Quatrième visitation: La brûlure glacée d’une main de l’au-delà

 

On pourrait penser qu’un homme comblé de tant de grâces n’aura fait ensuite que croître en vertu et en approfondissement des révélations dont il a été gratifié. Malheureusement – je l’avoue, à ma grande confusion –, ce ne fut pas le cas. Ma sensualité et mon appétit incoercible d’affection me firent succomber à la première tentation sérieuse. Elle se présenta, un soir d’été, à l’homme esseulé que j’étais, séparé de son épouse depuis plus deux ans et qui avait délaissé la contemplation, sous la forme d’une jeune femme mariée en plein drame conjugal. Dans sa fuite éperdue, loin d’un époux violent et dépravé, elle était venue échouer sa détresse à la terrasse d’un restaurant, au moment précis où j’effectuais ma tournée de “manche”, seule activité qui me permettait de payer une partie importante de la lourde pension alimentaire qui plombait ma survie économique. En m’entendant chanter une mélancolique chanson d’amour, alors en vogue, cette femme s’éprit violemment de moi et sut me le faire comprendre, en s’engouffrant, de manière irrésistible, par la brèche fatale de ma pitié imprudente. J’ai honte d’avouer que cette chute brutale survint moins d’un an seulement après l’extraordinaire irruption d’Esprit, qui m’avait ouvert le sens profond des Écritures. Cette aventure, brève mais déchirante, eut pour effet de me faire mesurer à quel point j’étais encore faible et vulnérable. Elle eût pu avoir des conséquences graves sur l’accomplissement des voies de Dieu sur moi, si les événements les plus inattendus ne s’étaient alors succédé dans ma vie, comme je vais m’efforcer de le relater succinctement, ci-après.

À peine avais-je noué cette liaison pernicieuse et projeté de me mettre en ménage avec cette femme, dont j’étais comme obsédé, qu’eut lieu un important vol de bijoux au domicile d’un commerçant de la ville dans laquelle j’exerçais mon activité de chanteur. Pour mon malheur, je faisais partie des familiers de la victime. Comme j’étais le seul “marginal” du lot, les soupçons, bien entendu, se portèrent immédiatement sur moi et je fus arrêté. Il me fut facile de prouver mon innocence dans cette affaire : en effet, le jour même de l’effraction, j’assistais, à 80 km de là, à une rencontre organisée par un mouvement catholique dont j’avais jadis fait partie, et des dizaines de personnes pouvaient en témoigner. Je fus cependant incarcéré, pour une tout autre raison. Une vérification de routine au fichier central de la police avait révélé que je faisais, à mon insu, l’objet d’un mandat d’amener, pour une plainte en abandon de famille, consécutive à un paiement irrégulier de pension alimentaire.

C’est ainsi que je fis les frais d’une plainte remontant à deux années auparavant – soit une année après notre séparation de corps – époque où mon épouse, bien que sachant que j’étais quasiment dénué de ressources, avait déclenché cette procédure à mon encontre, pour me punir de ce que j’avais alors une liaison, ainsi qu’elle l’avoua au juge, lors de ma comparution ultérieure. Entre temps, j’avais mis un terme à cette aventure et m’étais réconcilié avec ma femme, sans toutefois qu’ait eu lieu la reprise de vie conjugale que nos amis et relations souhaitaient tant, mais à laquelle ma femme se refusait toujours. Je croyais donc sincèrement qu’elle avait retiré sa plainte, ce qu’elle m’avait assuré, en son temps. Lorsqu’il s’avéra que ce n’était pas le cas, mon amertume fut d’autant plus grande que, depuis environ dix-huit mois, je lui servais – plus ou moins régulièrement, en fonction de mes rentrées de “mancheur” – une pension mensuelle qu’elle-même s’accordait à reconnaître suffisante. Dieu merci, à sa demande expresse, je fus rendu à la liberté, après moins d’un mois de détention préventive dans une prison parisienne. Quand je sortis de ce lieu de cauchemar, j’avais perdu ma brève conquête de l’été, laquelle s’était vite lassée du personnage impécunieux, scrupuleux, et décidément trop malchanceux, pour lequel elle n’avait éprouvé qu’un coup de cœur et de sensualité passager.

J’eus beaucoup de mal à me remettre tant de l’épreuve de ma détention, que de ma déception amoureuse. Au plan spirituel, j’étais tellement déstabilisé par cette déchéance – contre laquelle la grâce extraordinaire, dont j’avais bénéficié peu de temps auparavant, ne m’avait même pas prémuni – que je me crus rejeté de Dieu. Et, pour mettre le comble à ma démoralisation, je me retrouvais désormais sans ressources. En effet, il ne m’était plus possible de continuer à chanter dans les restaurants d’une ville où, bien que la police m’eût mis hors de cause dans l’affaire du vol des bijoux, mon emprisonnement subséquent avait renforcé la conviction, partagée par beaucoup de commerçants du lieu, qu’à défaut d’être l’auteur du forfait, j’en étais probablement le complice, voire l’instigateur.

Alors commença pour moi une existence précaire. Je survivais misérablement, hébergé et nourri par des compagnons de rencontre plus ou moins recommandables, dans une promiscuité telle, qu’aujourd’hui encore, je ne puis que louer Dieu de m’avoir gardé de basculer définitivement dans la délinquance ou l’immoralité – voire dans les deux – qui sont le lot quasi inéluctable de ceux que la société rejette, faute d’être capable de les aider à se réinsérer.

Car rejeté, je le fus, en ce temps-là, d’une manière et dans des circonstances que je n’aurais jamais crues possibles, si je n’en avais pas fait l’expérience, traumatisante autant qu’inoubliable. J’avais repris mes tentatives de jadis en vue de retrouver un emploi dans ma spécialité. Sans aucun succès, d’ailleurs. Mes bonnes références, loin de me servir de caution favorable, ne faisaient que rendre plus suspect encore le hiatus relativement prolongé qui déparait tant mon Curriculum Vitae. Même mon aspect physique me desservait. Je mangeais mal, et le seul costume décent qui me restait de mon aisance passée était plus que défraîchi. En outre, tant mon impécuniosité endémique que les échecs répétés de ma quête désespérée d’un emploi me sapaient le moral. Une personne expérimentée avait tôt fait de déceler, sous l’allure digne et prospère que je tentais d’arborer, le chômeur traqué que j’étais devenu, dans ce combat inégal contre des circonstances devenues inexplicablement hostiles à ma réinsertion dans le circuit professionnel normal.

En désespoir de cause, je décidai de marcher sur mon amour propre et de tenter d’intéresser à mon triste sort mes anciens amis. J’allai de préférence vers ceux auxquels m’avait lié une amitié spirituelle, au beau temps où je constituais, à leurs yeux, une référence morale incontestable, voire un modèle de chrétien pieux, tel qu’on l’affectionnait, en ce temps-là, dans les milieux catholiques bon teint, c’est-à-dire sans problèmes conjugaux, et surtout correctement intégré sur le plan socioprofessionnel. Or, à mon immense déception, c’est précisément de ceux-là que me vinrent les rebuffades les plus douloureuses. J’eus droit à des sermons humiliants, à des reproches aussi cinglants qu’injustes, ou, dans le meilleur des cas, à des attitudes de pitié, vaguement horrifiée, face à ma navrante dégringolade sociale et religieuse. Mais, d’aide concrète, point l’ombre. C’était bien là un mystère – et peut-être une permission de Dieu –, que cette insensibilité à ma détresse matérielle, pourtant criante, de mes amis catholiques d’hier, au demeurant des gens excellents. Pourtant, considérés et influents comme ils l’étaient dans certains milieux professionnels, il leur eût été facile d’intervenir en ma faveur pour que j’obtienne un poste dans l’une ou l’autre entreprises au sein desquelles ils avaient des relations sûres et efficaces. Mais, apparemment incapables de voir, dans ce qui m’arrivait, autre chose qu’une punition divine bien méritée pour mon départ du domicile conjugal, trois ans auparavant, ils me laissèrent couler sans me prodiguer autre chose que des reproches blessants, ou de vagues promesses de prières.

Enfin, pour mettre le comble à ma détresse, l’attitude de mon épouse redevint d’autant plus hostile à mon égard, que je ne pouvais plus lui verser désormais le moindre sou de pension alimentaire. En représailles et au mépris du droit de visite, elle m’interdit l’accès à mes enfants et menaça même de me faire incarcérer à nouveau. Affolé, je quittai la région parisienne.

Durant des mois, je vécus d’expédients, jusqu’à ce qu’un ancien camarade de “manche”, reconverti à la vie professionnelle, m’obtînt, comme il l’avait obtenu lui-même par l’entremise de sa petite amie, un emploi temporaire d’enquêteur, dans une officine de sondages en tous genres. C’est ainsi que je survécus, des mois durant, en réalisant, au porte à porte et jusqu’à des heures tardives de la soirée, des interviewes mal payées. Dans le même temps, je m’étais inscrit à la Faculté de Théologie de la ville où m’avaient mené les hasards du recrutement de l’équipe d’enquêteurs dont je faisais désormais partie de manière permanente.

De mes rêves mystiques, il ne restait que cendres. J’étais anéanti par ma dégringolade sur les plans spirituel, moral, pécuniaire et social. Mon désespoir intérieur était morne et glacial. Je me punissais moi-même de ma chute par une autodestruction morale et spirituelle, que je m’acharnais à rendre irréversible. Au dehors, j’affichais le cynisme le plus total. Tout semblait bon pour me dégrader et rendre infranchissable le fossé qui – j’en étais convaincu – me séparait désormais définitivement d’un Dieu que j’avais eu la naïveté stupide de croire intéressé par ma dérisoire personne. J’allais d’aventures sentimentales frelatées en liaisons charnelles, vulgaires autant qu’éphémères. Tout m’était bon pour éteindre en moi cette lumière, qui ne m’avait illuminé – blasphémais-je – que pour mieux me consumer.

C’est dans cet état d’esprit sépulcral que je passai les fêtes de Noël de cette année-là. Mon désespoir était à son comble du fait que je n’avais pas été admis à célébrer cette fête auprès de mes enfants. Cette nuit-là, je me sentis maudit de Dieu et je crois bien que je blasphémai en mon cœur. Je pris alors la décision de mettre fin à mes jours. Je montai sur le toit de mon immeuble et enjambai la rambarde de sécurité, avec la ferme intention de me jeter dans le vide. Soudain, dans un éclair de lucidité, je réalisai que j’allais paraître devant mon Créateur, après avoir commis un attentat contre ce que Dieu nous a donné de plus sacré : la vie. J’avoue qu’alors, seule me retint de mettre aussi tragiquement fin à mon existence, la peur de la damnation éternelle, à laquelle, malgré l’état déplorable de mon âme, je croyais encore, comme d’ailleurs à toutes les vérités de l’Écriture et de la foi chrétienne. Que Dieu soit béni de ce sursaut vital spirituel, dont je ne doute pas que je le dus à son immense miséricorde !

Je me traînai ainsi, comme sur le ventre, durant encore une semaine ou deux. J’avais alors une liaison charnelle avec une jeune femme de mœurs légères, plus inconsciente et faible d’esprit que réellement perverse, mais que les entreprises d’hommes cyniques avaient habituée à satisfaire tous les fantasmes sexuels de ses partenaires de rencontre. Je m’étonnais moi-même d’avoir commerce avec cette malheureuse, pour laquelle je n’éprouvais ni le moindre battement de cœur, ni le plus fugace soupçon de tendresse. Pourtant, je me roulais dans cette fange sans la moindre joie, comme pour mieux m’emmurer l’âme, en avilissant la dignité de cet être faible et irresponsable, ainsi que la mienne. C’est alors que Dieu jugea qu’il était temps d’intervenir, avant que je ne me détruise irrémédiablement. Voici comment se déroula cet événement tout à fait incroyable.

Cette nuit-là, je m’étais endormi lourdement, après avoir satisfait mon morne désir et congédié lestement la pauvre créature soumise qui s’en était faite, une fois de plus, la complice occasionnelle, quand je me réveillai en sursaut. Je distinguai alors, baigné dans une lumière ténébreuse, le spectre de ma mère – morte une année auparavant –, qui se tenait à gauche de mon lit, à hauteur de ma tête. Son visage avait une expression courroucée, comme je lui en avais vu jadis, dans ses moments de colère, mais avec, en plus, une expression intense de sévérité solennelle et dramatique qu’elle n’avait jamais arborée de son vivant. En même temps qu’elle me fixait ainsi, elle posa sa main sur mon épaule gauche et me secoua avec irritation. Il me sembla qu’elle me disait, sans bruit de paroles : «Vas-tu enfin sortir de là ?», ou quelque chose d’approchant. Aujourd’hui encore, je me souviens de la brûlure glacée de cette main de l’au-delà. Ma terreur fut telle que mes cheveux se hérissèrent et que, la vision s’étant dissipée comme un songe, je me retrouvai tout à fait réveillé, et baigné d’une abondante sueur froide qui me dégoulinait le long du corps.

L’efficacité de cet avertissement surnaturel fut telle que, dès le lendemain, je demandai à m’adresser à un jésuite qui m’avait été recommandé par un ami comme étant un homme de grande expérience et rompu à la conduite des âmes. Les directives de ce prêtre furent précises et concrètes comme celles d’une ordonnance médicale. D’abord remettre de l’ordre dans ma vie, dont il estimait, à juste titre, qu’elle était totalement débridée, déséquilibrée, fantaisiste et encombrée d’illusions. Sans se prononcer sur mes expériences spirituelles, dont je lui avais fait une relation orale détaillée – en même temps que je lui confessais tous les péchés les plus graves, les plus anciens et les plus cachés dont j’avais pu me souvenir –, il m’enjoignit de ne plus poser dorénavant un seul acte important ou exceptionnel sans en avoir discuté auparavant avec lui. Il me demanda également si j’étais prêt à lui obéir en toute chose (il avait appuyé sur le mot “toute”), ce que j’acceptai sur-le-champ, sans la moindre hésitation. Je me soumettais d’autant plus volontiers à cette rude ascèse de la volonté, que j’étais bien conscient du gâchis incroyable de ma vie, lequel me paraissait, en effet, imputable à l’absence de discipline dans ma conduite, ces dernières années, malgré les grâces extraordinaires dont j’avais bénéficié. Après quelques semaines, lorsqu’il fut sûr que j’étais psychiquement et spirituellement hors de danger et qu’il put constater que je lui obéissais en tout comme un enfant, ce digne fils de Loyola n’y alla pas par quatre chemins. Me traitant en âme forte, il exigea que je concentre dorénavant tous mes efforts et toutes mes énergies sur un seul but : la reprise de la vie conjugale avec mon épouse. Malgré ma détermination de me soumettre entièrement aux directives de ce bon prêtre, je crus devoir l’éclairer sur ce que je savais de la situation, par une longue et douloureuse expérience personnelle, à savoir : que ma femme ne voulait absolument pas reprendre la vie conjugale. Ce fut en vain. Malgré mes arguments, je ne pus parvenir à le convaincre que telle était bien la vérité. Il me soupçonnait de prêter à ma conjointe mes propres sentiments, et c’est d’un ton sans réplique qu’il trancha en affirmant : « Jusqu’à preuve du contraire, Dieu ne vous demande rien d’autre et vous n’avez pas de plus grand devoir d’état que de réintégrer au plus vite votre foyer. C’est cela, pour l’instant, la volonté de Dieu sur vous, que vous cherchez tellement à connaître. »

Dès lors, et sur sa demande, je le laissai faire. Il s’occupa lui-même des négociations avec mon épouse. Sans doute lui écrivit-il, ou alla-t-il la voir : je ne le sus jamais. Il avait été convenu que ma femme viendrait me rejoindre, avec deux de mes enfants, dans la bourgade qui me servait de port d’attache et d’où je rayonnais dans la région pour faire la manche. Le jour dit, elle arriva… seule, à mon immense déception. Je ne relaterai pas ici les détails de l’altercation qui s’ensuivit, ni ceux de l’échec de cette entreprise de réconciliation conjugale qui m’apparaissait dès lors comme basée sur la déloyauté. Je ne voudrais pas être injuste envers celle qui n’était plus maîtresse de ses agissements, en cette période de sa vie, car elle m’aimait encore, à sa manière, avec désespoir, même si la haine et la violence étaient les seules armes qu’elle sût brandir, dans ce conflit douloureux, dont la solution eût nécessité une tout autre attitude. Le dernier acte de ce fiasco conjugal fut une explosion de violence verbale de mon épouse, au grand scandale des religieuses qui nous hébergeaient, et devant lesquelles se produisit cet éclat. La bonne opinion qu’elles avaient de ma personne, depuis de longs mois, fondit soudain comme neige au soleil, car elles étaient persuadées que la responsabilité de cette scène odieuse m’incombait totalement. L’affaire fit grand bruit dans la bourgade et le scandale fut tel que, du curé – qui m’appréciait pourtant beaucoup, lui aussi – jusqu’aux religieuses dont j’ai parlé, tout le monde, ou peu s’en faut, me donna tort. Je dus quitter, honteusement et pour toujours, ce lieu que j’aimais, où j’avais eu maints amis et où j’avais encore, jusqu’alors, ma subsistance.

Force était d’en convenir : cette tentative de réconciliation – si laborieusement préparée et qui semblait avoir toutes les chances de réussite – se soldait par un échec retentissant, avec son corollaire catastrophique : une séparation plus dramatique encore que les précédentes et, à l’évidence, définitive.

Par pure miséricorde divine, mon guide spirituel sut me réconforter, en la circonstance. Pourtant, j’avais craint de l’affronter après cette débâcle, craignant qu’il m’en impute la responsabilité; d’autant qu’entre autres menaces, ma femme m’avait assuré qu’elle saurait éclairer l’ecclésiastique sur ma «véritable nature», ce qui me faisait craindre qu’elle me ferait endosser tous les torts. Comment le bon religieux comprit-il la véritable situation, que n’avaient guère contribué à éclaircir les explications confuses et affolées que je lui avais hâtivement fournies, par téléphone d’abord, puis par lettre ?… Je l’ignore. Il semble, en tout cas, qu’il ait ensuite rencontré mon épouse et qu’il se soit fait une opinion sur cette affaire. En effet, dès mon retour, il me consola beaucoup, m’assurant que non seulement je ne devais pas me culpabiliser pour ce qui s’était passé, mais qu’il n’était même plus question, dorénavant, d’une reprise de vie conjugale pour notre couple. À ma grande surprise, il déféra sans difficulté à ma demande d’effectuer une retraite de quarante jours, dans le jeûne et la prière. En outre, il m’informa que, dès qu’il avait compris que plus rien n’était dorénavant possible avec ma femme, il s’était mis en quête d’une paroisse qui acceptât de me prendre à son service. Il avait son idée là-dessus et pensait que ma ferveur et ma générosité, ainsi que mes aptitudes professionnelles, seraient de quelque utilité dans l’administration et la gestion matérielle des différentes activités du fonctionnement d’une paroisse, qui ne relèvent pas de l’action pastorale proprement dite, laquelle est du ressort exclusif du clergé. Il estimait, de surcroît, que ma piété et mon désir intense de vie consacrée, dans l’obéissance et la pauvreté, s’épanouiraient excellemment dans le cadre d’une équipe sacerdotale jeune et enthousiaste, comme l’était, semblait-il, celle à laquelle il songeait pour ce projet peu commun.

J’avais peine à croire à mon bonheur. Ainsi, mes rêves les plus fous de consécration à Dieu, que mon échec conjugal semblait m’interdire à tout jamais, allaient se réaliser de manière providentielle !

C’est donc dans un véritable état de jubilation intérieure et d’action de grâces que j’entamai, quelques semaines plus tard, la grande révision de vie que j’avais cru bon d’entreprendre, au seuil de ma nouvelle existence.

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