bouche de ses saints prophètes de toujours (cf. Ac 3, 21), et que les Juifs d’aujourd’hui « récapitulent« , au sens irénéen du terme [3], tout ce que leur peuple a enduré au fil des siècles, tandis qu’à leur insu et à celui des nations, Dieu leur a restitué le Royaume (cf. Ac 1, 6).

Ce n’est pas le lieu ici d’exposer en quoi consiste la notion de « récapitulation », qui tient une grande place dans la théologie d’Irénée de Lyon. S’attachant à ce qu’il nomme « le sens eschatologique de la récapitulation », le théologien et exégète de Margerie la définit avec pertinence comme étant « conclusion, aboutissement, couronnement » [4]. Et d’ajouter :

« Cette signification [...] respecte parfaitement le sens du mot grec kephalaion d’où notre verbe récapituler tire son radical ; or ce mot veut dire tout à la fois : tête, chef et résumé. Récapituler veut donc dire : embrasser d’une manière ramassée, résumer-en-plénitude, achever et consommer. » [5].

Pour mieux comprendre l’une des conséquences majeures de la « récapitulation », telle que la conçoit Irénée de Lyon, il n’est que de lire ce passage de son célèbre ouvrage :

Adv. Haer., V, 24, 4 – 25, 1 : Tel est le Diable. Il était l’un des anges préposés aux vents de l’atmosphère, ainsi que Paul l’a fait connaître dans son Épître aux Éphésiens [cf. Ep 2, 2]; Il se prit alors à envier l’homme et devint, par là même, apostat à l’égard de la loi de Dieu: car l’envie est étrangère à Dieu. Et comme son Apostasie avait été mise au jour par le moyen de l’homme et que l’homme avait été la pierre de touche [dokimeion] [6] de ses dispositions intimes, il se dressa de plus en plus violemment contre l’homme, envieux qu’il était de la vie de celui-ci et résolu à l’enfermer sous sa puissance apostate. [...] Non seulement par ce qui vient d’être dit, mais encore par les événements qui auront lieu au temps de l’Antéchrist, il apparaît que le Diable veut se faire adorer comme Dieu, alors qu’il n’est qu’un apostat et un brigand, et se faire proclamer roi, alors qu’il n’est qu’un esclave. Car l’Antéchrist, après avoir reçu toute la puissance du Diable, viendra, non comme un roi juste ni comme soumis à Dieu et docile à sa loi, mais en impie et en effréné, comme un apostat, un injuste et un meurtrier, comme un brigand, récapitulant en lui toute l’Apostasie du Diable ; il jettera bien à bas les idoles pour faire croire qu’il est Dieu, mais il se dressera lui-même comme l’unique idole qui concentrera en elle l’erreur multiforme de toutes les autres idoles, afin que ceux qui adoraient le Diable par le truchement d’une multitude d’abominations le servent par l’entremise de cette unique idole. C’est de cet Antéchrist que l’Apôtre dit dans sa deuxième Épître aux Thessaloniciens [2 Th 2, 3]: « Car il faut que vienne d’abord l’Apostasie et que se révèle l’Homme de péché, le fils de la perdition, l’Adversaire, celui qui s’élève au-dessus de tout ce qui s’appelle dieu ou objet de culte, jusqu’à siéger en qualité de Dieu dans le Temple de Dieu, en se donnant lui-même comme Dieu. » L’Apôtre indique donc de façon évidente et l’Apostasie de l’Antéchrist et le fait qu’il s’élèvera au-dessus de tout ce qui s’appelle dieu ou objet de culte, c’est-à-dire de toute idole - car ce sont bien là les êtres qui sont dits « dieux » par les hommes, mais ne le sont pas -, et qu’il tentera d’une manière tyrannique de se faire passer pour Dieu.

L’affirmation d’Irénée selon laquelle « l’homme avait été la pierre de touche de ses dispositions intimes » semble consonante avec ce passage de l’Évangile de Luc :

Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère: « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! – en sorte que se révèlent les pensées intimes de bien des coeurs. » (Lc 2, 34-35).

N’est-ce pas ce qui se produira lors de la mise à l’épreuve de Chrétiens qui, sans l’avouer expressément, refusent, au fond d’eux-mêmes, les modalités du dessein de Salut de Dieu, telles qu’elles se laissent discerner dans les Écritures, pour qui sait comprendre (cf. Mt 24, 15). Alors, les Juifs, seront la pierre de touche, l’épreuve qui mettra au jour les dispositions intérieures de ces Chrétiens ?

Pour se convaincre de cette possibilité, il suffit de lire l’apostrophe sévère de Jésus :

Vous dites : « Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour tuer les prophètes. » Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes ! Eh bien, vous, comblez la mesure de vos pères ! (Mt 23, 30-32).

À l’évidence, Jésus faisait allusion à ceux des Juifs qui, en projetant de le faire mettre à mort, allaient mettre le comble au meurtre des prophètes commis par certains de leurs ancêtres. La situation évoquée par Jésus dans ce contexte n’est pas que factuelle : elle a aussi une portée eschatologique. Pour en comprendre la nature, il n’est que de remplacer, dans l’apostrophe de Jésus, le mot « prophètes » par celui de « Juifs ».

N’est-ce pas, en effet, ce que font, avec quelques variantes, celles et ceux qui haïssent l’État d’Israël et veulent sa perte, tout en se défendant de vouloir tuer les Juifs ? On peut dire d’eux ce que Paul disait des païens :

Leurs pensées se sont enténébrées et ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement de cœur. (Ep 4, 18).

Et cet « endurcissement de cœur » les a poussés à croire et à faire croire que leur haine du « sionisme » n’est pas une haine des Juifs. Ils affirment, au contraire, que leur hostilité exprime le cri de leur conscience vertueuse pour que triomphe la justice au Proche-Orient. Entendez : la justice pour les seuls Palestiniens, dont ils prétendent qu’elle est bafouée par les Israéliens, qui revendiquent comme leur la terre ancestrale des Juifs – même s’ils sont disposés à la partager – et résistent à la prétention des descendants actuels des tribus arabes – qui l’ont envahie et se la sont attribuée il y a quatorze siècles –, de leur en dénier la souveraineté.

Les Chrétiens politisés qui, de manière arbitraire et partisane, ont pris fait et cause pour les « victimes » palestiniennes, reprennent à leur compte la diabolisation calomnieuse du Peuple d’Israël, accusé de « coloniser » ceux-là même qui, précisément, veulent le tuer, lui, l’héritier, de cette terre, comme le prophétise la parabole des vignerons homicides :

…les vignerons, en voyant le fils, se dirent par-devers eux: Celui-ci est l’héritier: venez ! tuons-le, que nous ayons son héritage. (Mt 21, 38).

« Faux apôtres, ouvriers trompeurs, qui se déguisent en apôtres du Christ » (cf. 2 Co 11, 13), ces Chrétiens politisés et partisans s’alignent plus ou moins explicitement sur les slogans des pires ennemis d’Israël, qui l’accusent d’être un « État nazi » et de pratiquer l’« apartheid » et le « nettoyage ethnique », projetant ainsi sur une nation démocratique qui n’aspire qu’à la paix et à la cohabitation harmonieuse avec ses voisins, les tares et les crimes des colonisateurs européens des siècles passés. Pire, ils approuvent tacitement,  quand ils ne les reprennent pas carrément à leur compte – les calomnies meurtrières qui qualifient de « massacre », voire de « génocide », toute action militaire défensive d’Israël. Ils savent – et c’est justement ce qu’ils veulent – que de tels propos, répétés sans relâche à la manière de la propagande de Goebbels, finiront par faire d’Israël le paria des nations, objet de la réprobation universelle, au point qu’inéluctablement, les instances internationales le condamneront un jour, à l’unanimité et sans appel, légitimant ainsi l’assaut final contre lui, prophétisé, entre autres, par Zacharie en ces termes :

Voici qu’il vient le jour de L’Éternel, quand on partagera tes dépouilles au milieu de toi. J’assemblerai toutes les nations vers Jérusalem pour le combat ; la ville sera prise, les maisons pillées, les femmes violées ; la moitié de la ville partira en exil, mais le reste du peuple ne sera pas retranché de la ville […] (Za 14, 2).

Ce qui semblait impensable il y a quelques décennies, est dorénavant considéré comme légitime : Israël est désigné à la vindicte et à l’opprobre des nations, au nom d’une morale falsifiée et politisée des droits humains, qui prétend obtenir de lui ce que des guerres incessantes et des attentats sans nombre n’ont pu lui faire accepter, à savoir, qu’il renonce à sa souveraineté inconditionnelle sur la médiocre portion de son territoire national ancestral que lui ont concédée les nations, après l’avoir rognée à plusieurs reprises, sous les pressions arabes. Pire, on exige de l’État juif qu’il abandonne sa souveraineté sur Jérusalem, sa capitale trois fois millénaire, au profit des Palestiniens, réputés avoir plus de droits que les Juifs sur cette ville, en vertu du fait que des Arabes y ont vécu depuis 1400 ans, et qu’elle est leur troisième lieu saint, après La Mecque et Médine (et ce malgré le fait patent que le Coran ne mentionne jamais le nom de la Ville Sainte, alors que la Bible le fait des centaines de fois [7]).

À ces « menteurs hypocrites, marqués au fer rouge dans leur conscience » (cf. 1 Tm 4, 2)  qui se rangent par avance dans le camp des liquidateurs de l’entité juive et sont prêts à fermer les yeux sur la mise en oeuvre de cette nouvelle « solution finale », voire à y collaborer activement – peut s’appliquer le mystérieux oracle suivant :

Engeance mauvaise qui maudit son père et ne bénit pas sa mère, engeance pure à ses propres yeux, mais dont la souillure n’est pas lavée, engeance aux regards altiers et aux paupières hautaines, engeance dont les dents sont des épées, les mâchoires, des couteaux, pour dévorer les pauvres et les retrancher du pays, et les malheureux, d’entre les hommes. (Pr 30, 11-14).

Et c’est peut-être à eux que pensait l’apôtre Paul quand il écrivait :

Sache bien, par ailleurs, que dans les derniers jours surviendront des moments difficiles. Les hommes en effet seront égoïstes, cupides, vantards, orgueilleux, diffamateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, sacrilèges, sans coeur, intraitables, calomniateurs, intempérants, sauvages, ennemis du bien, délateurs, effrontés, aveuglés par l’orgueil, plus amis de la volupté que de Dieu, ayant les apparences de la piété mais reniant ce qui en est la force […] (2 Tm 3, 1-5)

À l’évidence, il ne s’agit pas d’athées, mais de croyants, sinon pourquoi Paul préciserait-il : « ayant les apparences de la piété mais reniant ce qui en est la force » ? Et nul doute qu’au Temps de la Fin, celles et ceux dont le cœur est déjà rempli d’une haine anti-israélienne mortifère, se rallieront à l’œuvre d’extermination mise en oeuvre par « l’Impie », à propos duquel le même Paul prophétise en ces termes :

Sa venue à lui, l’Impie, aura été marquée, par l’influence de Satan, de toute espèce d’œuvres de puissance, de signes et de prodiges mensongers, comme de toutes les tromperies du mal, à l’adresse de ceux qui sont voués à la perdition pour n’avoir pas accueilli l’amour de la vérité qui leur aurait valu d’être sauvés. Voilà pourquoi Dieu leur envoie une influence qui les égare, qui les pousse à croire le mensonge, en sorte que soient condamnés tous ceux qui auront refusé de croire la vérité et se sont complus dans le mal. (2 Th 2, 9-12).

L’une des preuves les plus impressionnantes que la volonté de détruire Israël procède d’un dessein diabolique, c’est que la stratégie déployée à cette fin par ses promoteurs et les invectives dont ils l’accompagnent portent la marque fatale de l’Adversaire : le mensonge et le désir de meurtre. En effet, il n’est pas nécessaire d’être un expert en histoire ou en géopolitique du Moyen-Orient pour discerner le caractère assassin du flot d’insultes et d’accusations hystériques, proférées quotidiennement et sans relâche, depuis des décennies, à l’encontre de l’État juif, et diffusées sans vergogne par les médias arabes, dans le silence indifférent ou complice des « nations insouciantes » (cf. Za 1, 15).

Pour celles et ceux d’entre nous qui sont entrés dans la voie de la repentance, il ne fait aucun doute qu’à l’approche de la confrontation finale entre les nations et Dieu, « à propos d’Israël, son Peuple et son héritage » (cf. Jl 4, 2), les nombreux Chrétiens qui « auront refusé de croire à la vérité et se seront complus dans le mal », ne pourront résister à l’« influence » de Satan, dont Paul annonce qu’elle « les égarera et les poussera à croire le mensonge » (cf. 2 Th 2, 11).

En ceci consistera leur apostasie. Quand, à l’instar des « collaborateurs » de tous les temps, ils auront constaté la dramatique et dangereuse solitude d’Israël, à l’heure de son ultime épreuve, face à l’hostilité mondiale des nations « en tumulte […] contre l’Eternel et contre son Oint » (cf. Ps 2, 2), ils rejoindront le camp des vainqueurs et s’associeront à l’Impie venu, avec la puissance de Satan, pour exterminer le Peuple de Dieu.

Avant cette échéance ultime, dont « nul ne connaît ni le jour ni l’heure » (cf. Mt 24, 36 ; 25, 13), celles et ceux qui auront « reconnu les faux prophètes à leurs fruits » (Mt 7, 15-16) – c’est-à-dire à leurs discours de haine – ne devront pas hésiter à témoigner contre eux, au risque de leur tranquillité, voire de leur sécurité, dans les termes mêmes de Jésus à l’adresse de ceux qui avaient résolu de le tuer :

Vous êtes du Diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n’était pas établi dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui: quand il profère le mensonge, il parle de son propre fond, parce qu’il est menteur et père du mensonge. (Jn 8, 44).

Avant le déchaînement diabolique de la fin des temps, l’humanité sera soumise à une épreuve qui révélera les « pensées secrètes de nombreux cœurs » (Lc 2, 35), « ouvrira le procès des nations, et instituera le jugement de toute chair » (Jr 25, 31), « à propos d’Israël », ainsi que le prophétise Joël :

Après cela je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens, des visions. Même sur les esclaves, hommes et femmes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. Je produirai des signes dans le ciel et sur la terre, sang, feu, colonnes de fumée ! Le soleil se changera en ténèbres, la lune en sang, avant que ne vienne le Jour de L’Éternel, grand et redoutable ! Tous ceux qui invoqueront le nom de L’Éternel échapperont, car sur le mont Sion et à Jérusalem il y aura des rescapés, comme l’a dit L’Éternel, et des survivants que L’Éternel appelle. Car en ces jours-là, en ce temps-là, quand je rétablirai Juda et Jérusalem, je rassemblerai toutes les nations, je les ferai descendre à la Vallée de Josaphat ; là j’entrerai en jugement avec elles à propos d’Israël, mon Peuple et mon héritage, car ils l’ont dispersé parmi les nations et ont divisé mon pays. (Jl 3, 1-5 - 4, 1-2).

J’ai cité plus haut le développement consacré par Irénée de Lyon à l’apostasie du Diable. J’en ai gardé pour la fin ce passage qui concerne celles et ceux qui résisteront à l’apostasie générale de l’humanité :

Irénée de Lyon, Adv. Haer., V, 25, 1 : Mais l’Artisan de toutes choses, le Verbe de Dieu, après l’avoir vaincu par le moyen de l’homme et avoir démasqué son Apostasie, le soumit à son tour à l’homme, en disant: « Voici que je vous donne le pouvoir de fouler aux pieds les serpents et les scorpions, ainsi que toute la puissance de l’ennemi. » [Lc 10, 19]. De la sorte, comme il avait dominé sur les hommes par le moyen de l’Apostasie, son Apostasie était à son tour réduite à néant par le moyen de l’homme revenant à Dieu.

Il est clair que, selon Irénée, ce « retour à Dieu » pose implicitement la repentance de l’homme comme préalable de sa victoire sur l’apostasie dans laquelle le Diable veut l’entraîner. C’est à la lumière de cette constatation qu’il conviendra de lire les pages qui suivent.



[1] Pour être honnête, force est de signaler que la doctrine du Royaume de Dieu, telle que développée par Irénée de Lyon, n’est pas reçue par le Magistère catholique, même si elle n’a jamais fait l’objet d’une condamnation formelle pour hérésie. M. Macina a consacré ailleurs deux exposés détaillés à cette question : « Le "millénarisme" d’Irénée a-t-il été condamné par le Catéchisme de l’Église catholique ? » ; « Catéchisme de l’Église catholique et avènement du Royaume en gloire ». On voudra bien s’y reporter.

[2] Voir l’article « Millénarisme », dans l’Encyclopédie électronique Wikipédia.

[3] M. Macina a exposé sommairement sa saisie des notions d’apocatastase et de récapitulation, dans un texte dont la lecture est recommandée à quiconque veut approfondir ces aspects mal connus de la théologie du dessein de Dieu (« Une oeuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait ») ; voir aussi la contribution importante de B. de Margerie, intitulée « Saint Irénée, exégète ecclésial de la récapitulation christocentrique », dans son livre cité ci-après.

[4] Voir Bertrand de Margerie, s.j. Introduction à l’histoire de l’exégèse. I. Les pères grecs et orientaux, Cerf, 1980, p. 64 à 94.

[5] Voir Id., Ibid., p. 73.

[6] En grec, dokimeion, et en latin examinatio. Il sera utile de lire la note éclairante de l’éditeur et traducteur de ce texte : « Le mot dokimeion peut signifier "épreuve" (au sens de "action d’éprouver une chose pour savoir ce qu’elle vaut") [...] La pensée d’Irénée dans tout ce passage est, en effet, la suivante : le démon, qui était originairement un des anges créés par Dieu, à commencé par envier l’homme à cause de tous les privilèges dont il le voyait comblé et, du fait de cette envie coupable, il s’est déjà séparé de Dieu dans l’intime de son être ; puis, poussé par cette jalousie, il a persuadé l’homme de désobéir au commandement de Dieu et ce faisant, il a fait apparaître au grand jour sa propre apostasie, jusque-là secrète. On voit ainsi comment Irénée peut dire que l’homme a été la "pierre de touche", ou l’instrument par le moyen duquel ont été décelées les "dispositions intimes" de l’ange apostat. »

[7] Selon un auteur, « Jérusalem est citée 823 fois dans le Livre juif (669 fois comme Jérusalem et 154 fois comme Sion), et d’ailleurs 153 fois dans la Bible chrétienne » ; voir : Jean-Pierre Bensimon, « Ce n’est pas à l’Europe de statuer sur Jérusalem ».

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Date de dernière mise à jour : 30/05/2014